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ment utile. Les attitudes ne se reconnaissent pas. Plus de ces facies pâlis, plus de ces physionomies blêmes, de ces épaules fuyantes, de thorax aplatis, étriqués, comprimant un appareil pulmonaire diminué. Le corps est droit, la colonne vertébrale recüfiée n'a plus aucune tendance à se déformer : les épaules sont rejetées en arrière, le thorax bien développé permet aux poumons de se dilater librement et de recevoir l'oxygène nécessaire à la combustion dé tous nos déchets ; une sangle abdominale solide contient les viscères abdominaux et favorise leurs fonctions. [l n’est pas besoin d'insister beaucoup pour qu'éclatent aux yeux les moins avertis les précieux avantages d’une semblable {ransformation. L'organisme s'épanouit et se mélamorphose, tant est profonde l'amélioration qui lui est apportée, La santé est ainsi offerte à tous ces déshérités du sort qui ne peuvent goûter pleinement à la vie et en connaitre tous les bienfaits, Les hommes sains y puisent de leur côté un surplus de vigueur, une force nouvelle. La culture physique a un but noble et moral. Elle vise en effet à élever le niveau moyen de l’homme, à accroître la vigueur, la santé, le bien-être de l'individu. Et dans ces corps vigoureux ne pourra habiler qu'un esprit sain. On aperçoit déjà la multitude d'avantages que peut en retirer le sujet et, par delà le sujet, l'espèce. Car la fusion, l’ensemble de ces corps robustes, de ces intelligences bien pensantes engendrera une race qui marchera en têle du cortège des nations. à
De l'entraînement rationnel.
En toutes choses, la raison doit rester maitresse souveraine. Elle seule doit être la directrice de nos moindres actes et nous guider dans le chaos confus des quotidiennes choses. Et si nous la suivons en compagnon fidèle, elle saura nous apporter ses justes et durables récompenses.
En cuiture physique, comme ailleurs, il en est de même. Il faut rejeter loin de soi tout cé qui ne répond pas aux exigences
de la raison. Rien ici n'est mystérieux; d'abord empirique
l'entrainement rationnel s’est peu à peu dégagé de ses anciennes formules, pour s'appuyer de plus en plus sur la méthode et la raison. Prenant pour base solide les résultats encourageants d'une déjà longue existence, et laissant les anciens errements, elle s’est faite scientifique, appuyée sur de solides données physiologiques.
Au moment de se soumettre à un entrainement rationnel, il faut tout d'abord croire en la parole de maîtres autorisés ; par conséquent croyance en l’enseignement que l’on va faire sien. Il faut ensuite bien se dire que la méthode rationnelle n’a pour but, étant donné un certain organisme, que de faire de ce corps primitivement peu robuste un tout parfaitement et entièrement développé, absolument harmonieux.
Le problème étant ainsi posé, de quelle façon allons-nous le résoudre ?
Le débutant ayant pleine confiance en ses maitres leur Che scrupuleusement et s'efforcera de suivre au plus près leurs conseils. Le maitre seul peut, en effet, guider l'élève dans la bonne voie. Connaissant parfaitement la méthode dont il va faire l'application, il peut y apporter les modifications nécessilées par l'état organique de l'élève.
L'idéal doit être, en effet, de transformer un débile, un chétif en un homme sain et fort. Or il est assez rare de trouver ces qualités réunies chez un individu ayant grandi, vécu, même le plus naturellement. Héritier des qualités comme aussi des défauts de ses ascendants, porteur des tares souvent très accusées, non seulement de sa famille, mais encore de sà race, il importe à un entrainement rationnel de faire subir à cette ébauche primitive une suite de transformation qui la rapprocheront au maximum d'un idéal, qui en tant qu'idéal est la perfection que l'on s’efforcera loujours d'égaler. Il y parviendra en accordant à des maîtres une confiance absolue.
Ayant étudié leur élève, ils ont découvert en lui, par une
recherche attentive, les imperfections corporelles qu'il présente.
Telle région doit être redressée; il fortifiera par un exercice
al
, Te.
approprié tel groupe musculaire qu’une longue inaction a plongé dans une atrophie déplorable; par une respiration méthodiquement et régulièrement conduite, il fera d'un thorax étriqué une poitrine large et capable de résister aux attaques morbides.
