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quelqu'un des rangs d'en haut, sympathique et intéressé, qui aimât à entendre cette lecture ?
—$Si c'était un effet de votre bonté, Mme Chérard, ce pauvre Pitre ! Quand vous répondrez, hein, ne manquez pas de lui faire savoir que nous pensons à Jui, nous prions pour lui, nous lui souhaitons
nne chance !
Mais des mois s’écoulèrent sans qu’il
en sût rien. Ces bonnes intentions, cette
promesse {ant de fois répétée de lui écrire se trouvaient entravées par l'incertitude, l'instabilité de son adresse,
Enfin, nous arrivons à cette date où la
Première lettre du Canada lui fut remise
pour le rassurer et l’encourager.
KamouraAsxaA, 14 octobre 1850.
Mon cher mari.
Enfin, me voilà en devoir de répondre à la huitième lettre que tu as eu la bonté de m'écrire sans avoir reçu de réponse à toutes les autres.
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Je t’en estime davantage, mon cher Pitre, malgré ton éloignement et le terrible chagrin que m’a causé ton départ, parce que tu n’as pas un instant douté de mon affection et de mon courage. Je connais trop ta générosité qui t’a fait sacrifier la vue de ta famille pendant si longtemps, et qui t'a fait courir de si grands périls, pour ne pas accepter aussi généreusement ma part de cette épreuve.
Comme tu le prévoyais, j'ai été l’objet de précieuses sympathies de la part de tout le monde. À la demande de M. le curé, les créanciers ont attendu patiemment et je n’ai pas été dérangée. Tu devras à M. Mullen, ton beau-frère, non-seulement ce que j'ai acheté à son magasin pour la vie de la famille, mais encore beaucoup de reconnaissance pour Ja manière dont il m’a offert tout ce qui nous était n ;
Je te remercie pour tes bonnes lettres qui entretiennent l'espérance de toute la famille et ton souvenir dans l’esprit de tes petits enfants. Petit Pitre et. Marichette te demandent souvent. Tu peux bien t’imaginer qu'il vient des moments où il m’est difficile de supporter cette vie. Mais tu as compris, puisque tu m’en parles toi-même, que je trouve tout mon réconfort à l’église, et dans la prière. Je n’ai pas
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besoin d’insister là-dessus puisque tout naturellement nous nous entendons si bien.
C’est la deuxième lettre que je t’écris. Si tu n’as pas reçu la première qui aurait dû t'attendre à San Francisco, j'espère que tu recevras celle-ci qui prend une autre route. Puis, quand nous aurons trouvé la bonne route pour les lettres, j’écrirai plus longuement et ne serai pas seule dans la paroisse à t’écrire.
Les enfants sont bien ainsi que moi-même et tous les parents.
Papa Chérard, tes frères et sœurs, beauxfrères et belles-sœurs te rendent les amitiés que tu leur adresses et s'intéressent toujours à ton sort et au mien.
Ecris-moi toujours, mon cher mari, et reçois les affectueux embrassements de
Ta femme et tes enfants.
Mon cher Pitre,
Ne te décourage pas. Ne t’inquière pas de ta famille. Je tiendrai ma promesse envers toi; je ferai pour elle ce qui sera possible. Te voilà bien loin, après avoir sacrifié tes plaisirs et exposé ta vie pour te mettre à l’abri de la misère sur tes vieux jours. C’est généreux de ta part,
———————————— et il faut espérer que tant de dévouement ne sera pas inutile à ta famille qui t'aime tant. Oh ! que tes vieux parents seront contents de te revoir ! Ils me disent qu'il ne leur en coûtera point de quitter la terre après avoir revu leur fils et ses travaux couronnés de succès.
Ta sœur se joint à moi pour t’assurer de notre plus franche amitié.
Je suis ton frère et ami,
LupwiG MuLLex.
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Ou les métiers varient et les sauvages arrivent
Les aborigènes de la Californie, peuplade non encore civilisée, ne devaient-i pas aussi, comme dans un autre âge les Artèques du Mexique et les Incas du Pérou, souffrir avec inquiétude, sinon avec haine, cet envahissement de leur domaine par les chercheurs d’or ? Avaientils seulement quelque notion de la valeur
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du métal précieux qui attirait de si loin chez eux ces fouilleurs des sables de leurs rivières? N'était-ce pas plutôt leurs chasses, leurs forêts, leur état de vie, leurs moyens d'existence dont on venait .
les déposséder ? De résister, de faire la chasse à ces êtres nouveaux et pour eux étranges, c'était tout naturel. JT! y eut donc conflit entre les deux éléments cthniques. Seulement, si les attaques d’une part, les répressions de l’autre furent parfois violentes, il n’est pas dit que les nouveauvenus, cette fois, aient jamais étendu sur des charbons ardents aucuns des premiers occupants de ce sol, pour leur faire déceler des trésors cachés, comme, on raconte, firent les Espagnols du seizième siècle au dernier empereur indien du Mexique, Guatimozin. C’est au travail secondé par les chances du hasard, plutôt qu’à la crauté, que l’on venait demander la richesse, et si l’on ne s’y trouva pas toujours ‘“‘sur un lit de roses”, il fallait en tenir compte aux circonstances plus
qu'à l’avidité, à la sauvagerie des uns plus qu’à l’oppression des autres.
Refoulés dans les montagnes et les bois, à partir de l’année 1848, les Indiens de la Californie et du Colorado s’exercèrent à la chasse aux blancs. Leur armement par trop primitif de flèches empennées ne leur permit guère de tenir tête aux compagnies franches armées de carabines et de mousquets qui durent, après quelques mauvais coups de main de leur part, se former et courir à leur rencontre.
Mines pu sup, 29 janvier 1851.
Toujours en parfaite santé ; j'espère que vous l’êtes également. Mais voilà onze lettres que j'écris et je n’ai pas encore reçu aucune nouvelle de ma famille, pas même du Canada.
Et qui donc pourrait m'écrire au Canada, sinon les membres de ma famille ? Je suppose bien, ma chère femme, que tu m’as adressé quelques lettres qui doivent être en route ou écartées quelque part. Le trajet que j'ai fait pour me