‹ Sur quelques MyrionémacéesChapitre 6 sur 22 · MYRIONEMA POLYCLADUM noOY. Sp · texte numérisé non relu

MYRIONEMA POLYCLADUM noOY. Sp

Cetle espèce, recueillie le 19 septembre 1895 à Gijon, formait sur les réceptacles d’un Fucus serratus, ou sur la partie de la fronde voisine des réceptacles, des taches orbiculaires d’un brun foncé, dont les plus larges mesuraient o millimètres de diamètre. Les individus étudiés étaient adultes, entiers, non ocellés.

Le thalle rampant, régulier, correspond tout à fait au dessin B de la figure 2 du Myrionema vulgare; les files radiales ont une largeur de 4-6 vu.

Les poils, moins nombreux que dans le M. vulqare, sont endogènes, et la gaine forme à la base de la zone d’accroissement une {rès courte et très mince collerette peu visible. Au bord du thalle rampant, les très jeunes poils sont sessiles (fig. 13, D), mais dans les parties âgées, ils sont bien plus fréquemment portés par une ou deux cellules, ou même insérés latéralement sur un filament dressé. Ce pédicelle n’est pas dû à la zone d'accroissement du poil, car la pelite gaine caliciforme est toujours à la base de celle-ci. Ils atteignent environ 2 millimètres de longueur ; les cellules âgées mesurent 80-120 v sur 6-9 y (fig. 13, D, E).

Les filaments dressés, adultes, cylindriques, ont généralement 6-7 u de largeur et les cellules à un ou quelques chromatophores en disque sont 1 1/2-2 fois plus longues que larges, mais souvent la cellule terminale est renflée et mesure 10 w. Parfois, cette cellule terminale, renflée ou non, renferme un contenu brun semblable à celui que nous avons signalé chez le AZ. vulgare, et qui s'y trouve probablement aussi par migration de la substance sécrétée. De chaque cellule rampante s'élève un el souvent deux filaments dressés. À l’état jeune, ceux-ci (fig. 13, A el B) sont englobés jusqu’à leur sommet dans une matière gélatineuse, incolore, pectique ; lorsqu'ils sont plus longs (fig. 13, C, F), la matière pectique n’atteint généralement pas leur sommet. Il n'y a pas une gaine propre à chaque filament, mais une masse gélalineuse commune à tous. Plus tard, la matière pectique se contracte, on n’en trouve plus entre les filaments dressés, mais seulement contre ceux-ci, sous forme d’un revêtement adhérent, transparent, qui peut passer inaperçu si l’on étudie sans réaclifs; mais avec le rouge de Ruthénium, le sommet du filament, resté en dehors de la masse pectique primitive, se colore légèrement, tandis que la base se colore violemment, plutôt avec trop d'intensité.

Je n'ai pas vu de sporanges uniloculaires, mais la plante élait pourvue de nombreux sporanges pluriloculaires. Ils ne sont point sessiles sur le thalle rampant, mais portés par un

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Fig. 13. — Myrionema golycladum (sur Fucus serratus, Gijon, 19 septembre 1895). A,B, Files radiales jeunes montrant l’origine des filaments dressés; C, État un peu plus âgé que A et B; D, E, Poil jeune et poils adulles sessiles et pédicellés; on voit à la base une mince et courte collerette; F, Filaments d'âge moyen avec sporauges pluriloculaires ; G, H, J, Filaments dressés ramifiés et sporanges pluriloculaires ; K, Divers exemples de filaments dressés de la région centrale à sporanges pluriloculaires (A à K, Gross. 300).

court pédicelle, ou bien terminent un filament, ou bien sont insérés latéralement. Rien n'indique que les plantes jeunes aient des sporanges sessiles. Dans les parties un peu âgées, la plupart des filaments dressés se terminent en sporange, ou présentent une ou plusieurs ramifications terminées par un sporange. Dans la région centrale, où la hauteur totale peut atteindre 150-175 y, ils sont simples jusqu’à une cerlaine hauteur, puis se ramifient abondamment ; ils sont alors au contact par leur portion simple, et se séparent avec quelque difficulté ; par la dissection, on isole de petits faisceaux denses de ces filaments parallèles qui, à leur sommet, s'épanouissent en éventail par l’écartement naturel des rameaux ; on isole les filaments constituants en les comprimant sous une lamelle (fig. 13, K). Les sporanges ont 20-40 y de longueur sur 5-7 y de largeur; leurs logettes, très courtes, ont 3-4,5 w de hauteur. Les sporanges emboîtés sont fréquents ; souvent aussi un filament, terminé lui-même par un sporange, s'élève à l’intérieur d’un sporange vidé.

‘Le 27. polycladum n’est pas sans ressemblance avec le M. vulqare, particulièrement avec la forme à méiosporanges de Gijon, et les figures E et F de celle-ci (fig. 9) correspondent assez bien aux dessins G, H, J de la figure du M. polycladum. Toutefois, les caractères suivants sont spéclaux à la plante qui croîl sur le Fucus serratus el me semblent justifier sa séparalion comme espèce :

1° Une gelée pectique, abondante au début, qui rappelle celle du S/repsithalia, et mieux encore celle moins constante de l’'Ulonema, revêt plus tard les filaments dressés d'un dépôt adhérent ;

2° Les poils, sessiles ou pédicellés, ont une gaine courte et peu visible, tandis qu'elle est toujours très nette et plus longue chez le M. vulgare ;

3° Les exemplaires de M. vulgare, riches en sporanges pluriloculaires, en ont loujours un grand nombre qui sont sessiles, tandis que dans le 7. polycladum, je les ai toujours vus pédicellés ;

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4° Les exemplaires de M. vulqare qui possèdent simultanément des filaments dressés et des sporanges pluriloculaires, ont aussi toujours des sporanges uniloculaires, tandis que ces derniers sont encore inconnus dans le A.polycladum ;

5° Dans la partie centrale des individus âgés de 47. polycladum, les filaments dressés, ramifiés à leur sommet, se réunissent en faisceau par leur portion inférieure, longue et restée simple.

Parmi les espèces décrites par M. Reinke [89,1 et 89,2|, c'est avec le Wicrospongium gelatinosum que le Myrionema polycladum à le plus de ressemblance, d'autant plus que les deux plantes croissent l’une et l’autre sur le Fucus serratus. Mais, entre autres différences, le Microspongium gelatinosum a un thalle rampant diplostromatique, tandis que celui du Myrionema polycladum est monostromatique. Quant à l’Ascocyclus globosus (Myrionema Foslie),ses productionsdressées sont beaucoup plus écartées et ne produisent pas de matière gélalineuse.

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