OVAUE EX SI U LE
M. Dujardin s’est servi de la dimension des œufs et de la mesure de l'écartement des stries du tégument, dans le but de mieux caractériser les espèces de Nématoïdes. Certes, j'ai toujours insisté sur la nécessité de la précision ; mais ici , il faut bien le dire , ee n’est pas de la précision , mais seulement l’apparence de la précision. En effet, l’écartement des stries varie naturellement suivant la taille ; il varie aussi suivant le degré de contraction de l’animal ; il varie encore suivant la portion du corps que l’on examine ; les stries en général sont moins écartées aux extrémités du corps que dans la portion moyenne. Les dimensions des œufs , très variables chez le même individu , n’offrent rien de plus exact.
Nous admettons la séparation des Nématoïdes en cinq tribus : ce sont les Ascaridiens , Oxyuriens , Sclérostomiens , Strongyliens et Trichosomiens.
Corps cylindrique plus ou moins allongé. Point de bulbe pharyngien. Point de ventricule. Ovaires doubles , assez
grêles Ascaridiens.
Corps grêle, fusiforme. Point de bulbe pharyngien. Un ventricule ou estomac très distincL. Ovaires doubles, très volumineux Oxyuriens.
Corps cylindrique plus ou moins allongé. Un bulbe pharyngien de nature coriace. Point de ventricule. Ovaires doubles Sclérostomiens.
Corps très long. Point de bulbe pharyngien. Point de ventricule. Un intestin très large. Ovaire simple Strongyliens.
Corps très grêle, au moins dans une partie de sa longueur.
Une sorte de bulbe pharyngien musculeux. Point de ventricule. Ovaire simple Trichosomiens.
Par la suite , on sera peut-être conduit à ajouter à ees cinq tribus quelques autres divisions de la même valeur. Mais actuellement, les observations anatomiques me manquent pour décider la question. Ainsi , M. Dujardin a formé pour des Nématoïdes , dont la bouche n’est pas exactement terminale , un groupe particulier sous le nom de Dacnidiens. Je n’ai vu qu’un très petit nombre de ces Vers , et je n’ai pu étudier suffisamment leur ap-
K. BLiMHARD. — SI I» INORGANISATION DES ^ ERS* \l\\
pareil digestif et leurs organes génitaux pour être fixé sur les affinités et les véritables caractères de ces Nématoïdes. II en est de même pour moi à l’égard du groupe des Énopliens ; plusieurs d’entre eux. je crois, devront, du reste, être rangés parmi les Gordiacés. Parmi les espèces actuellement comprises dans le genre Strongyhis , il en est que leur organisation devra faire placer probablement près des Ascaridiens , sans doute dans un groupe particulier.
TRIBU DES ASCARIDIENS ( ASCARIDII ).
Caractères . — Bouche souvent entourée de deux ou trois lobes plus ou moins saillants. Œsophage long. Intestin droit sans élargissement stomacal. Ovaires grêles , doubles.
Les Ascaridiens forment le groupe le plus considérable de l’ordre des Nématoïdes. On peut le diviser en deux petites familles naturelles, les Ascaridides et les Filariides . Les premiers ayant une bouche munie de lobes assez saillants; les seconds ayant une bouche nue, ou garnie seulement de très petite s papilles.
Famille des ASCARIDIDES (ASCAIUDIDÆ).
Genre Ascaride ( Ascaris Lin.).
Caractères, — Corps assez épais, cylindroïde, aminci aux deux extrémités. Tête munie de trois valves disposées en trèfle. Bouche exactement médiane et terminale située entre les trois valves. Œsophage médiocrement long , renflé d’avant en arrière et ensuite un peu aminci à sa jonction avec l’intestin. Testicule consistant en un tube allongé et légèrement sinueux. Ovaires au nombre de deux , repliés et enroulés autour de l’intestin , se réunissant en un oviducte commun qui s’ouvre, en général, vers le tiers antérieur du corps.
Ce genre est fort nombreux en especes. On en considère ordinairement comme le type l’Ascaride de l'homme ( Ascaris lum bricoides Lin.), l’une des plus grandes espèces connues. J’ai fréquemment étudié cet Helminthe ; mais comme je me procurais plus aisément l’Ascaride du cheval, qui en e.-t si voisin qu’on Y a
VOYAGE EN SICILE
confondu avec lui pendant longtemps , je décrirai l’organisation des Ascarides particulièrement d’après ce type. Je m’attacherai surtout aux considérations nouvelles pour la science ; car les zoologistes trouveraient inutile la reproduction trop détaillée de faits connus depuis longtemps, mentionnés dans un grand nombre d’ouvrages d’helminthologie , et surtout dans la monographie de M. Cloquet.
