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Après avoir établi l'existence d’une adénopathie médiastine de l'adulte, le médecin doit aborder un second point, et souvent plus délicat, du diagnostic, qui consiste à établir sans conteste possible la nature tuberculeuse de cette adénopathie.
A cet égard, MM. Chabaud et Rist exigent « qu’elle ne puisse être rapportée à aucune autre cause : maladie générale, syphilis, cancer, anévrysme artériel, suppuratioh rhino -pharyngée ou trachéo-bronchique, maladie aiguë de l’appareil pulmonaire. La cuti-réaction ne peut être ici d'aucun secours si elle est positive ».
La réponse à cette question pourra d’ailleurs être aussi fournie par l'examen hématologique, par là recherche de la sédimentation globulaire, par la réaction de Vernes à la résorcine, par la coexistence d’un foyer parenchymateux et d’une expectoration bacillifère ou par la constatation d’adénopathies dans d'autres territoires, où elles seront plus facilement accessibles à l'examen et pourront être prélevées par biopsie en vue d’examens histologiques ou bactériologiques. Cependant, même en recourant à toutes ces méthodes, le diagnostic pourra rester pendant longtemps fort difficile avec certaines formes de la maladie *de Hodgkin. On sait d’ailleurs, et nous nous garderons de discuter ici en détail cette question, qui nous écarterait de notre sujet, que certains auteurs (Faure-Baulieu, Mile Brun, Marchal) ont trouvé dans les adénopathies du type Hodgkin tous les aspects d'évolution attribués aux formes filtrables du bacille
tuberculeux (Marchal reproduit même expérimenta-
lement en partant de fragments prélevés par biopsie les différentes lésions de la maladie de Hodgkin. D’autres auteurs ont souligné la fréquence avec laquelle tuberculose et maladie de Hodgkin étaient associées chez le même malade. Nous nous bornerons pour notre part, sans vouloir prendre parti, à signaler les difficultés que peut présenter ce diagnostic et à en
donner comme exemple l'observation suivante.
OgsenvarTion V (M... Jacques).
Le jéune M... Jacques est âgé de 18 ans en 1933 ; garçon de café, il n’a cessé de mener à Paris dès son jeune âge une vie des plus actives.
Dans ses antécédents, tant personnels que familiaux, on ne relève rien d'important. Un frère, une sœur bien portants, parents également en bonne santé.
En octobre 1933, le malade présente un épisode fébrile ayant duré 10 jours environ, avec toux et expectoration muqueuse banale. Un médecin consulté en ville ne trouve à l'examen que quelques sibilances et râles diffus de bronchite. Ces phénomènes s’amendent du reste rapidement. La température revient à la normale. Toutefois, il persiste une petile toux quinteuse, maxima d'intensité le matin au réveil, avec à certains moments la reprise caractéristique de la toux coqueluchoïde. Le même praticien incrimine une irritation laryngée dont il ne peut déterminer l’origine et prescrit un traitement symptomatique ; malgré gargarismes, inhalations, la toux demeure rebelle.
En novembre, de plus, il apparaît une douleur diffuse
au niveau de la région scapulaire droite,avec un maximum d’intensilé au niveau du deltoïde et de la fosse sus -épineuse en arrière. La douleur irradie par intermittence vers le bras droit.
Bientôt viennent se joindre aux signes précédents de nouvelles manifestations de toute première importance.
La voix s’éleint en quelques jours, il existe une aphonie presque complète, transitoire d’ailleurs. Concurremment et progressivement apparaît une bouffissure du visage. Un prarit intense interdit tout sommeil au malade,
Justement inquiet de l'apparition de ces phénomènes et la pesée indiquant un amaigrissement de 5 kilos, le jeune M... vient consulter au dispensaire Fartado-Heine. Il ÿ est examiné par le D' B..., qui constate, outre les phénomènes d’œdème de la face, tous les signes d’un épanchement pleural droit, et la présence d’un ganglion de la grosseur d'une noisette daus la région sus-claviculaire droite. Pensant à un processus tuberculeux au début, le Dr B... adresse le malade au Dr Libert.
Celui-ci, sans rejeter d’une manière formelle la possibilité d’une étiologie tuberculeuse, hésite cependant, considérant la nature exceptionnelle de ces faits, à rattacher à la même cause le syndrome de compression médiastinale présentée par le malade. Et comme d'autre part, quelques jours après, de nouvelles adénopathies apparaissent, multiples, on pense à une maladie de Hodgkin.
Le malade entre dans le Service du professeur Carnot pour que soient pratiquées les recherches complémentaires qui s'imposent.
A son entrée le 8 mai 1934, on est en présence d’un
malade pâle, amaigri, fatigué par l’insomnie, quoique le
prurit se soit atténué, légèrement dyspnéique.
La face est discrètement cy;anosée. Elle est le siège d’un œdème important prédominant à droite. L’œil, de ce côté, s’ouvre avec difficulté. L’œdème, de consistance élastique, descend vers le cou, s'étale en pélerine au niveau des épaules et de ia région supérieure du thorax. On note à ce niveau l'existence d’une légère circulation collatérale. |
Ces signes s’accentuent lorsqu'on fait pencher le malade en avant.
En outre, l’examen des territoires ganglionnaires révèle une adénopathie généralisée. Il existe : un petit ganglion dans le creux sus-claviculaire gauche ; à droite dans la même région {rois ganglions, dont l’un atteint la grosseur d’une noix,
Des ganglions sont palpables dans la région sous-angulomaxillaire droite ; de mème dans le creux de l’aisselle, des deux côlés.
Il n’en existe pas plus que normalement dans les régions inguinales.
Ces différents ganglions sont durs, lisses, indolores, roulent sous le doigt, sans périadénite.
La rate n'est pas palpable.
La voix est couverte, la toux ferme, rappelant à tous égards une toux de compression,
Les bruits du cœur sont normaux, le pouls bat à 80, la température est à 3708, les urines ne contiennent ni sucre ni albumine, la tension artérielle au Vaquez donne 13 8/2.