CHAPITRE V
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE QUELQUES CARBURES ÉRYTHRÉ- NIQUES OBTENUS A L'ÉTAT PUR ET DE LEURS DEÉRI- VÉS.
10 L’érythrène.
Préparation.
[l élail aisé de déceler la présence d’érythrène dans les produits de déshydratation de l'alcool crotylique ou du méthylvinylcarbinol. Isoler le carbure à l’état pur semblait uu problème plus compliqué.
Voici comment je [l'ai résolu. La matière première employée fut le méthylvinylcarbinol plus accessible que son isomère primaire. ù
Les vapeurs sortant du four à catalyse sont envoyées dans un réfrigérant descendant qui condense l’eau, l'alcool non déshydraté, et les produits encore moins volatils.
Ceux-ci sont recueillis dans un flacon fermé par un bouchon à deux trous et les gaz poursuivent leur chemin par un tube à dégagement ; les gouttelettes liquides entrainées mécaniquement sont arrêtées par un lainpon de coton de verre, et les dernières traces d'eau et d'alcool par passage sur trois colonnes successives contenant respective. ment du chlorure de calcium, de la potasse anhydre et
de la barÿte caustique. Les gaz arrivent alors par la tubu-
lure Hatérale dans un ballon tubulé dont le col porte une puissante colonne Crismer entourée d'un mélange réfrigérent maintenu vers — 10 ou —15°, destiné à arrêter les portions moins volatiles que l'érythrène ; enfin les gaz qui traversent la colonne sont condensés dans un serpentin entouré d'un bon mélange réfrigérent et recueillis dans un ballon tubulé lui-même refroidi ; la tubulure de ce ballon est reliée, par l'intermédiaire d’un tube à chlorure de calcium, et d’un tube à phosphore rouge à un absorbeur de sûreté à brome, lui-même relié à un absorbeur de sûreté à potasse.
L’érythrène se trouve ainsi séché et reclifié au fur et à mesure de sa formation ; les isomères qui l’accompagnent et qui bouillent nettement plus haut que lui sont presque totalement éliminés ; enfin la partie non condensée est récupérée dans le brome.
Avant de commencer l'opération, on maintient le vide dans l'appareil pendant quelques heures afin d'en dessécher les diverses parties ; les absorbeurs sont alors remplis respectivement des liquides convenables, et l’appareil est relié au départ au tube à catalyse, préalablement porté à 360° ; on admet alors dans celui-ci le méthylvinvlcarbinol à un débit de 30 g. à l'heure environ.
Au bout d’une heure l'appareil est en régime ; il n'en sort que quelques rares bulles gazeuses ; l’érythrène se condense lentement dans le serpentin, tandis que les produits moins volatils refluent de la colonne dans le premier ballon tubulé disposé à cet effet et dont on peut faire varier la température de o à 4o°.
Quand l'opération est terminée, on crée à la sortie destubes absorbants une dépression qui provoque un léger courant d'air dans l'appareil ; celui-ci entraîne l'érythrène occupant les espaces nuisibles dans le brome; on isole alors le carbure condensé, et, après avoir remplacé le bal-
lon qui le contenait par un court-circuit entre le tube d'ar-
rivée et le tube de sortie on continue le balayage en ayant soin de chauffer légèrement les liquides condensés qui sont saturés d'érythrène. |
Les rendements sont à peu près les suivants ; ils s’entendent pour un catalyseur neuf, celui-ci s'épuisant rapide-
ment
Erythrène condensé : 25 à 30 0/0.
Erythrène (tétrabromure) : 20 à 25 0/0.
Alcool récupéré : 20 à 30 0/0.
Autres produits : 20 à 25 0/0.
Les liquides condensés sont réunis et lavés par un grand excès d’eau ; il en résulte deux portions l’une renfermant les alcools (solubles dans l'eau), lautre les produits de condensation (insolubles dans l'eau). La portion aqueuse est reprise par très peu d'éther qui rassemble la totalité des produits de condensation entraînés ; ‘cet éther est joint à la portion insoluble.
La solution aqueuse est distillée lentement ; tous les alcools passent en tête ; ils sont séparés de l’eau par addition de carbonate de potassium, puis .étendus d’éther et séchés par un séjour prolongé sur ce sel. C'est de l'étude de ce produit qu'ont été tirées les conclusions exposées au chapitre premier sur lisomérisation partielle du méthylvinylcarbinol.
Le tétrabromure d'érythrène oblenu, qui provient cependant de la partie la moins pure du carbure, après évaporalion de l'excès de brome, formait une masse qu’on peut dire entièrement solide, très légèrement huileuse cependant ce qui montre que.même la partie la plus impure du carbure contient une grande majorité d'érythrène.
Pendant toute la préparation, le thermomètre- placé au 4° 3/4. C'est le point d'ébullition de l'érythrène (Thiele indique — 5
sommet de la colonne de Crismer a marqué
La bromuration du carbure condensé à montré qu'il était à peu près pur, et contenait moins de 1/100 de méthylallène dans l'opération la mieux réussie. Toutefois, avant d'en prendre les constantes, je l'ai distillé de nouveau, cette fois sans colonne, mais je n'ai pu qu’en améliorer la pureté.
Voici les constantes de l'érythrène qui n'avaient pas encore été publiées :
DOS Ro 20 D, 20,050 2 0,002 RE 1422 1