‹ Sur Mérimée; notes bibliographiques et critiquesChapitre 37 sur 66 · Lettres h Panizzi. t. II. p · texte numérisé non relu

Lettres h Panizzi. t. II. p

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Il aimait à se moquer de tout, surtout de Xapolcon I". En voici un exemple. Une lettre de Napoléon à Fouclié de 1807, une de celles qu'on me reproche sévèrement d'avoir supprimées, portait ces mots : « Quels cancans «fait-on à Paris sur raccouclicmcnt de Mme *** 'Ondit « que l'enfant est de moi; démentez cela «, et l'Empereur, par une boutade, déaiontrait qu'il n'y était pour rien. Voilà ce que M. Mérimée trouvait piquant. Il voulait absolument qu'on publiât cette lettre avec le nom. Il est parfaitement vrai que c'est moi qui y ai mis mon veto. De pareilles tendances d'esprit de la part d'un collaborateur à une œuvre sérieuse me révoltaient. J'exio-eai la démission de ces deux membres'. » La

lettre de Mérimée que je citais tout à l'heure prouverait bien qu'il n'était pas d'avis de publier tout, sans distinction et sans discrétion. Mais ces deux hommes de mérite, le prince et l'écrivain, étaient merveilleusement faits pour ne pas se comprendre.

Les érudits qui songent à une Correspondance générale de Mérimée sont à plaindre en quelque manière. Ils sont malheureux par trop de fortune ; leur travail n'est jamais au courant; tous les jours il surgit du nouveau. Qu'on en juge par ce qu'ont fourni les derniers

1. Le priiKv Napulrmi. Napoléon cl ses (Irlnirlriirs. l'aris, C.ilinaiiii-L.'vy, 1887, in-IC, pp. 2i7-'ii'.t (dans 1p cliapitiv. La Corrcspnndrnirc dr Sapnlénn /"l.

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Napoléon III

Fuc-.umHé dUin dess'ni de Proi^pcr Mi- (Cnll.rlion |,., , 1 i.'nli.T.)

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mois, et je sais que de nouvelles découvertes sont à espérer dans un avenii- prochain.

Grâces soient rendues à M. Adolphe Paupe. Il a obtenu de la famille de Sutton Sharpe la communication d'une lettre que Mérimée écrivait de Paris, le 2<) janvier i83.i, à son grand ami, ravocat anglais, et dans laquelle il lui raconte sa première entrevue avec Tinconnue. Nous savons ainsi que cette rencontre eut lieu non pas, comme le dit M. Filon ^ à Londres en 18/10, mais à Boulogne-sur-Mer en i833. « Je passai une heure à mettre ma plus belle cravate et je partis assez intrigué.... J'entre dans une maison d'assez bonne apparence, et une femme de chambre me conduit dans une petite chambre.... » Le récit est long, circonstancié, curieux; j'y renvoie le lecteur*. J'en retiens que Mérimée avait, pour une première visite, des façons de marivauder peut-être un peu inquiétantes, mais tempérées par un fond de bonté naturelle : « ... Je vis alors une fort belle personne de vingt ans à p3u près, l^rune, avec de beaux yeux noirs à \2ifrencl1, des sourcils admirables, cheveux noirs, etc. Ajoutez à cela un pied comme le doigt dans un brodequin de satin noii- d'une forme ravissante. Je devins tout de suite plus aimal)le de moitié. Nous étions penchés tous les deux vers le feu et elle avançait ce pied avec un bout de jambe parfaitement assorti. — « Il y a si longtemps, lui dis-je, que je n'ai vu de jolis pieds, que je ne puis me lasser de regarder le vôtre. — « Le trouvez-vous bien, en vérité? » me dit-elle, et elle avança ce pied vers moi avec une

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