V. — CUIVRE
Sels cuivreux.
Comme l’a montré Mitscherlisch (?)}, le sous-chlorure de cuivre se dissout facilement dans une solution de chlorure alcalin, potassium et sodium, et par évaporation on obtient des cristaux de sel double.
Chlorure double de cuivre (minimum) et de potassium Cu? CI, 2K CI. — Ila été obtenu par Mitscherlisch. Ce sel cristallise en octaèdres réguliers isomorphes avec le chlorure de potassium.
Chlorure double de cuivre (minimum) et de sodium Cu?CIl,2NaCl. — Mitscherlisch lui attribue la même formule qu’au précédent, mais n’a pu l’obtenir en cristaux définis. Ce sel est très déliquescent et se décompose avec une grande facilité.
Chlorure double de cuivre (minimum) et de lithium.— J'ai dissous très facilement du chlorure cuivreux dans une solution concentrée chaude de chlorure de lithium, en ayant soin d'opérer à l'abri de l’air et en prenant toutes les précautions que j’ai décrites à propos du chlorure double de fer. J'ai entrevu des cristaux incolores, transparents, octaédriques; mais il m’a
(1) Merricx, Jahresbericht, 1856, p. 251.
(?) Mrrscneruiscn, Ann. der Chem. und Pharm., t. LXXII.
No
été impossible de les obtenir : sitôt qu’ils touchaient le papier, ils devenaient opaques, blancs, par suite de leur dissociation et de la formation du sous-chlorure de cuivre.
Si on les laissait dans le ballon, à égoutter, ils ne tardaient pas à se décomposer sitôt qu'ils ne baignaient plus dans leur eau mère, et si l’on n'avait pas la précaution d'opérer à l’abri de la lumière, le sous-chlorure formé se décomposait pour donner naissance aux sous-sels violets qui se forment dans ces conditions.
Sels cuivriques.
Chlorure double de cuivre et de lithium 2CuCl, LiCI, 5HO. — Lorsqu'on mélange des équivalents égaux de chlorure de cuivre et de chlorure de lithium et que l’on se sert de solutions concentrées de ces deux sels, on s'aperçoit que, si l’on verse la solution de chlorure de lithium dans la solution limpide de chlorure de cuivre, cette dernière se trouble. Elle laisse déposer des aiguilles vertes qui, s’enchevêtrant les unes dans les autres, forment un magma solide qui permet de retourner la capsule et ne laisse tomber que quelques gouttes de liquide. Si l’on essore ces aiguilles et qu'on les sèche, on constate à l'analyse qu’elles sont formées de chlorure de cuivre cristallisé. |
Si, au lieu de séparer la liqueur et le magma cristallin, on évapore le mélange dans le vide sur l’acide phosphorique, ou même au bain-marie à 100°, les aiguilles vertes ne tardent pas à se dissoudre, et l’on obtient bientôt une liqueur rouge brun qui laisse déposer des cristaux transparents grenat, constitués par le chlorure double de cuivre et de lithium 2 Cu CI, LiCI + 5H0O.
Ces cristaux peuvent être essorés et desséchés rapidement, sans se décomposer, dans une atmosphère privée d'humidité; on ne peut les conserver que dans un flacon sec et bien bouché.
Abandonnés à l’air libre, ils se décomposent, deviennent opaques, verdissent et, lorsqu'on les examine de près, on voit qu'ils sont formés d’un feutrage de fines aiguilles vertes constituées par du chlorure de cuivre; le chlorure de lithium, ayant attiré l'humidité de l’air, forme une très petite quantité de liquide sirupeux qui pénètre le papier où les cristaux sont exposés.
Lorsqu'on les chauffe rapidement vers 130°, ils fondent dans leur eau de cristallisation et donnent une solution brun foncé, presque noire.
rose
Si l’on augmente la température, l'eau s'évapore et le sel ne tarde pas à se décomposer en laissant dégager du chlore. M. Troost a, du reste, démontré que le chlorure de lithium se décomposait de même dans ces conditions.
Lorsqu'on laisse refroidir avant la décomposition cemplète, ou obtient une masse opaque de couleur brune.
Si l’on chauffe ce sel lentement dans un courant d’air sec, ou si on l’expose à l’étuve, l’eau de cristallisation est entraînée vers 110°-120°; les cristaux deviennent opaques et de couleur brun clair, formés par de petites lamelles très friables ; ils perdent de l’acide chlorhydrique, et, lorsqu’on les reprend par l’eau, il reste au fond du vase un dépôt insoluble verdâtre, constitué par un oxychlorure de cuivre.
Cette formation d’oxychlorure est conforme aux principes de la Thermochimie.
Il y a d’abord dissociation du chlorure de lithium chauffé en présence de l’eau de cristallisation, avec formation de lithine et d'acide chlorhydrique qui se dégage. |
La lithine réagit alors sur le chlorure de cuivre pour former de l’oxyde de cuivre et du chlorure de lithium avec un dégagement de chaleur de 19%, 4, d'après l’égalité suivante :
THOSE Cu GI = Cu OEM CI Cal Cal Cal ca 19°, 4.