IV AU LECTEUR
feuilleté bien chaud à la confiture, avec un petit verre de vin de Xérès ou de la Commanderie. Cela forme alors un très gentil deux à trois on trois à quatre.
Les cinq à six même ont réussi pourvu qu'ils fussent ainsi compris et, la mode aidant, il s'est trouvé que, ainsi dosés par des hommes de grand talent, des morceaux furent goûtés, applaudis et parfois compris. Doù un très agréable contraste à la crise du livre et, par là, nombre de notions et même didées justes, ingénieuses et parfois nobles répandues sur la littérature.
Oui, mais comme, pour ainsi titrer, cela demande de prudence, d'habileté et de réserve. Il faut bien qu'on essaie de faire sourire. Mais, si l'on veut faire rire, que, de cette mousse d'esprit fouetté, quelque profiteur essaie de s'emparer et qu'il imagine en avoir trouvé la recette, comme en deux coups, il la fait tourner, le farceur, le terrible, le sinistre farceur, l'humoriste d'histoire, arrivé hier d'Outre-Rhin, qui, en se faisant français, s'est dit qu'il se faisait mondain, léger, badin, dix-huitième — petit abbé à la toilette de la marquise, — et cela lui va comme une mouche assassine à un ours blanc...
Ah ! le pauvre ! Ses jolis mots, ses tours délicats, ses apophtegmes galants, tout ce qu'il a oint d'huile de lampe pour le faire paraître léger, folâtre et détaché, cela fait plouk à chaque fois