Ascaride dd cheval (Ascaris megalocephala).
Ascaris lumbricoidcs cquorum, Goeze ; Naturgcschichte der Eingeweidcw., p. 63 (1782).
Jscaj'ismegfa/oc^p/tflla^loquet; Anatomie des vers intestinaux, p. 58(1824).
— Gurlt, Lerhb. dcrpathol. Anatom . der Haussaltgcthiere, pi. 8, 6g. 5-10 (1831).
Dujardin, Hist. des Helminthe p. 167 (1845).
Cette espèce est de la même taille que l’Ascaride de l’homme. Les femelles atteignent une longueur de 20 h 30 centimètres , ‘tandis que chez les mâles elle ne dépasse guère 15 à 18. Tout le corps est d’un blanc jaunâtre uniforme. Chez les femelles , les ovaires se dessinent sous les téguments en lignes enroulées plus blanchâtres. La tête présente des valves étranglées dans leur milieu et comme bifides au bout.
L’Ascaride du cheval diffère surtout de celui de l’homme par la forme des valves de la tête et par la nuance générale du corps. Dans Y Ascaris lumbricoides les valves céphaliques sont beaucoup plus arrondies et plus larges proportionnellement. La couleur de l’animal , principalement au-dessus des vaisseaux , tire sur le rougeâtre , ce qui ne s’observe jamais dans Y A. megalocephala . L’Ascaride du cheval se trouve très abondamment dans l’intestin des vieux chevaux. Son aspect est tellement semblable à celui de l’espèce de l’homme, que tous les helminthologistes ont confondu entièrement les deux espèces. Goeze les avait distinguées , mais plutôt comme des variétés que comme des espèces. C’est M. Cloquet qui le premier a bien constaté leurs caractères distinctifs.
Téguments , muscles. — Chez les Annelésdont nous avons déjà décrit l’organisation , nous avons trouvé des téguments et des muscles difficiles à isoler et offrant l’apparence d’une gangue, d’un
É. BLAXCUARD. — SUR l’ûRG AMSATJOïV DES VERS. 1 1\%
tissu homogène. Chez les Helminthes il en est tout autrement : la peau est formée de plusieurs couches qui peuvent être séparées les unes des autres, et il existe un épiderme très résistant sur lequel on distingue des-stries transversales. Dans l’Ascaride, les couches musculaires sont faciles à suivre.
Il y a une couche sous-cutanée formée de fibres circulaires très serrées les unes contre les autres. Une seconde couche est composée de fibres longitudinales presque aussi serrées que les précédentes , mais peut-être un peu moins régulières. Des fibres musculaires d’un troisième ordre régnent au-dessous : ce sont celles qui se présentent les premières quand on ouvre la cavité générale du corps. Ces fibres sont moins rapprochées les unes des autres et plus irrégulières que celles des autres couches. Elles sont un peu inégales sur leur bord. De tous les côtés et dans sa longueur entière, le tube digestif est maintenu en place au moyen de ces fibres qui y adhèrent sur une infinité de points. Cette adhérence est assez intime pour que des naturalistes aient cru y voir des canaux en communication directe avec le canal intestinal. Mais l’observation attentive faite au moyen de dissections délicates, comme en introduisant des liquides colorés dans l’appareil alimentaire, et enfin l’examen microscopique ne peuvent laisser aucun doute sur la nature de ces faisceaux.
Toutes ces fibres musculaires sont elles-mêmes composées de nombreuses fibres élémentaires qui se montrent d’une manière très distincte sous un fort grossissement.
Autour du tube intestinal on remarque une foule de petites vésicules blanchâtres. Ces organes, fixés aux muscles, sont serrés les uns contre les autres et laissent échapper un liquide d’une certaine densité quand on vient â les ouvrir. L’usage de ces vésicules ne nous est nullement connu. Ce sont probablement des organes de sécrétion, mais de quelle sécrétion ? et la nature même du liquide sécrété étant connue , quel serait son usage? C’est ce qu’il est difficile de soupçonner.