Tous ses efforts tendront à modifier cet organisme, par l'application d’exercices aussi parfaits que possible, à l'amélioration de telle ou telle malformation. Il se peut qu'au cours de l’entrainement, un exercice avantageux jusque-là apporte, pour une raison quelconque, une fatigue trop forte et, par conséquent, dangereuse. Le maitre s’en aperçoit et modifie ou même encore supprime totalement le mouvement qui allait à l'encontre du but fixé. Sans le sage mentor attaché à lui, l'élève aurait pu continuer un exercice dont le danger lui serait peut-être apparu trop tard. D'où non seulement perte de temps appréciable, mais inutilité et tort qu'un pareil exercice porte à l’élève non averti.
Si l'entrainement se fait sans le secours d'aucun maître, de plus sévères précautions sont encore à prendre.
Par un fol orgueil, n'ayons pas la solte prétention de vouloir éclipser les exploits antiques ou modernes. Ne débutons pas avec l'idée de dépasser tous les records quels qu'ils soient. Voilà un travers contre lequel il faut mettre en garde la grande majorité de ceux qui vont s'exercer. Îls se pénétreront de celte idée qu'ils doivent devenir vigoureux et robustes avant que de se lancer dans le sport pour lequel ilsse sont découvert un penchant. Sans cette préparation antérieure nécessaire qui les transformera physiquement, leurs efforts futurs resteraient vains. [ls” sé verraient reléguer avec peine à un rôle secondaire, car rien dans leur constitution ne leur permettrait de s'élever à un rang honorable. Comme nous l'avons déjà dit, l'entraînement rationnel est la base, l'A B C de tout sport.
L'élève ne doit aucunement se préoccuper des résultats auxquels arrivent parfois des camarades naturellement mieux doués. Il doit avoir uniquement en vue ses propres moyens, chercher à savoir ce qu’il peut en tirer pour le perfectionnement de son individu et nullement s'embarrasser de ce que deviennent les camarades. Il faut s’enfermer dans un égoïsme assez étroit,
ses ep
consulter ses forces et augmenter proportionnellement son travail.
A ce prix seulement votre entrainement vous sera profitable. Vous vous en apercevrez s’il vous procure un sommeil paisible et une augmentation sensible de poids. En aucun cas, la bascule ne doit accuser un résultat 'éficitaire. Il vous faut alors rechercher le mauvais côté de la méthode, la transformer radicalement, car persister dans cette voie serait désastreux. Consultez votre appétit et votre sommeil. L’entrainement qui les respectéra et les améliorera sera celui qui vous conviendra. Seuls les gens obèses lireront quelque profit d'une diminution de leurs réserves graisseuses.
Il ne faut jamais atteindre par un entrainement rationnellement conduit cet élat de lassitude et de dépression générales que laissent après eux les grands efforts. Mauvaise pratique qui aboutit rapidement à l’éreintement et au dégoût d'un exercice qui ne procure aucune satisfaction. La fatigue complète, généralisée, doit toujours être évitée. Seule la fatigue musculaire locale est profitable. Elle s'annonce par une sensation de crampe qui envahit le muscle. Sa production est due à l'énorme quantité de sang qu'attire à lui pour sa nutrition propre un muscle en activité. Des combustions chimiques importantes s’y produisent; le muscle agissant brûle certaines matières et produit de nombreux acides qui, {rop nombreux, donnent le phénomène avertisseur de la crampe. |
L'arrêt de l'exercice est alors indiqué. L'organisme bienveillant averlit que le degré de fatigue qu'il serait imprudent de dépasser est atteint. Enfreindre cet ordre serait nuisible, car en épuisant outre mesure son énergie, on irait à l'encontre du but visé. |
Ces quelques conseils rapidement énoncés permettront à celui qui voudra bien s’en inspirer d'arriver à un équilibre de forces physiques et morales enviables, à une harmonie parfaite de tout l'organisme. Ce sont là des qualités que chacun devrait avoir l'ambition de posséder. Bien portant et robuste, vous trouverez dans la vie de multiples joies. Vous ferez ainsi une œuvre mo-
rale et noble, car vous léguerez à votre descendance et par
contre-coup à la race entière un patrimoine de bonheur et de santé.
