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Mode d'action des sulfamides

ACTION BACTÉRIOSTATIQUE

Les sulfamides agissent par inhibition de la croissance des germes, propriété observée in vivo et in vitro (en particulier au biophotomètre différentiel enregistreur de Bouet- Maury et Walen). On à pu constater en effet qu'ils ralentissent ia vitesse de multiplication des microbes proportionnellement à leur concentration et autant qu’elle dépasse un niveau minimum. Cette concentration doit être atteinte dans le foyer d'infection même et être maintenue aussi longtemps qu'elle.

Une règle s'impose : maintenir une auxothérapie rationnelle au cours de laquelle on aura soin d’éviter toute incompatibilité ou antagonisme. Citons comme poisons des sulfamides : la méthionine, des produits de dégradation, certains acides aminés, des purines, des peptones. Le principal antagoniste est !l acide paraaminobenzoïque ou vitamine H, indispensable au métabolisme des bactéries. Il est probahle que cet acide fait partie d’un enzyme. Sa molécule étant semblable à celle des sulfamides, ces derniers seraient capables de se substituer à lui dans l’enzyme bactérien et la chaîne du métabolisme se trouverait rompue. Les synthèses nécessaires à la croissance et à la multiplication des bactéries ne seraient plus réalisées et ces dernières deviennent une proie facile pour les forces naturelles de l'organisme.

L’addition d'acide para-amino-benzoïque permet de nouveau la croissance des germes.

Rappelons que l’acétylation du groupe aminé (NH-COCH,) abolit l’action bactériostatique.

Les bactéries peuvent devenir résistantes aux sulfamides après un certain temps.

sé A Elimination des sulfamides de l'organisme

Ils s’éliminent par le rein.

L'organisme s’en débarrasse de trois manières différentes :

1°) en solution dans l'urine comme toute autre substance sans seuil ;

2°) par conjugaisons soit acétylation ou formation de glycuronates et sulfates ;

3°) par fixation :

sur les albumines plasmatiques ; par pexie sur le système réticulo-endothélial.

Toxicité des sulfamides

Les formes d'intoxication varient avec la formule du sulfamide, sa solubilité dans l’eau, son degré d’acétylation, sa concentration dans l'organisme, avec le Ph de l'urine. Il faut considérer en outre les réactions de l'organisme.

Les troubles provoqués par absorption de doses toxiques sont de deux ordres différents :

1°) troubles d'intoxication sanguins et allergiques ; 2°) formation de calculs rénaux,

Signalons succinctement les principaux syndromes observés.

Les phénomènes relevant de l’intoxication se caractérisent par les syndromes généraux suivants :

Ictères dus à une hémolyse.

Anémies diverses : neutropénie, agranulocytose, purpura hémorragique thrombopénique.

Psychoses, polynévrites.

Allergie : réactions cutanées apparaissant au soleil.

Et par les symptômes locaux suivants :

Réactions rénales graves, co!liques néphrétiques, anuries. L’anatomie pathologique signale dans «cette affection des lésions locales de nécrose ou dégénérescence fibrinoïdes des glomérules, de l’épithélium des tubes ou du tissu interstitiel.

Selon Castaigne, la part qui revient au facteur mécanique paraît secondaire dans les anuries sulfamidées.

Lehr et les auteurs suédois Frisk, Hagerman, Hélander et Sjorgen pensent au contraire que les troub'es les plus fréquents seraient dus à la formation des calculs dans les canalicules rénaux. Tous les sulfamides sont ordinairement éli- minés en solution sursaturée et ont tendance à précipiter.

Cet accident est évidemment sous la dépendance de la sulfamidémie, du degré d’acétylation, de la solubilité de chaque su'famide.

Les facteurs organiques de précipitation sont : la résorption d’eau dans les tubes, le Ph, la vitesse de transport de l’urine qui diminue notamment à mesure qu'elle approche du bassinet.

Ces auteurs fondent leur opinion sur des lésions anatomiques locales fréquemment rencontrées : tubes élargis, remplis de masses constituées de précipités de sulfamides acétylés ou non, de proteïnes, de cellules épithé'iales. Ces dépôts sont visibles quelquefois à l’œil nu ; ils sont recherchés dans le cas contraire à l’aide du microscope à filuorescence.

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