‹ Sur NapoléonChapitre 8 sur 24 · VIII AU LECTEUR · texte numérisé non relu

VIII AU LECTEUR

être entendu que d'un minimum de notions antérieures.

La conférence doit avant tout cherciier la vie ; au défaut de savoir et de pouvoir parler d'abondance et d'éloquence, ce qui sérail certes supérieur, qu'on prenne un morceau écrit de verve, courant, galopant, ne reculant point à l'effet et s'efforçant à convaincre, moins par une démonstration documentée que par un récit imagé construit selon les anciennes formules. Ce récit parlé peut n'être point tenu à la même rigidité qu'un récit livresque. On peut l'admettre plus flottant, plus éparpillé, tourné en digressions qui ont des agréments et permettent d'insérer des petites découvertes dont on est fier — mais c'est là du remplissage. Rien ne vaut une composition où. le sujet est enfermé, d'un trait appuyé, dans l'espace qu'il lui est permis de remplir: soixante, au plus soixante-dix minutes de lecture. Cela est long déjà pour l'auditoire, si cela paraît court au conférencier, contraint à ramasser son sujet, à n'en extraire que l'essentiel, à couper tout développement oiseux et j'entends là qui n'ait point pour objet d'exposer un caractère, de tirer d'un fait une pbilosopliie, de saisir les conséquences d'un événement.

Je n'ai point la prétention d'avoir réalisé cet idéal : il eûl fallu pour le remplir une éducation dont, à soixante ans passés, je ne suis j)oint susceptible et une modération que je ne saurais j)ort»M' à exprimer ce qui m'indigne. Dans un livre, l'elfet de brutalité

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