CHAPITRE TROISIÈME
Ce chapitre comprendra seulement l'étude de quelques dérivés des carbures érythréniques linéaires dont je viens d'indiquer la préparation. Ceux de ces dérivés qu'on a pu faire cristalliser ont été obtenus à un degré de pureté convenable ; par contre, les liquides rencontrés sont, pour la plupart, ou des mélanges racémiques, ou des mélanges d'’isomères différant par la configuration stérique des atomes de carbone asymétriques. Pour les liquides, je donnerai la formule plane qui me paraît la plus probable pour le corps dominant, sans que jamais le fait d'écrire cette formule implique que je sois arrivé à un isomère bien purifié, et non à un mélange inséparable par distillation.
Pour les solides, au contraire, je m'efforcerai de choisir, parmi les formules stériques possibles celle que leur origine rend le plus probable, mais, même là, le nombre d'isomères possibles est si élevé que la sûreté de mes conclusions est toute relative.
Aussi, ai-je cru devoir placer à part l'étude des dérivés
de deux carbures obtenus à un état de pureté bien plus grand, et qui, par la nature de leur symétrie abaissaient considérablement le nombre d’isomères stériques possibles ; j'ai donc renvoyé à Ja fin de cet ouvrage l'étude des dérivés de l'érythrène et du 1.1.4.4.tétraméthylérythrène, qui sera plutôt une étude théorique ; mais, dans le présent chapitre, je ferai état des résultats de cette étude, dont les plus géné-
raux ont été exposés dans la première partie de ce travail. 10 Les tétrabromures des carbures érythréniques.
Ils ont été obtenus dans la plupart des cas en ajoutant lentement la quantité de brome théorique à une solution du carbure dans le tétrachlorure de carbone maintenue à 0°, L'évaporation du solvant effectuée de préférence sous pression très réduite laissé un résidu huileux, incolore ou jaune d'or souvent parsemé de cristaux. Ces cristaux sont séparés du liquide, et celui-ci est parfois distillé sous très basse pression. Le point d'ébullition s'échelonne toujours sur un long intervalle de température, mais souvent un fractionnement, même grossier, permet d'isoler des porions susceplibles de fournir lentement de nouveaux cristaux.
Les réfractions moléculaires des mélanges isomères de tétrabromures liquides sont toujours très proches des nombres théoriques, les analyses convenables. Bien que les constantes de tels corps soient d'un maicre secours pour leur identification, je les ai cependant déterminées, pensant qu'elles pourraient à l'occasion servir de repères, dans
l'étude d'homologues ou d’isomères,.
Télrabromures de 1.méthylérythrène CH3 — CHBr— CHBr — CHBr — CH?Br.
Le seul tétrabromure solide décrit fond à #14°. Je l'ai
retrouvé à plusieurs reprises ; il bout à 13r° sous 3 mm.