CHAPITRE II
Observations.
Nous avons réuni dans les pages suivantes plusieurs observations dont la plupart ne nous sont pas personnelles. Nous devons celles-ci à la grande obligeance de MM. Libert, Coulaud et Damas, auxquels nous sommes heureux, au seuil de ce chapitre,d’adresser nos très vifs remerciements.
OBsErvaTION [ (Mme T...)
Les D Damas et Libert nous ont communiqué l’observation de cette malade que nous avons pu examiner avec eux, et chez laquelle, contrairement à la règle, les adénopathies médiastines semblent bien avoir entraîné, par compression de divers organes, des symptômes fonctionnels particuliers.
Mme T... est âgée de 48 ans. Elle est née à Paris et y a toujours vécu depuis lors.Dans ses antécédents personnels, on mentionne l'existence d’une ptose gastrique et d’un eczéma chronique. De plus, la malade, il y a cinq ans, s’est plainte de vertiges, vraisembiablement occasionnés
TT pär une olorrhée chronique, dont l'écoulement ne s’est tari qu'après un évidement pétro-mastoïdien pratiqué en juin 1934. La nature bactériologique de cet écoulement n’a pas été précisée.
Mine T... a un fils âgé de 25 ans, porteur depuis plusieurs äunées d’adénopathies cervicales mulliples et suppurées. Le dernier abcès à été ponctionné en novembre 1933 ; sans qu'il soit possible d’être absolument affirmatif à cet égard, il semble bien que l’on puisse admetire la notion d’une contamination de ce jeune homme par sa mère, atteinte d’une bacillose discrète et ignorée d'elle, mais accompagnée par moments d’une expectoralion bacillifère. Il est curieux aussi, sans que nous voulions tirer de ce point des conclusions autrement précises, d'observer la localisalion ganglionnaire de la tuberculose chez la mère et chez le fils et de se poser une fois de plus la question du terrain familial dans le déterminisme des localisations morbides.
Au mois d'avril 1931, la malade consulte pour la première fois le D' Damas, se disant fatiguée, manquant d’appétit. Elle tousse un peu, sans que cétte toux n'offre d'ailleurs de caractères particuliers ; on né constate ni fièvré, niexpectoration, ni amaïigrissemént.
Une radiographie du 4 mai montré un point G un peu abäissé, un arc inférieur saillant. On note une légère scoliose ét l'existence d’une calcification linéaire longue dé déux centimètres environ sur le cliché, obliquement dirigée de haut en bas et de droite à gauche, siégeant dans la partie interne et supérieure du champ pulmonaire gauche, au voisinage immédiat de la.crosse aortique.
A. Bodin 2
Lite, | TOI
La malade est alors perdue de vue. Elle revient consulter en juin 4933 pour des troubles de la voix.
A ce moment, elle présente en effet de la dysphonie, variable d’ailleurs d’un jour à l’autre. L'examen du larynx ne montre aucune lésion de la muqueuse, mais une corde vocale gauche en position médiane. Le diagnostic de paralysie récurrentielle gauche est évident.
A partir de juillet 1933, la malade est adressée par le D' Damas à divers services ou consultations hospitalières pour préciser par des examens spéciaux le diagnostic éliologique.
Un examen hématologique montre à ce moment une
formule sensiblement normale. \ Globules rouges........ ST RE 4.980.000 Globules /Dfancs)® APN 8.000 Polynucléaresmeutrophites 00e 08102 Poiynucléaires éosinophiles. ...... IS
Une réaction de Bordet-Wassermann se révèle négative.
Une réaction de Vernes à l4 résorcine donne un coefficient égal à 14.
Un cliché du thorax montre le 28 juillet une sclérose des deux sommets, surtout marquée à gauche. A droite, on note une condensation périscissurale. Les deux bases pulmonaires sont libres. Au niveau du hile supérieur gauche, existence de gros ganglions calcifiés et de petits ganglions fibro-crétacés dans le hile droit.
Devant l'impossibilité d'éclairer par ces constatations
l'étiologie de la paralysie récurrentielle gauche, on pense