Système nerveux (1). — On connaissait très imparfaitement
0) ïlajnc animal , nous, édil., Ztmph., pi. 2d, fi". I, </, cl I ’oyayc en Sicile , 1 ers, I H . fi". 1,
VOYAGE EX SICILE
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le système nerveux des Ascarides , dont plusieurs anatomistes avaient cependant fait une recherche spéciale. On pourrait même dire qu’on ne le connaissait pas , puisque sa véritable disposition avait toujours échappé, puisque ses parties les plus importantes, c’est-à-dire les centres médullaires, n’avaient pu être mis en évidence (1).
Chez un grand nombre d’individus de l’Ascaride du cheval, je suis parvenu à isoler ces parties et à les rendre ainsi très distinctes.
L’animal étant placé dans la position où les cordons nerveux se trouvent être latéraux , on observe de chaque côté de l’œsophage, un peu en arrière des valves céphaliques, deux ganglions d’une extrême petitesse et intimement accolés l’un à l’autre. Le premier, ou plutôt le supérieur, pour parler plus exactement, est uni à celui du côté opposé par une grêle commissure passant audessus de l’œsophage. L’inférieur est uni à celui du côté opposé par une semblable commissure passant au-dessous de l’œsophage. Sur le trajet des deux commissures, j’ai observé encore des renflements ganglionnaires d’une petitesse extrême, et d’où j’ai pu suivre néanmoins, en plusieurs circonstances, de grêles filets nerveux qui se distribuent autour de l’œsophage.
Les centres nerveux céphaliques fournissent antérieurement plusieurs filets très déliés qui se rendent aux muscles et aux tubes vasculaires , et en arrière les grands cordons latéraux. Ceux-ci , vus, décrits et représentés par plusieurs observateurs, sont dun volume très considérable , surtout si on le compare à la ténuité des autres nerfs et à la petitesse des noyaux médullaires.
Les grands cordons nerveux descendent jusqu’à l’extrémité du corps en décrivant de légères ondulations ; ils ne présentent sur leur trajet que très peu de ramifications , toutes d’une extrême finesse , ce qui permet à peine de les suivre au milieu des fibres musculaires dans lesquelles elles s’engagent.
L’un des cordons latéraux présente autour de l’oviducte un petit élargissement en forme de croissant : c’est une sorte de
(1) Voyez Cloquot, Anatomie des tVrs hUeRlhutu.v, p. 23 (lS2i).
È. BLWCilAKD. — SLR l.’ORCi AM9ATI0N DES VERS. \ !\ï>
ganglion ; car on y trouve de la substance granuleuse analogue à celle des noyaux médullaires.
Ce qui frappe à un haut degré , en étudiant le système nerveux des Xématoïdes, et entre autres celui des Ascarides, dont les dimensions permettent de faire cette étude mieux que partout ailleurs, c’est l'extrême petitesse des centres nerveux , et surtout le petit nombre et la ténuité des ramifications des nerfs les plus puissants. La dégradation du système nerveux est poussée ici beaucoup plus loin que dans les classes où nous avons déjà décrit cet appareil organique.
Le système nerveux est extrêmement difficile à isoler dans son ensemble. J’ai fait bien des recherches inutiles avant de réussir. Tout le collier nerveux est si grêle et en même temps si engagé au milieu du tissu cellulaire et des fibres musculaires , qu’il faut des précautions infinies pour le dégager complètement et le rendre ainsi bien distinct. Pour obtenir quelques bons résultats , il m’a fallu disséquer plusieurs centaines d’individus. 11 y a un moyen qui rend l’opération praticable : c’est de plonger pendant quelque temps l’animal ouvert dans de l’essence de térébenthine ; les nerfs prennent alors plus de consistance et une couleur plus blanche, plus opaque qui se distingue au milieu des tissus environnants. La dissection du système nerveux des Ascarides serait peut-être complètement impraticable , si l’on n’usait de ce procédé.