L’entraînement selon les tempéraments.
La vieille maxime : « C'est en forgeant qu'on devient forgeron » trouve en culture physique une application journalière. Chaque élève devra s’'efforcer de comprendre tout l’enseignement condensé en cette formule, d'en pénétrer toute la pensée. Puis une fois qu'il l'aura faite sienne, une application des plus strictes sera indispensable pour tirer avantage de la méthode qu'il va suivre.
Tout d'abord l'élève devra avoir bien présent à l'esprit que la nature, en lui donnant la possibilité de devenir un homme, à rempli sa tâche. Il ne faut pas attendre d'elle plus qu'elle ne peut donner. Elle nous a procuré les moyens nécessaires à la créalion d'une individualité saine et robuste. Il dépend de nous de Les mettre en valeur et d'en tirer le meilleur parti possible. IL est dangereux de se laisser bercer par une fatalité qui doit se charger de tout, dont les causes déterminantes sont maitresses de nos destinées. C’est là uné lâcheté et une trahison que d'abandonner ainsi à des forces inconnues les trésors dont parfois nous a gralifiés la nature. L'action est bien supérieure en résultat. Elle nous réserve peut-être des déboires, mais les saines et malgré tout nombreuses joies dont elles nous comblent * nous offrent de bien belles compensations.
« L'oisiveté, a dit Franklin, ressemble à la rouille, elle use beaucoup plus que le travail; la clef dont on se sert est toujours brillante ». Phrase d'une haute portée et dont on saisit toute la valeur. Il nous faut donc agir et nous perfectionner sans cesse. En accroissant ainsi le capital humain qui nous a été confié nous nous acquittons d’une dette vis-à-vis de l'humanité. Car nous nous élèverons par notre travail assidu et courageux au-dessus de la moyenne des hommes et ce sera très beau
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d'avoir recueilli encore plus de santé et de vigueur. Notre descendance en bénéficiera; elle les développera à son tour et lolalisera l'énergie de ‘ses parents augmentée de la sienne propre. Les générations futures ne vaudront que par les généralions actuelles. C’est à celles-ci qu'incombe le devoir impérieux de leur léguer un héritage toujours plus grand de robustesse et de santé.
De parents vigoureux naïtront des enfants sains. Ceci est une règle presque générale. Le contraire, enfants chétifs issus d’ascendants vigoureux, est l'exception qui ne fait que donner plus de valeur à la proposition précédente. C’est là un piètre argumet soutenu par certains esprits et dont la faiblesse éclate aux yeux des moins avertis. Car il est bien évident que des enfants robustes naîtront plutôt de parents sains que d’ascendants débiles et porteurs d’une tare quelconque. De ces améliorations particulières, disons-le bien, découle l'amélioration de la
race et c’est cela qu'il faudrait sans cesse avoir présent à l'esprit.
Il'est certain qu'il ne faut pas voir ici l'apologie de la force et surtout de la force brutale. Ceux qui nous prêteraient cette pensée se tromperaient grossièrement. |
[Il n’est pas, en effet, dans l'esprit de notre race de prôner par-dessus tout la force. Nous ne sommes point de ces peuples inférieurs dont l'idéal est fait tout de force et de brutalité. Ceux qui mettent leur vanité et leur orgueil dans le triomphe de cette force sont marqués pour la disparition et le retour au néant. On peut admettre qu'aux époques lointaines de l’origine du monde cette idée ait prévalu. Il est inadmissible de trouver, à notre époque de science et de lumière, des nations admiratrices de ce sentiment et quelles qu’elles soient, tôt ou tard, elles sont vouées à l'anéanlissement.
Pour notre part, nous n’excluons pas de cet entraînement rationnel toute idée de force. Mais cette force, nous la domesliquons en quelque sorte, nous l'affinons, nous lui enlexons tout ce qu'elle peut avoir de bestialité et de primitive laideur pour ne lui laisser qu'une forme épurée, tant la synthèse étroite avec la plastique humaine doit nous conduire à l'idéal que nous rêvons,.
