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émotions, à peindre la grandeur pour l’édification de ceux qui l’appelaient ‘“terrien”. Et toujours la préoccupation du détail à rendre s’accusera dans ses lettres écrites entre deux “quarts”, dans l’entrepont du bâtiment, qu’on lira, il le sait bien, à la veillée, sous le regard intéressé,
. bienveillant, inquiet et attendri de tous
les siens.
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Izes Bermupxs 30 décembre 1849.
Je vous ai fait trop tôt mes souhaits du Jour de l’An. Nous sommes arrêtés ici pour quelque temps et puisque j’ail’occasion de recommencer, je n’y manquerai pas ; cela vous fera peut-être oublier la brusquerie et l'insuffisance de mes adieux. Il a fallu tout décharger le bâtiment;
le capitaine ayant décidé de le faire cuivrer.
Nous en avons Pour un mois. Le climat ici est
n, mais il fait bien chaud ; c’est comme dans les plus grandes chaleurs de chez nous en été. Ce qu’il y a de mieux que chez nous, ce sont les
fruits. Si vous voyies ! Ce ne sont pas des
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cerises à grappes n; de la bourdaine, vous pouvez m'en croire. Pour les cocos, les oranges, les citrons, les fruits de toutes sortes, c’est la place. Les oranges se vendent un ou deux sous la douzaine, mais quand on va les prendre dans les arbres chargés comme les pommiers de chez nous, c’est encore moins cher, les nègres nous les donnent pour rien. Aujourd’hui, 30 décembre,ij'ai vu semer des patates en plusieurs endroits. J'ai aussi ramassé du coton. Il est vrai qu’il n’est pas encore prêt à changer au Labrador pour du hareng ni à mettre en pièces sur les tablettes des marchands de Québec. Il est malheureux que je ne puisse pas vous envoyer tant de si belles choses. Je fais cependant provision de nouvelles que je vous raconterai à mon retour. Il est certain que j'aurai beaucoup de choses à vous raconter, le soir, au lieu de m’endormir au bout de la table après souper, comme cela m’arrivait dans mes journées de grande fatigue... Je pourrai aussi parler des nègres. (Ça, par exemple, je ne peux pas dire que c’est beau. On ne voit pas beaucoup de blancs ici, et quand je pense à ce que vous . disiez de mon teint, je suis fier d’avoir trouvé un pays où je passe facilement pour un blanc. Taboulouk lui-même y serait un premier monsieur.
EE — — — Puis, il faut bien que je vous dise ce qu’il m'est arrivé. Il y à quelque temps, j'ai entendu gratter un violon dans la cabine du second. Je me suis alors souvenu que j'avais été aussi, moi, musicien et des leçons que j'avais prises, tout un hiver à Québec, de ce pauvre Sauvageau qui a péri avec son fils dans le feu- du théâtre.
Faut croire que j'ai trop parlé, car peu de temps après, on m’a mis le violon dans les mains Pour voir ce que j'étais capable d’en faire. Vrai, en pensant à vous autres, j'ai manqué pleurer. Après cela, on m’a pris en amitié et c’est depuis ce temps-là qu’on m'a fait monter de chambre. Je suppose que ce que j’ai fait là était encore Pour le mieux, d’après les dernières paroles de ma pauvre femme,
Hier soir, on est venu me chercher pour un bal de messieurs, mais des nègres. J'ai été obligé d’y aller avec le capitaine pour ne pas me faire descendre dans le carré des ratelots.
La soirée était d’un beau noir, à part les robes et les dents blanches des négresses avec les manches courtes, et les cravates rouges des messieurs avec leurs babines en sanguine. J'ai joué tout le temps les yeux fermés ; Pourquoi les ouvrir puisqu'ils étaient pleins d’eau, et je ne voyais au travers que nos morts, mes enfants et ma femme. C'était pour le mieux !..…...