‹ Sur NapoléonChapitre 20 sur 24 · LK TABLEAU DU CO U IJ ON N RM ENT ITT · texte numérisé non relu

LK TABLEAU DU CO U IJ ON N RM ENT ITT

(le niusrc, c'csl un wagon du M«*tropolilain oil l'on empile les voyageurs comme un l)élai].

Ce (|u il faut, c'est que le public n'apprenne point pai" une indiscrétion conpajjle ([ue, entre loules les t''p()(|ues oii, en France, une Ecole d art se forma, i^randil el porla îles Iruits, répocjue de .\apol(''on lui la j)]us lirande ; (jue Napoléon, par Taclion directe (|u il exerça sui" les artistes de son temps, par les sujets (lu'il leur commanda, })ai' les tableaux qu'il récompensa et qu'il acheta, fui l'initiateur du mouvement moderniste, au({uel la peinture contemporaine doit le peud'bonneui-(|u'eIles'estacquis; (|ue enlin. si. au lieu de disperser aux (juati'e coins d'un musée, dans des salles qui au Salon s'appelleraient des dépotoirs, les ceuvres d'un même peintre, on se préoccupait de les réunir et de les grouper, de présenter les disciples près du maître, les artistes d'une même époque dans leur succession naturelle, on apprendrait que, sous la main et l'inspiration de Napoléon, un style est né dans toutes les formes où s'exerce l'activité humaine poHi' créer des œuvres d'art, un style où si })rofondémenl il a mis son empreinte (|ue partout ce style l'accompagne et l'entoure, formant partout à sa marmoréenne figure, antiffue, impériale et digne d'un dieu, le seul cadre ((ui lui soit adé- (|uat et qu'elle ne brise point. Il y a, entre lui et l'art de son temps, une communion et un pacte, comme entre la Nation et lui: mais ici le pacte, volontairement juré, est. en même temps (jue le

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résultat des impressions coniïisos «le la iiiiilliliKlc. CfUii (les raisoiuieiiMMils rormellement expriini'S el (les volontaires reiioneenienis ; là, au début du moins, le con(^ours des èlres est inconscient, la formule se dégaine (relle-méme, sans ellort, partout ensemble; comme on voit, au même matin, sous la même rosée, aux premiers rayons du soleil ])ienfaisant, éclore et s'ouvrir ensemble toutes les Heurs d'un parterre, dos plus superbes aux plus liumbles.

Laissez faire. Un jour xicndi'a oii, contraints par lopinion unanime de l'Europe, les dii-ecteurs de musée devront s'incliner. S'il a pu sembler à des heures (jue la gloire de Napoléon subissait des éclipses, c'était pour qu'elle apparut ensuite plus éclatante et plus formelle. La haine a plus fait pour elle que l'amour, le dénigrement que l'apologie, et, à chaque mensongère attaque (jue Ton essaie contre (die, vient s'opposer le témoignage (jui confond le faussaire. Ainsi sera-t-il, pai- la grâce de Dieu, pour l'Ecole Napoléonienne des peintres et des sculpteurs (ju'on a enti'epris de nous cacher.

De tous ces artistes le ]dus gi'and, ( dui ((ui l'ut le chef de l'Ecole, et (|ui demeur-e le plus illustre (les peinti'es fran(;ais — au moins du mx*" siè(de — J.-L. David fut, à couj) sur, le plus vivement iidluencé par Napoléon, de iiièine «[u'il fui ndui (jue Napol(''on ajqu'écia davantage. Nai>oléon noulut faii'e pour David ce (|ue nul souverain, nul res-

LE TAHI.EAU DU CO U KONN li.M lî.M H'»

UiuraLeur des arts n'a fait jtoiii- aiicuii aiiisle, co (juà présent les directeurs de musée ayant tous les moyens de lexécutei', n'ont garde de tenter pour un tel Fran(;ais; il prélendit réunir l'ieuvre entier de David, raclieter tous ses tableaux, les exposer dans une galerie expressément décorée « La Galerie de David », et il ne fut arrêté dans ce dessein (jue parce que M. de Courbeton, beau- Irère et héritier de M. de Trudaine, refusa de lui céder la Mort de Sacrale qu'il avait recueillie de Ihéritage de l'ami d'André Chénier.

Ce n'est point It^ lieu de tenter ni même d'esquisser une biographie du chef de l'Ecole l'ran(;aise. Il est Franrais au moins celui-là, il est Parisien et de vieille race ; il est né dans une des maisons qu'on prit soin de démolir — car elles étaient pittoresques et charmantes — du quai de la Mégisserie. Il a empli ses yeux d'enfant du noble spectacle du Palais avec ses tours à poivrières et de la ligne cabossée des maisons qui, du Palais, s'étendaient sur le quai de l'Horloge, coupées par les rues tout étroites de Jérusalem et de Harlay. Il s'est amusé aux perspectives joyeuses du Pont-Xeuf où s'agitaient, comme aux siècles précédents, les rôtisseurs, les saltimbanques, les marchands d'orviétan et les tondeurs de cliiens ; sur Feau, tandis que passaient les pigeons argentés en de longs vols, il s'est extasié aux tours de roues du bateau broveur de couleurs, amarré là, au bas du quai, dont les pa-

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