Need
Ce résultat doit être atteint si l'on veut se mettre au travail avec énergie et volonté. C’est là une condition essentielle du parfait développement de l'individu. Sans la volonté de vouloir devenir mieux en force el en beauté, l'élève ne’ fera que végéter. Pourquoi un ouvrier, un lerrassier n'atteindra-t-il jamais à cette harmonie de formes que présente un athlète dont le travail dure seulement quelques instants par jour? Parce que eet homme, soumis à des travaux pénibles, les exécute sans goût et passivement, en quelque sorte sans intervention de sa volonté. L’athlète tend au contraire toute son énergie vers l'exécution aussi parfaite que possible d’un mouvement; c’est celle tension constante vers un but à atleindre qui réalisera la perfection de formes souhaitée.
Il ne se laissera pas non plus influencer par les railleries de ses camarades. Ceux-ci peuvent êlre primitivement mieux doués que lui et il se verra dépasser avec amertume. Qu'il ne se laisse pas aller au découragement, et (ravaillant avec un bel entêtement, il se verra bientôt récompenser de ses louables efforts, car il arrivera certainement à égaler, sinon à dépasser les moqueurs d'autrefois.
Mais pour y arriver, il faut bien comprendre ce qu’on entend par entrainement. Il peut être défini une série d'efforts, en correspondance avec les ressources de chaque individu, en vue
d’un effort final plus grand Le serait Ja synthèse de tous les efforts antérieurs. s
Il ne faut donc nullement se préoccuper du résultat auquel arrivera le voisin. Il ne faut voir dans l'entraînement que l’on va entreprendre qu'un moyen d'arriver à un perfectionnement plus complet el entier de son organisme. Chaque homme renferme en puissance une quanlilé déterminée d'énergie qu'il lui est raisonnablement interdit de gaspiller. S'il lui prend la mau- - vaise fantaisie d'essayer, il s'apercevra rapidement qu'il va à l'encontre du but assigné. Sa vigueur et sa santé en supporteront les tristes conséquences, car il ne faut jamais pousser une machine au delà de la limite qu’elle est susceptible d'atteindre.
Pensez ensuite au lemps que chaque jour vous pourrez con- Sauvage : 2
sacrer à votre entraînement. Suivant le plus ou moins grand nombre d'’instants dont vous disposerez, les exercices auxquels vous allez vous soumettre seront differents. Il est en effet raisonnable de ne point ordonner les mêmes mouvements à un terrassier et à un désœuvré. Suivant sa profession, son tempé-
rament, la séance d'exercices aura lieu le matin ou le soir : le.
matin, si letravail dusoir,après une pelile expérience, lui donne un sommeil agité et peu paisible. Un peu avant le repas du soir, afin que l'exercice ne trouble pas son appétit qui toujours doit être excellent, ou bien une ou deux heures après le diner. Tels sont les deux moments de choix pour leur travail quotidien, à ceux que les occupations de la vie ne laissent que de cours instants de loisir.
Il devra également connaitre toutes les imperfections qu'il présente. De leurs connaissances exactes sortira, sous forme d'exercice, le médicament qui les fera disparaitre. Les ayant toutes notées, il s’efforcera d’y remédier et débutera son entrainement par les exercices qui feront disparaître les défauts qu'il s’est découverts. De cette façon, il équilibrera et harmonisera son organisme, Îl pourra ainsi se soumettre aux exercices généraux
indiqués par la méthode qu'il a choisie. Mais ces défauts, il ne
lui sera possible de s’en rendre compte que par comparaison de son corps avec un modèle de beauté plastique. Le statuaire antique nous en fournit de nombreux et l'élève aura grand intérêt à connaitre ces merveilleux chefs-d'œuvre qui seront pour lui l'idéal auquel il devra s’efforcer d'atteindre : le Discebole, le Gladiateur sont parmi les meilleurs. Une photographie de ces modèles, au besoin une bonne reproduction devrail, occuper une place d'honneur chez tout élève. Elle jui montrera ainsi constamment la perfection de formes dont il doit s'approcher. Dans la compréhension de leur beauté, il puisera
l’é se [4 NÉAUR 4 L « , U énergie nécessaire à son travail et il s'efforcera de combler la
distance qui le sépare de cet idéal.
Il se mettra ensuite résolument au travail en suivant rigou=
reusement les principes d'entrainement préconisés par la.
méthode choisie. Dès le début, tout élève doit être mis en garde