Appareil digestif [ 1). — La bouche, assez large, souvre entre les trois valves céphaliques. Le tube intestinal débute par un œsophage long, musculeux, un peu triquètre , renflé d’avant en arrière, mais légèrement atténué ensuite à sa jonction avec l’intestin. On distingue parfaitement deux couches dans la paroi de l’œsophage, l’une externe , plus épaisse et fibreuse , l’autre interne , consistant en une membrane mince et diaphane. La cavité intérieure de l’œsophage est parfaitement triangulaire. L’intestin qui suit l’œsophage n’est guère plus large ; il présente trois plis longitudinaux , souvent très profonds , qui régnent dans toute son
(lj Hcifnc animal , nouvelle édil. t Xonph. t fil. 2 G, li^. I H a t b.;
I wjage rn Sicile (Ver.*»), pi. ï 8.
3* siVic* Zoo. . T. XI. (Mai? ISSU -
l/lO VOYAClî EN SICILE.
étendue. Cet intestin , dont la longueur est à peine supérieure à celle du corps, est presque droit, décrivant seulement quelques légères sinuosités. Il offre d’espace en espace plusieurs boursouflures peu prononcées , et il se termine à l'extrémité du corps en s’amincissant graduellement. Du reste , son diamètre varie peu dans sa longueur. Il n’y a ni rétrécissement ni élargissement sensible sur aucun point. On ne saurait distinguer un estomac du reste de l’intestin. II en est de même chez la plupart des Nématoïdes. Les parois intestinales , ordinairement d’une teinte brunâtre, sont très minées et d’une extrême délicatesse.
M. Cloquet a désigné sous le nom d 'appendices nourriciers les petites vésicules dont j’ai parlé précédemment, et qui sont groupées en grande partie autour du tube digestif (1). En isolant celui-ci, on reconnaît qu’il n'existe aucune communication directe . En y faisant pénétrer des liquides colorés , on en devient plus certain encore.
Appareil circulatoire (2). — Les naturalistes qui se sont occupés des Helminthes n’avaient aucune idée exacte du système vasculaire des Nématoïdcs en général et des Ascarides en particulier. Jules Cloquet avait vu à l’intérieur des deux tubes longitudinaux les deux vaisseaux qui y sont renfermés ; mais il les désigna comme de simples bandelettes , n’ayant pu réussir à déterminer leur véritable nature. Comme je l’ai dit, dans les généralités de ce travail il existe deux tubes à parois peu résistantes, presque spongieuses, régnant, dans toute la longueur du corps, entre les deux cordons nerveux. A l'intérieur de ces tubes on reconnaît la présence du deux vaisseaux , l’un profond qui règne exactement au-dessous des téguments, l’autre occupant au contraire la partie interne. Celui-ci s’écarte du tube enveloppant , à la hauteur du premier tiers de la longueur de l'oesophage , pour rejoindre le vaisseau semblable de l’autre tube. Les deux vaisseaux forment ainsi une véritable arcade, qui , d’un côté , présente un élargissement médiocre sans doute, mais néanmoins très notable. C’est une petite
(1) L. cit., fig. \‘ d.
(2) Règne animal, nouvelle édit., Zooph. pi. 26, fig. 4', et Voyage en Sicile,
fc. UI.WMIAK». — SUR j.’orcamsatïon des VERS, ilil ampoule que je suis porté à considérer comme un vestige dç cœur.
Quand on pousse une injection par cette petite poche (1), on remplit aussitôt le vaisseau interne de l’un et l’autre tube. Ils ont une communication à l’extrémité postérieure du corps avec les vaisseaux profonds ou sous-cutanés. Ceux-ci (2) s’étendent d’un bout du corps à l’autre. D’un côté ils fournissent un vaisseau qui vient s’anastomoser au-dessus de la petite ampoule ou vestige de cœur.
Je crois que de petites ramifications vasculaires se distribuent sur l’œsophage ; mais comme je ne suis pas parvenu à les injecter, je ne puis les décrire d’une manière précise. Déjà on a signalé l’existence de vaisseaux sur cette portion du tube digestif dans une autre espèce de Nématoïdc (3).
