‹ Sur NapoléonChapitre 4 sur 24 · AU LECTEUR III · texte numérisé non relu

AU LECTEUR III

Exemple néfaste! Plus que les uioulous, les brebis sont nées imitatrices; il (levait y en avoir majorité dans le troupeau de Panurge. Et, par le chemin que la première a montré, les autres s'empressent.

Si même nulle n'osa, retenue qu'elle fut par le prestige du conférencier, par la honte d'avoir l'air de ne pas comprendre et de n'être pas une intellectuelle, si le snobisme l'attacha à sa chaise, comme à son rivage sa 'grandeur attachait Louis XIV, quelles confidences elle ferait, si elle osait! Par bonheur, il est des respects commandés, et elle se contente de dire : « Oh ! c'était profond. Mais sérieux ! Et il aurait fallu savoir tant de choses. » Mais on ne l'y reprendra pas !

En effet, a-t-elle raison : ce n'est point pour entendre lire quelques pages d'un livre par l'auteur même qu'elle a mis une jolie robe, un chapeau le plus grand possible — car la salle de conférences est la dernière où l'on se chapeaute — qu'elle a sacrifié l'après-midi, ou tout le moins cette partie de l'après-midi qui s'étend du déjeuner, dont on s'est levé à deux lieures. jusqu'au moment oii l'on commencera raisonnablement des visites et où l'on pensera aux rendez-vous de thé, soit quatre heures ou quatre heures et demie. Il faut donc que le premier goiiter que l'on sert à son esprit soit du genre d'un sandwich au caviar, tout au plus d'un pain au foie gras ; qu'il y ait autour une mousse do salade au citron et pour dessert un

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