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LE PAPE ET L'EMPEREUR

La Vérité, on le sait, passe pour aller peu vtMue; .(' nest: pas faute pourtant (juon lui ait proposé lies ajustemenls ; elle en a même accepté de (juoi n-mplir toutes ses armoires ; mais ils se démodent a\t'c une telle rapidité que la pauvrette na rien à se mettre. Voilà pourijuoi elle court les rues dans le simple appareil d'un miroir. D'ailleurs, on la rencontre rarement ainsi, tandis ({ue, tous les ([uatre ou cinq ans, sort de chez quelque éditeur une Vérité différemment accoutrée. Elle traverse le théâtre et elle s'empresse : ce sont de fausses Vérités, semble-t-il, des Vérités pour tel ou tel, des Vérités de carnaval, travesties, celles-ci en poissardes ou en tricoteuses, celles là en dames du grand monde et en dévotes de qualité, mais qui aflirmera que, entre les fausses Vérités, la vraie ne se soit pas g-lissée et ([u'elle n'ait point, à un

1. Conlërence prononcée à la Sociclé des Conférences, h '2i janvier 1909.

moment, laissé (judijuc coulession (jui y)uisse servir à la Justice ?

Voici le point triiisloirc (jiii lut le j)lus souxenl exploité par la mauvaise loi des partis. Tout fut mis en auivre avec une })('rsislance <jui n'était cerLes point désintéressée, jjour obscurcir et con- Irouver les rapports de ces deux hommes (jui, les derniers sans doute, ont exercé parallèlement, à la face de l'Europe, dans la forme antique, les plus iuiutes magistratures qu'ait imagées notre civilisation latine. On a raconté tant de sottises; ces sottises ont été si habilement pro[)agées, elles sont si solidement établies (jue Dieu ni personne ne saurait en avoir raison, et qu'il faut, pour s'y attaquer, être la proie dune sorte de délire de Vérité, ({ui par bonheur est rare : car les gens (|ui en sont atteints passent pour aussi dangereux (jue chiens ayant la rage et leur passion n'est intéressée qu'à leur rapporter plaies et bosses. Mais à dénjontrer les mensonges et les légendes, à en découvrir l'origine et à en suivre le développement, il y a vraiment trop de plaisii-.

Je prends entre cent cet exemple : Kn 1814, un pamphlétaire royaliste — faut-il dire royaliste? — un pamphlétaire, exploitant la chute de Napoléon, l'ait imprimer chez Tiger, Au Pilier lillrraire, suidu papier à chandelle, avec des tètes de elou, un lout petit livre — /'Anti-Napo/ron. L;i, ])Our la première fois à ma connaissaïu^e, apparaît l'anecdote : Napoléon voulant contraindre,, en IHIii, le

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