‹ Sur Mérimée; notes bibliographiques et critiquesChapitre 5 sur 66 · I.. S[IK MKKIMEK · texte numérisé non relu

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des auteurs, ou des éditeurs, leurs cessionnaires?

Devant le Tribunal civil de la Seine, les éditeurs perdirent leur procès: jugement du 6 mars 1903. Mais, devant la Cour d'appel, ils le gagnèrent en partie: arrêt du i"^ février igoj'. La Cour décida que, lorsqu'il s'agit de musique seule, il y a lieu d'appliquer l'exemption édictée par la loi de 1866; car comment appeler un phonographe, si on ne l'appelle pas un instrument de musique mécanique? Mais elle décida d'autre part qu'il faut le consentement des auteurs pour la reproduction de paroles, soit seules, soit accompagnées de chant : la loi de 18G6 a été faite pour la musique, non pour les paroles. Devant le Tribunal et devant la Cour, on entendit discuter dans tous ses termes le rapport de Mérimée, dont le Dalloz avait révélé l'existence aux avocats.

Personne n'a parlé de son discours. Même au point de vue juridique, on a peut-être eu tort : c'est un bon commentaire du rapport. Quant à la critique littéraire, elle s'est désintéressée de ces trois grandes colonnes du Moniteur, pages véritablement inconnues d'un auteur si étudié. Paues ao-réables d'ailleurs; Mérimée s'y retrouve avec sa finesse un peu apprêtée, sa verve gauloise, son goût de l'historiette. « En 1660, dit-il, Molière a fait jouer une pièce que, par égard pour les demoiselles qui lisent le Moniteur à leurs grandsparents, je ne nommerai pas (Sourires).... » On n'est pas plus moral. Mais que dis-je? il se réclamait de la morale, en s'excusant : « Enfin, Messieurs, j'en

1. lUilloz, JiirispnnlcHcr (léiiérale, hU)7, 2' paiMio, itp. l^l-l^T.

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demande pardon, mais la Commission pouvait aussi invoquer la morale, car la justice distributivc fait partie de la morale, et je crois qu'il est injuste, du moins à mon avis, de prendre à un pauvre musicien un air pour en faire cadeau à un fabricant d'orgues mécaniques ». Et quelle triste vulgarisation ces orgues n'amèneront-elles pas! « Messieurs, on ne se fait pas d'idée de toutes les inventions dont s'avisent les gens qui, n'ayant aucune propriété intellectuelle, s'emparent de celle des autres. Si vous voulez me le permettre, je vous raconterai une anecdote qui n'est peut-être pas digne de la gravité du Sénat, mais qui cependant a son importance dans la question. Notre honorable collègue M. Lebrun nous l'a contée dans une des séances de notre Commission. Il la tenait de Ducis. Je regrette de ne pas pouvoir la raconter dans les termes dont M. Lebrun s'est servi lui-même. Ducis se promenant près de Chevreuse rencontra un homme qui conduisait une charrette sur laquelle se lisait cet écriteau : Théâtre des chiens tragiques (Hilarité). L'homme jouait Iphigéiiie en Aulide, c'est-à-dire récitait la tragédie, et les chiens jouaient habillés en héros grecs. Le directeur du théâtre dit à Ducis : Vous voyez bien cette levrette; c'est un sujet de premier ordre; elle va débuter dans Œdipe à Colone, dans le rôle d'Antigone, où elle fera fureur (Nouvelle hilarité) ».

Lorsque parut le tome A' du Manuel de l- Amateur de

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Livres de M. Georges Vicaire', l'article Mérimce apporta à l'étude de notre sujet une nouvelle et très importante contribution. Sont décrites, cette fois, — je ne dis pas notées, mais décrites — toutes les éditions et rééditions, tous les tirages spéciaux, même les plus introuval)les, toutes les traductions, imitations, contrefaçons, et avec la minutie et la précision qui font de cet ouvrage un instrument de travail de toute sûreté. C'est une suite de petites dissertations. Chemin faisant, l'auteur note ce qui a trait au théâtre. Le « théâtre de Mérimée », l'expression peut sembler étrange. Une saynète de Clara Gaznl, le Carrosse du Saint-Sacrement, représentée six fois à la Comédie-Française\ et sifflée, voilà, du moins on l'a toujours cru, ce qui compose la carrière dramatique de Mérimée en tant que théâtre joué. Est-ce tout? Sur le Catalogue général des OEuvres dramatiques et lyriques faisant partie du Répertoire de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques (Paris, i863, in-8), M. Georges Vicaire a trouvé la mention de deux vaudevilles en un acte, intitulés, l'un : A quelque chose malheur est bon\ l'autre : Pour éviter Clichy, par Duriez et Mérimée. Qui sont ce Duriez et ce Mérimée? On l'ignore, aucun prénom n'accompagnant leurs noms. S'agit-il de Prosper Mérimée ou de son cousin Henri Mérimée, qui a publié, en 1847, ^''^ année en liussie, — Lettres à Saint-Marc

\. Georges Vicaire, Manuel de l'Amaleur de Livres du XIX" siècle (1801- 1893). Paris, in-8, encours; t. V, 1904, coi. 700-702. Cf. Hugo 1'. Tiiienie, professeur adjoint de français à l'Universilé du Michigan, Guide hihlioyrnpliiqtte de la LiUéraiure française de 1800 à 1900. Paris, Weller éd., 1907, in-8, pp. 276-278, article Mkrimée. Ce dernier ouvrage est surtout intéressant par les références des Périodiques.

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