‹ Sur quelques peintres de SienneChapitre 10 sur 13 · NEROCCIO DI BARTOLOMMEO LANDI · texte numérisé non relu

NEROCCIO DI BARTOLOMMEO LANDI

Neroccio appartenait à la famille noble des Landi, à laquelle s'était allié par son second mariage Francesco di Giorgio Martini. L'un et l'autre, sans doute, reçurent des leçons du Vecchietta, et

ŒUVRES. — Sienne. — Musée, salle VI : n» 8, Madone, avec l'Enfant, sur un trône, entourée de six saints : saint Pierre, saint Sébastien, saint Jean-Baptiste, saint Louis, saint Bernardin et saint Paul, signé et daté : Opus Nerocii de Senis. MCCCCLXXXX 1 1 ; n° 1 1 , Madone, avec l'Enfant, saint Jérôme et saint Bernardin; n° i3, Madone, avec l'Enfant sur les genoux, saint Bernardin et sainte Catherine; n» 14, Madone, avec V Enfant, saint Jérôme, sainte Catherine et deux autres Saints ; n° 19, Triptyque : au centre, Madone, avec l'Enfant; à dextre, saint Michel; à senestre, saint Bernardin, signé et daté: Opus Nerocci Bartolommei Benedicti de Senis. M.CCCC.LXX.VI; n° 3î, Madone, avec l'Enfant dans ses bras, saint Jean-Baptiste et une sainte; n» 26, Madone, avec l'Enfant, saint Jean et saint André. — Salle VII : n° 2, cassone : Triomphe de David (d'après Berenson); no 3, A nnonciation (fragment) (d'après Berenson). — Archives, couverture de registre: La Vierge recommandant Sienne (1480). — Cathédrale, pavement: Sybille hellespontique (1483). — Palais Seracini : Madone avec sainte Catherine et sainte Madeleine, Madone avec saint Jean-Baptiste et sainte Madeleine, — Confraternité de la Sainte-Trinité, sacristie supérieure : Madone avec saint Michel et saint Jean-Baptiste, attribuée aussi à Benvenuto di Giovanni.

Montisi, près de Sienne. — Eglise Pieve dell' Annunziazione : Madone trônant, avec l'Enfant Jésus, saint Paul et saint Jacques, saint Pierre et saint Louis, signé et daté sur le cadre : Opus Nerocii Bartolomei de Landis Senensis 1496. Ce tableau, dont ne parle pas Berenson, est signalé par MM. Rossi et Franchi. Dans la même église, Crucifixion entre saint Jean l'Evangéliste et des soldats à cheval ou assis, et la Vierge évanouie, soutenue par sainte Marie, saint Joseph d'Arimathie et d'autres sainis. Dimensions om57 X om2Ô; Martyre de saint

comme son maître, comme son condisciple, Neroccio fut à la fois peintre et sculpteur.

Lorsque, en 1468, à 3o ans, Francesco di Giorgio épousa Agnès Landi, Neroccio avait 21 ans. Tous deux travaillèrent en commun, car on a retrouvé, de l'an 1475, un compromis désignant un arbitre pour statuer sur les difficultés résultant de leur séparation. Ces difficultés ne furent point sans se régler amiablement, puisque, dès l'année suivante, nous voyons Francesco appelé à expertiser, avec Sano di Pietro, et les apprécier avec faveur, des ouvrages de Neroccio exécutés pour un certain Bernardino Nini. Mais il ne paraît pas que Neroccio ait accompagné plus tard Francesco dans ses pérégrinations diplomatiques et militaires. Selon M. L. Douglas, bien que Neroccio ait travaillé pour le duc de Calabre et les Bénédictines de Lucques, il ne dut pas quitter sa ville natale. Il ne semble pas non plus que Neroccio ait pris part, comme tant d'autres artistes de Sienne, aux luttes politiques qui agitèrent, avec une si incroyable violence, cette cité au XVe siècle. On ne trouve son nom dans aucun document du temps.

Quelques dates seulement précisent les étapes de son activité.

Sébastien, saint Sébastien conduit par deux soldats devant Dioctétien. Dimensions om6g X ora28. (Signalé par M. Prunaï).

Montepescini (Murto), à i5 kilomètres de Sienne. — Madone, avec l'Enfant cherchant à prendre une pomme dans la main de sa mère; saint Paul l'Apôtre, saint Bernardin, saint Louis roi, d"un côte; de l'autre, saint Pierre, saint Jean- Baptiste et saint Sébastien, signé et daté : Opus Nerocii de Senis 14Ç2. Dimensions )mi8 X im27. Médiocrement conservé (id.).

Rapolano (province de Sienne). — Chapelle de Saint-Bartholomé : Madone tenant embrassé l'Enfant, entre saint Louis roi et saint Antoine de Padoue. Dimensions im6i X im42 (id.1. — Collection du Syndic Mazzi : Madone (d'après M. L. Douglas).

Florence. — Offices : n° i3o3, dans la troisième salle de l'Ecole toscane : Prédelle, Histoires de saint Benoît, attribuée par le catalogue et Cavalcaselle à Francesco di Giorgio, attribution à Neroccio proposée par Bode.

Bergame. — Collection Morelli : n° 47, Madone.

Berlin. — Musée : no 63a, Madone, avec l'Enfant, un Evéque et sainte Catherine.

