‹ Sur quelques MyrionémacéesChapitre 9 sur 22 · III. — HECATONEMA nov. gen · texte numérisé non relu

III. — HECATONEMA nov. gen

HECATONEMA MACULANS Sauvageau mscr.

Synonymie :

Phycocelis maculans Collins, 1896.

J'ai vu cette espèce sous trois formes reliées l'une à l’autre par d’insensibles passages, et qui sont très probablement trois élats successifs. Mais il est aussi fort possible que, dans certaines conditions, comme on le verra plus loin, les deux formes correspondant à l'état jeune et à l’élat moyen, ne se développent pas davantage, ne peuvent acquérir les caractères de la plante complète. C'est pourquoi, dans l’intention de faciliter les recherches et la détermination, J'ai cru utile de les décrire séparément.

Première forme. ‘:

Je l'ai trouvée sur des ÆRhodymenia palmata récoltés à Cherbourg, le 19 août 1857, à Saint-Malo, le 9 juillet 1872 et le 23 juillet de la même année, à Saint-Vaast-la-Hougue, le 18 août 1897, et sur un U/va Lactuca récolté à Saint- Vaast-la-Hougue le 18 août 1897. Ces Algues portaient de nombreuses taches de Myrionémées; je les ai citées précédemment à propos du Myr. vulgare. Mais, tandis que le Myr. vulgare forme des taches nombreuses, rapprochées l’une de l'autre, se soudant souvent l’une à l’autre, j'ai toujours vu l’'Hecatonema maculans à l'état isolé, pour ainsi dire sporadique, formant une tache cà et là, en des points rares et éloignés; les plus larges ne dépassaient pas 2 millimètres. L'Hec. maculans se reconnaît facilement sous le microscope à dissection, car les files radiales du thalle rampant sont

plus larges. Souvent, le centre du disque porte denombreux filaments dressés, touffus, des poils, des sporanges pluriloculaires, tandis que le pourtour forme une large bordure nue. La cellule terminale, de méristème, de chaque file radiale, remplie par un protoplasme plus dense, produit une ligne sombre, marginale, très nette.

Thalle rampant. — Sur une plante à accroissement normal, les files radiales sont d’une remarquable régularité (fig. 18, À); elles sont au contact l’une de l’autre, ont 8-16 de largeur, sont formées de cellules de longueur égale à 1-2 fois la largeur. La cellule de méristème qui va se diviser s'étale souvent, s'infléchit au milieu, comme dans le Myr. vulgare, mais on ne voit pas la dichotomie en deux cellules séparées qui est la règle pour cette espèce, car l'espace manque pour que les cellules puissent rester écartées. Il se fait done, perpendiculairement à la cloison transversale dernièrement formée, une cloison longitudinale commune aux deux cellules sœurs, ou bien il se fait une cloison convexe vers le bas, qui va rejoindre la paroi longitudinale latérale. Si le disque rampant a un vide à boucher (fig. 18,B), les dichotomies sont plus fréquentes, et les files radiales s’étalent en éventail. Enfin, il se produit aussi des anomalies, dans le cas de réparalion de blessures ; les ramifications perdent leur régularité, les files radiales ne sont plus au contact, et les cellules sont plus larges (fig. 18, C).

Les cellules rampanties renferment plusieurs chromatophores, au moins six, qui sont de petits disques, peut-être des grains; je n'ai pas su en déterminer la forme exactement. |

La plante est peu adhérente au substratum, mais les individus d'une certaine taille ne s’enlèvent que difiicilement d’une seule pièce, car les files radiales présentent peu de cohésion entre elles. Je n'ai jamais vu de rhizoïdes, mais il y a parfois des irrégularités sur la face inférieure (fig. 18, D).

La paroi supérieure des cellules rampantesest plus épaisse. que les autres. Certaines cellules restent simples ; d’autres

prennent une cloison parallèle à la base (fig. 18, D), plus rarement une cloison oblique (fig. 18, G); on trouve ainsi plusieurs cellules à la file, qui sont doublées. D'une manière générale, celles qui supportent une production dressée sont doubles, mais à ceci il y à de nombreuses exceptions, et il n'est pas rare que des productions dressées s'appuient sur une unique cellule. La hauteur des cellules simples, souvent plus faible que celle des cellules doubles, leur est parfois égale; elle varie, dans les deux cas, de 10 à 20 p.

Poils et filaments dressés. — Les poils apparaissent de bonne heure. Ils sont sessiles ou portés par une ou deux cellules. Une protubérance à parois latérales assez épaisse et à paroi du sommet mince s'élève du thalle rampant ; si le poil est pédicellé, il se forme une ou deux cloisons transversales intérieures (fig. 18, E, F), et la cellule supérieure s’allonge et reprend ses dimensions pour devenir cellule mère du poil ; sinon, il ne s’en forme pas, et la cellule mère du poil reste simple pendant quelque temps. Puis, apparaissent alors de minces cloisons transversales qui se développent de haut en bas comme dans le Myr. vulgare, isolant finalement la cellule inférieure de méristème, plus haute que les autres (fig. 18, G, H). Ensuite, un clivage se fait dans la paroi de la cellule primitive, les cellules terminales s’allongent, traversent la paroi, qui reste à la base du poil comme une gaine caliciforme. Tout ceci est conforme au Myr. vulgare, mais plus net encore, à cause de la plus grande épaisseur des parois. D'abord très nettement conique (fig. 18, J, K), le poil devient cylindrique par le remplacement successif des cellules (fig. 18, L); le poil jeune est beaucoup plus obtus dans le Myr.vulgare. Les poils atteignent 2 millimètres de longueur; les cellules âgées mesurent 100-170 & sur 10-14 y. Les parois minces transversales de la zone d’accroissement du poil sont souvent légèrement convexes vers le haut; la figure 18, M, dessinée à un plus fort grossissement, montre la partie inférieure d'un poil. Le cloisonnement se fait toujours dans la même direclion, comme le montre la position

EE à LE ie EE =

ue me Lee; CRT

Page 1