On n’avait aucune idée du système vasculaire des Helminthes avant ces recherches. Ce système, tout à fait rudimentaire, semble nous représenter à l’état vestigiaire , pour ainsi dire, une circulation artérielle et veineuse. Le liquide nourricier recevant l’impulsion dans la petite poche cardiaque, est poussé dans les vaisseaux internes pour être repris et ramené ensuite par les vaisseaux externes dans le centre circulatoire. Les premiers, comme déjà je l’ai dit dans mes considérations générales, paraissent faire l’office d’artères et les seconds celui de veines. Mais on comprend qu’il ne faut pas trop s’attacher à cette distinction en vaisseaux artériels et en vaisseaux veineux. L’étal rudimentaire de tout l’appareil vasculaire ne permet pas d’assigner un rôle physiologique tout spécial à chacun des vaisseaux. Entre les uns et les autres, il n’y a de différence ni dans le volume ni dans la nature des parois. Si ce n'est aux extrémités du corps , ces vaisseaux ne présentent pas de ramifications sur leur trajet. Au premier abord ceci surprend ; maison s'est bien positivement assuré du fait, et ici les injections ne peuvent pas laisser de doute. Il faut reconnaître là,
(1) L. cit„ fi g. v, b.
(2) L. cit., fig. I', c.
f3] Kckcrm Mullpr's Arehiv. Celer cin fj 0 fu*sy*tcm in rhujepnpptcu Fila rien ,
s. :m,\ xv, fig. :m (ms).
VOYAGE E!N 51 CI LS
une dégradation du inême genre que celle que nous avons constatée à l’égard des nerfs.
Organes de la génération. — Ces organes sont assez simples , ceux du mâle particulièrement. C’est un tube extrêmement long, d’une ténuité capillaire à son origine, un peu épaissi ensuite, mais demeurant néanmoins toujours très mince. Ce tube (1) est replié et pelotonné sur lui-même autour de l’intestin. Nous pouvons le considérer comme l’organe sécréteur de la semence, comme un véritable testicule. Un conduit spermatique (2) d’un diamètre quatre ou cinq fois plus considérable lui succède. Il a environ le cinquième de la longueur de l’intestin; il s’étend jusqu’à l’extrémité du corps, en décrivant de légères sinuosités. Les organes de la génération du mâle sont accompagnés de deux spiculés assez longs et recourbés (3). L’un est le pénis, l’autre est une pièce accessoire , qui paraît avoir pour usage de retenir la femelle pendant l’acte de la copulation.
Les organes femelles occupent beaucoup plus d’espace ; aussi le corps des femelles est-il toujours beaucoup plus gros que celui des mâles.
Les ovaires (4) consistent en deux tubes d’une longueur extrême , décrivant une foule de circonvolutions sur eux-mêmes et autour de l’intestin. Ces deux ovaires, comme l’organe mâle, sont toujours d’une ténuité extrême, mais dans une longueur égale à la moitié environ de la longueur du corps de l’animal , ils s’élargissent considérablement, et à leur extrémité leur diamètre varie de 1 à 2 millimètres. Les deux ovaires se réunissent pour former un utérus commun , d’abord fort large , mais bientôt rétréci en un oviduetc grêle qui s’ouvre un peu au-dessus du tiers antérieur de la longueur du corps (5).
M. Cloquet regarde les tubes grêles comme étant véritable-
(4) Règne anima/, nouvelle édit., Zooph ., p). 26 , et Voyage en Sicile, Vers , pl. 4 8, fig. 4 a ce.
(2) L. cil., fig. 4 a, d.
(3) L . cil., fig. 4».
(4) L. C/e., fig. 4 él c, d.
(5) L. cit., iig. 4% c.
Ê. ULAMUAIU). — blU l/otîtiA.MÜA 1 10.\ l)hS \ hliS. 1 k ( .)
ment les ovaires. Pour lui, la portion élargie est un utérus à deux cornes flextieuscs. L’oviducte est désigné par cet anatomiste sous le nom de vagin , et son orifice sous celui de vulve.
Ascaride lombricoÏde ( Ascaris lumbricoïdes).
Linn , Syst. nat ., 12 e édit., p. 1076 (1767).
Bloch, Abhandl. Erzeug. der Eingeweidew. S. 29, Tal. VIII, lig. 4-6 (1782)
Gœze, jXaturgeschichte der Eingeweid # p. 62, pl ! , fig. I (1782),
Werner, Fermes intestin, p. 75, Taf. Nil, fig. 153-159 (1782).
Zeder (genre Fusaria ), Xachtr. zür Xaturgesch.. p. 25 (1800).
Jordens, Helminthol. S. 22, Tal. 17, fig. G - 1 S (1802).
Rudolphi, Enlozoor. hisl., t. II, part, i, p. 125 (1809), et Synopsis, p. 37 et 267 (1819).
