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mais c'est aux essais, car oUe nosL de rien. Le niar(|uis n'a plus de jiension, de rentes, ni de «apilal; la Lante est de mauvaise humeur; le \ iromte n'entend rien payer ni du mobilier qu il cl pourtant vendu, ni des bijoux qu'il a «listribués ;i d'autres qu'à sa fenune, ni de la pension qu'il a jjromise. A bout crexpédients et souhaitant trouver un peu de tranquillité, Joséphine s'en va à la .Martinique; si pressée est-elle de partir qu'<dle vient au liavre attendre le premier bateau (jui fera route, <l, trois années plus tai'd, si pi-essée sera-t-elle de revenir (juelle s'embarquera avec sa fille, emportant les bardes qu'elles ont sur le dos, sans même une paire de souliers de rechange pour l'enfant;
pressée que, de Fort-Royal, oii elle est, elle ne jeLournera pas même aux Trois-lslets, l'habitation de ses parents, pour leur dire adieu. Et c'est la ::rande mer qu'elle va mettre entre eux cl elle, la Micr pareille au Slyx qu'on ne retraverse jamais.
Il lui faut Paris où elle arrive, s'installe rue Xeuve-des-Mathurins. Que vient-elle y chercher? — Son mari ? — Ah ! que non pas ! Elle a de bonnes raisons pour ne point désirer le rencontrer, et pourtant M. de J3eauharnais, ci-devant vicomte, est devenu par la grâce de la Révolution une des puissances nouvelles. Quatre ans auparavant, par une requête motivée, appuyée de papiers sans nombre et soutenue par ses alliés, le vicomte a demandé les honneurs de la Cour : cela consiste, comme on sait, uniquement à monter dans les car-
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rosses du Roi et à suivre Sa Majesté à lâchasse. Mais celaesttoul,celaouvreraccès atout ce qui est grand. A-t-on les Honneurs, on peut espérer les sommets, sinon on reste au bas de l'échelle. Or. le généalogiste des Ordres a prouvé (jue ces Beauharnais étaient des bourgeois d'Orléans et qu'un siècle en avant, une des branches de la famille avait été condamnée pour usurpation de noblesse. Et comme là-dessus il n'v avait rien à répliquer, M. de Beauharnais s'efforça de renverser une telle royauté qui ne voulait point de lui dans ses carrosses. Malgré un avancement d'extrême faveur, de capitaine à major en second, il se fit, lors de la convocation des États généraux, élire avec le cahier le plus égalitaire, député de la noblesse du bailliage de Blois, grâce à rintluence de Lavoisier, fermier général, chimiste et révolutionnaire, car il n'avait pu se faire tenir pour noble.
Et, deux ans plus tard, le roi Louis XVI ayant tenté de î^'évader, lui. Beauliai'nais. préside l'Assemblée nationale. Le Roi lui a refusé ses carrosses et il fait ramener le Roi sous bonne escorte dans le carrosse de M. de Fersen ; il est le maître du Roi, il le traite comme un régent de collège un écolier émancipé, il le semonce et le suspend. Et, à égalité, il traite encore la Reine et Madame Elisabeth; il est, lui. président de l'Assemblée, le seul homme au(|U(d la Nation obéisse; il a seul le privilt'gr de parler, d'entendre le rctentisscuienl de son verbe sur l:i l^'raucc cl par le monde.
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\)e cela dont il s'est grisé, d'avoir été plt/s (juv Roi, d'avoir élé la Nation et la Loi, ce Beauharnais demeure enixré, et il en inouri'a. Il est ceitaines liqueurs qu'on ne goûte pas impunément.
Ce n'est point pour rejoindre un tel Jieauiiarnais (|ue Joséphine s'est hâtée vers Paris ; la séparation est délinitive ; si hien acquise, entre ces deux êtres qui n'ont jamais eu de goût l'un pour l'autie, (|u'ils peuvent se pai'lej', s'écrire, se rencontrer. Cela est dans les formes et se passe fort hien. Durant que .AJonsieur, lorsqu'il est à Paris, hahite au petit hôtel La Rochefoucauld, rue des Petits-Augustins, Madame est venue loger rue des Matlmrins, n" 11, dans une maison appartenant à sa helle-sœur Beauharnais. Sur une rupture, avec un amant ([u'eUe ramena des lies, elle s'étahlit dans cette maison de la rue Saint-Dominique, où elle n'a qu'un pied-à-terre et sans doute en garni; mais c'est là (ju'elle retrouve cette créoh; de Sainte- Lucie, M'"'' Hosten.
.M'"- lloslen a une lille du même âge (juUortense et Joséphine, fort désargentée, a accepté avec empressement l'invitation qui lui a été faite de passer (juelque temps à Croissy : sur sa vie, ce séjour fut décisif; là, elle entre en relations avec Chanorier, l'ancien seigneur de Croissy, avec les Yergennes — des demoiselles Yergennes, une sera M""^ de Rémusat. l'autre M""" de Nansouty, — avec l'abhé de Pancemont, et avec toute la société qui fréquente
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cliez Cliaiiorier — en mrine temps avei* certains révolutionnaires, comme Real, lils d'un gardechasse de Ghatou, celui (|ui lout à l'Iieure sera substitut du procureur de la Commune, avec Tallien, avec Barère ; on la trouve en liaison avec le ministre de la Guerre, Servan, auquel, du ton de la familiarité, elle recommande des oHiciers : on la dit accointée de bien plus prés au ministre de la Guei'i'e Beurnon ville. Elle mêle tout et elle a des heures pour tout, pour les Jacobins, comme Real ; pour les Girondins, tel Lanjuinais ; pour les Montagnards, ainsi Robespierre — car, avec Charlotte Robespierre> elle est au tendre — : pour des Royalistes, pareils à l'abbesse de Panthemont, M""" de Bethisv ; pour la société de M"* Hosten, et cela va à Tinfini : mais en clioisissant son temps, on y ari-ive !
Pourtant, au Dix août 02, où elle se trouve avoir chez elle Eugène pour les vacances, elle s'inquiète ; non pour elle mais pour ses enfants ; si elle n'entend point émigrer, ne peut-elle faire faire à llortense et à Eugène un voyage en bonne compagnie, avec la princesse de llohenzollern. qui va eu Artois, dans une tej're de son frère le prince de Salm, à proximité de la mer. des bateaux et de l'Angleterre? A peine le ci-devant vicomte aux carrosses, dont le républicanisme ne veut point être soupçonné, a-t-il appris ce voyage qu'il expédie un courrier. rattra[)e Eugène, se le fait ramener à Strasbourg où, à ]>résent, laiicim capitaine de la