CHAPITRE III
Microdosage de la Bilirubine
Généralités sur la Bilirubinémie.
Lorsque pour une raison ou pour une autre (imperméabilité rénale, production exagérée de bilirubine etc.) les pigments biliaires s’accumulent dans le sang, on a un syndrome particulier: l’ictère, caractérisé par une teinte jaune de la peau et causé par l’accumulation de bilirubine dans le sang. L’ictère ou l’hyperbilirubinémie, s'accompagne en général de bilirubinurie d’où la très grande importance de la recherche de la présence de bilirubine dans les urines.
La bilirubine dérive chimiquement de l’hémoglobine. Les expériences physiologiques montrent également la dérivation hémoglobinique de la bilirubine (linjection d’hémogslobine dans les veines provoque de la bilirubinurie et l’augmentation de bilirubine dans la bile). — On sait depuis longtemps que le foie forme de la bile, mais d'autre part des observations nombreuses montrent que ce n’est pas le seul organe capable de fabriquer les pigments biliaires. Sans parler de l’origine hématique des cristaux d’hématoidine dans les vieux extravasats sanguins, il est bien évident que dans toute collection sanguine laissée à elle-même il se fait des pigments biliaires. Si normalement le foie n’est pas le seul organe sécréteur de pigments biliaires, c’est le seul organe excréteur.
HiJMANS VAN DEN BERGH (99) à le grand mérite d’avoir prouvé expérimentalement que la bilirubine constitue un
élément normal du sang humain. C’est lui qui utilisa pour la première fois la diazo-réaction découverte par Paul Exr- LICH pour l'identification de la bilirubine dans le sérum humain. Il montra qu’à l’aide de l’acide sulfanilique diazoté on pouvait doser ce pigment du sérum avec suffisamment de précision pour la clinique. Plus tard le même auteur a trouvé que la bilirubine du sérum répond différemment à la diazo-réaction. On distingue actuellement une bilirubine se combinant directement par addition du diazonium au sérum et une autre bilirubine à réaction indirecte, qui ne présente de diazo-réaction qu'après extraction préalable du sérum par l’alcool.
D’autres propriétés différencient ces deux formes. La bilirubine à action directe est bien plus fortement absorbée après la précipitation par l’alcool par le précipité de l’albumine que celle à action indirecte, elle se transforme plus facilement par oxydation en biliverdine et passe plus facilement dans l'urine. Ces différences de propriétés ont fait naître de nombreuses hypothèses sur ces deux formes de bilirubine. Par manque de place, nous ne parlerons pas ici des nombreuses publications qui traitent de cette question. Jusqu'à présent, l'explication définitive rendant compte de tous les faits manque encore. En résumé, il existe deux possibilités: 1° la différence entre les deux formes de bilirubine est déterminée par le milieu {formation de sels, combinaisons avec les albumines par adsorption, etc) : 2° la différence réside dans le substratum, c’est-à-dire dans la molécule de bilirubine. Cette dernière question peut être résolue par la détermination précise du spectre quantitatif de l’azo-pigment des deux formes de la bilirubine. Des modifications de la molécule de bilirubine occasionnent, même si elles sont faibles, des différences susceptibles d’être décelées par des mesures quantitatives dans les phénomènes d’absorption.
Au spectroscope les pigments biliaires vrais donnent une absorption complète du spectre dans toute sa partie droite, depuis la raie F, c’est-à-dire pour tout le bleu et le violet.
La recherche chimique des pigments biliaires s'effectue encore par un grand nombre d’autres techniques. Nous ne
io
mentionnons que la méthode de GILBERT, HERSCHER et POSTERNACK, basée sur les observations de HAyEM: Si l’on superpose du sérum à l’acide nitrique, il se forme un anneau de précipitation protidique au niveau du contact des deux liquides. Le sérum contenant de la bilirubine donne une zone inférieure à liséré bleuâtre et à reflets verts.
La méthode de FoucHET, beaucoup employée en France repose sur le fait suivant: Le système Perchlorure de fer acide (acide trichloracétique) produit une réaction d’oxydation de la bilirubine, s’effectuant avec une grande rapidité et un maximum d'intensité.
La technique de CHABROL, CHARONNAT et Busson (100) utilise la transformation en milieu acide, de la bilirubine en biliverdine par un oxydant, l’eau oxygénée. Pour empêcher la précipitation des albumines le milieu est additionné d’une forte quantité d’acide phosphorique. On compare à un étalon constitué par une solution titrée de sulfate de nickel ou mieux: de sulfate de nickel à 5% — 100 ec. + bichromate détpotasse 259700 —"<0,5"Cc.
FIESSINGER et WALTER composent l’étalon par le mélange des solutions de bichromate et d’orangé.
CHirAY, LEBON et MICHOLEVITCH indiquent une technique dérivée de la méthode cholémimétrique de GILBERT et