Bremser, Uber Lebende MlMmier in Lebenden Menschen , S. 84, Taf. 13-17 (1819), Trad. j». 157 : et Icônes Uelminthum , p|. 4, tig. 10-11 (182 4).
Bojanus, Enthelmintica Isis von Oken, p. 162 (1821).
Cloquet. Anatomie des l'ers intestinaux, p. 1, pl. 1-4 182 4).
Schmalz, Tabulœ analom . Entosoor. illustrant ., pl. 13-16 ( I S 3 9 ) .
Dujardin, Hist. des Ile! minih., p. 155 (1845).
Description. — Cette espèce est de la même taille que l’Ascaride du cheval. La couleur du corps tire légèrement sur le rougeâtre. La tète est petite comparativement à celle de l’espèce précédente , avec ses valves larges, arrondies, sans échancrure latérale. C’est la grosseur de la tète , et particulièrement la forme des valves qui distinguent l’un de l’autre les A . litmbricoifles et megalocephala . La teinte générale du corps est aussi un peu ditlc rente ; mais c’est là un caractère de bien faible valeur. Du reste, la forme générale du corps, celle du tube digestif, celles des organes de la génération ne diffèrent pas sensiblement.
L’Ascaride lombricoÏde, assez commun dans l’intestin grêle de l’homme , est connu depuis les temps les plus reculés. On l’a regardé comme très dangereux pour les personnes qui en sont atteintes ; mais il ne paraît néanmoins devenir incommode qu’en sc multipliant à l’excès.
Quelquefois il remonte dans l’estomac et même dans l’oesophage, et l’on voit des individus qui en rendent par la bouche.
1/ Ascaride lombricoÏde a été observé en plusieurs circonstances au dehors de l’intestin , et alors il peut devenir li és dangcrcu\.
VOYAGE EN SICILE
Ainsi , dans la belle collection helminthologiquc du Muséum d’histoire naturelle de Paris , formée par les soins de M. Valenciennes , on remarque le foie d’une jeune fille qui a été détruit presque entièrement par des Ascarides ; mais les accidents de cette nature sont heureusement fort rares.
De V organisation. — Dans ce travail j’ai cru devoir mentionner l’Ascaride de l’Homme, car je l’ai étudié sous le rapport de sou organisation. Mais chez lui , même le tube digestif et même les organes de la génération sont tellement semblables â ceux de l’Ascaride du Cheval, qu’il ne reste rien de particulier â signaler en ce qui concerne spécialement Y Ascaris lumbricoides.
OBSERVATIONS
Parmi les nombreuses espèces du genre Ascaride, on peut reconnaître plusieurs petits groupes naturels. Quelques uns de ces Helminthes, entre autres, se font remarquer par leur grande dimension, par la forme de leurs valves céphaliques, dont le développement est toutefois très variable, par l’absence d’expansions latérales, etc. Ces grandes espèces ont été confondues en général sous la dénomination <F Ascaris lumbricoides .
On sait aujourd’hui que ce nom doit s’appliquer exclusivement h. l’Ascaride de l’Homme. Celui du Cheval est propre ace type de mammifères solipèdes.
L’Ascaride du Bœuf est peut-être aussi une espèce particulière.
L’Ascaride du Cochon , confondu avec celui de l’homme par Rudolphi, Cloquet et la plupart des autres helminthologistes, a été distingué par M. Dujardin sous le nom ù'A, suida (Ilist. des ÏJelm ., p. 167). 11 diffère de l’espèce de l’homme par son corps un peu plus mince, sa tête plus petite, sa couleur plus rougeâtre, et surtout par scs organes de reproduction. Les ovaires, moins pelotonnés sur eux-mêmes, ont leur partie élargie infiniment plus longue et l’utérus également beaucoup plus long.
L’Ascaride de l’Ours [Ascaris transfuga , Rud., Synops, p. 60 et 273, et Dujard., Ilist. des Jlelm , p. 158), très voisin encore des précédents, mais ayant les valves céphaliques plus petites, et de chaque coté de la tête une étroite expansion dont il n’y a pas de vestige chez les autres grandes espèces.
É. RLAMHAK». — S UK I /ORGANISAT (ON DES VERS. 151 J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’étudier ce Nématoïde. Les Ours de la Ménagerie du Muséum d’histoire naturelle de Paris , en ayant à diverses reprises rejeté des individus mâles et femelles. Les organes intérieurs de V Ascaris tramfuga diffèrent à peine de ceux des A . lumbricouies et megalocephala . Chez l’Ascaride de TOurs, les proportions entre l’œsophage et l'intestin sont les mêmes; mais ce dernier m’a toujours paru un peu plus mince. L’organe générateur mâle (1) est très semblable aussi, seulement le testicule est plus renflé vers le bout. Les ovaires sont un peu plus minces. Ainsi , entre tous ces Ascarides de grande taille qui se ressemblent à un si haut degré par leurs caractères extérieurs, on n’observe également que des différences des plus légères dans leurs parties internes.
Ascarides des Poissons (yfseans safaris).
Cucullanus safaris , Goeze, Xaturgesch. dev Eingeweûlew . , p. 133, pl. 8, fig. 9-10 3782).
Cucnllattus lacustris, Gmelin. Sgsl. natur ., p. 3051 (1789).
Cnpsularia safaris, Zeder, Xaclitrag zur Xaturgesch. der Eeingewcidew, ,
C apsularia trinodosa, Zeder, Xalurg. der Eingeweidew., p. 55 (1803).
Ascaris capsuktria, Rudolphi, Entoz. llislovia, 1. II. parti, p. 179(1 809). el Entoz. Synops p. 50 (1819).
Dujardin, Ifist. des Helminthes, p. 187 (1845).
Description. — Cet Ascaride est long de 20 à 35 millimètres, assez mince surtout vers la partie antérieure, s’épaississant un peu ers l’extrémité postérieure, et ne présentant aucune expansion Membraneuse. La tête est très grêle et munie de trois valves fort P’titcs. Le corps est d’un blanc jaunâtre, avec les ovaires des fem llcs qui se dessinent en replis sous les téguments. L’œsophage estcourt et grêle. L’orifice génital femelle s’ouvre vers le tiers antérieur de la longueur du corps, ou même un peu plus en avant.
Ct Helminthe se trouve assez communément chez divers Poissons je l’ai rencontré surtout dans l’intestin des espèces du genreGade. Il a été recueilli assez fréquemment sur les viscères
'i' ri c, fig i
Novvr.K i n sicar.
des mêmes Poissons; mais alors i! était dcpoumi d’organes de reproduction. Ce sont surtout les organes femelles que j’ai étudiés dans ce Nématoi'de, et qui m’ont paru mériter d’être décrits et représentés exactement pour être comparés à ceux des grands Ascarides.
De V organisation, — L’œsophage est très grêle, et sa longueur n’équivaut qu’au quinze ou seizième de celle du corps , et à sa base il présente une très petite expansion latérale, une sorte de cæcum (1). L’intestin est presque droit , et se renfle graduellement jusqu’à l’extrémité du corps, ce qui est en rapport avec l’cpaississement de cette partie. L’anus est presque terminal (2).
L’organe mâle ressemble à celui des autres Ascarides ; mais le tube séminal est plus grêle.
Les organes femelles ont aussi une assez grande ressemblance, cependant il y a des différences qui méritent d’être signalées. Chez l’Ascaride des Poissons , les deux ovaires ont une très grande longueur; ils sont pelotonnés et enroulés sur eux-mêmes dans la moitié postérieure du corps (3) ; ils se renflent ensuite, et forment deux tubes assez épais , dont la longueur équivaut à plus du quart de celle du corps (û). Les ovaires se réunissent pour constituer un utérus commun de médiocre étendue, s’amincissant au bout pour former un oviduete grêle , terminé par une petite vulve qui s’ouvre vers le tiers antérieur de la longueur du corps, et meme un peu plus en avant (5 . Sous ce rapport, il y a une différence avec ce qui existe chez les espèces précédentes. L’Ascaride des Poissons semble , à cet égard , se rapprocher un peu des Pilaires.
Les genres Iieligmus, Ileterakis et Ozolaimus Duj. , paraisse» devoir sc ranger dans la famille des Ascarides ; mais je ne possède pas sur ces Helminthes d’observations anatomiques assrz complètes pour les indiquer dans ce travail.
(1) PI. 6, fig.
(2) PI. 6, fig. 2 fc .
(3) PI. 6, fig. 2 e .
(i)Pl. 6, fig.
(o) PI. 6, fig. I