Francfort s /M. — Institut Staedel : n° 4, Madone, avec l'Enfant, saint Pierre et saint Paul ; n° 5a, Madone avec sainte Catherine et saint Sébastien (attri-

En 1467 et 1468, il travailla pour la Compagnie de Saint-Jérôme; il peint, en 1480, pour la municipalité, une couverture de registre; en 1483, pour la Compagnie de Saint-Jean-Baptiste un tabernacle; en 1484, une Madone au Palais Public et urte décoration d'autel pour le monastère de Sainte-Marie- Madeleine, hors la porte Tufî; en 1487, pour la chapelle Saint-Jean, une sainte Catherine, qu'il laisse inachevée.

J'emprunte la plupart de ces indications à la brochure de M. Pantaleoni, où l'on trouve quelques renseignements sur Neroccio. Les autres écrivains d'art ne paraissent pas s'être aperçus de l'importance de ce délicieux artiste. Vasari n'en parle point; Rio, qui a consacré tout un copieux et enthousiaste chapitre à l'école siennoise, dans son Art chrétien, ne le cite même pas, ce qui est bien étonnant; Mùntz le mentionne, en passant, d'un air dédaigneux; Lafenestre lui consacre, en même temps qu'à Francesco, une phrase (il est vrai qu'elle est assez heureuse) (1), et Bode sur Burckhardt {Cicérone) donne, avec de brèves appréciations, l'indication des œuvres de peinture et de sculpture qu'on peut lui attribuer. En ces dernières

bution douteuse, peut-être un Francesco di Giorgio, sous le nom de qui il figure au catalogue).

Meiningen. — Sainte Famille (d'après Berenson).

Paris. — Collection G. Dreyfus : Claudia; Collection Martin Le Roy : Tobie et l'Ange (signalés par Berenson).

Londres. — Collection Butler : Madone (id.).

New Haven (Etats-Unis). — Collection Jarves : n° 65, Annonciation (id.).

BIBLIOGRAPHIE. — Je ne connais point d'étude consacrée spécialement à Neroccio. Dans les Biografie degli artisti senesi, d'ETTORE Romagnoli, manuscrit donné par l'auteur à la Bibliothèque de Sienne et y conservé, voir pour Neroccio , vol. V, pp. 75 à io3.

(1) « L'indifférence scientifique surprend plus encore chez les imitateurs (du Vecchietta), Francesco di Giorgio, l'un des ingénieurs et des architectes les plus remarquables du temps, et chez Neroccio di Bartolomineo, tous deux si bien disposés à prendre part au mouvement de leur temps sous d'autres rapports : le rêve délicieux, légué par leurs devanciers et pieusement conservé dans un milieu isolé, ne cessa de les tenir sous son charme alangui... n

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années seulement, les auteurs anglais qui se sont occupés de l'art siennois, MM. Berenson et Langton Douglas, Mme Lucy Olcott ont commencé une réaction contre cet étrange injustice.

En présence de cette indifférence de quatre siècles, j'ai quelque timidité à formuler mon enthousiasme, et, pourtant, je pense sincèrement, sans emballement ni paradoxe, que la Madone avec saint Jean et saint André, le n° 26 du Musée de Sienne, est l'une des choses les plus belles, les plus émouvantes, les plus exquises, les plus prestigieuses qui se puissent voir. J'y suis, à diverses reprises, retourné vérifier mon impression première, et toujours, de plus en plus, cette Madone m'enchanta. Est-ce bien à Neroccio qu'il faut en faire honneur? La comparaison avec ses autres œuvres me porte à croire que oui; je dois toutefois signaler que l'attribution est contestée par Berenson, dont on ne peut négliger l'autorité. Mais si elle n'est de Neroccio, de qui est donc cette page merveilleuse et quel est le nom qu'il nous faut répéter avec vénération ?

Les travaux du sculpteur sont assez rares. Une statue de sainte Catherine, en bois, exécutée, en iq65, pour l'oratoire de cette sainte; une autre en marbre, de 1487, pour la chapelle Saint-Jean, à la cathédrale, et le tombeau de Tommaso di Piccolomini del Festa, mort en iq83, en cette même cathédrale, et c'tst tout. Ajoutons-y le petit bas-relief au-dessus d'une porte de Fontegiusta, dont la paternité lui est disputée par Francesco di Giorgio. Il est bien joli et peut être aussi vraisemblablement attribué à l'un ou à l'autre, de même que les délicieuses histoires de saint Benoît, si fraîches de sentiment, si claires et délicates de couleur, qui se trouve aux Offices, ou la Madone de Francfort, car ces deux artistes ont eu le même maître : Lorenzo Vecchietta, ont travaillé ensemble et peuvent s'être influencés réciproquement.

Les œuvres du peintre sont un peu plus nombreuses. Et, pourtant, il semble certain que nous ne possédons plus qu'une partie des témoignages de son labeur. On n'a point retrouvé, par exemple, les divers ouvrages dont il est parlé dans les documents historiques rappelés au début de ces notes. Il est, d'autre part, vraisemblable que pendant les

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cinquante-trois ans de sa vie, Neroccio peignit autre chose que la vingtaine de petits tableaux que nous connaissons.

La couverture de registre, conservée aux archives, est d'une naïveté, d'une primitiveté déconcertante, si l'on songe qu'elle date de 1480. C'est le même sujet qu'avait traité, onze ans auparavant, Francesco : l'invocation du patronage de la Vierge pour la cité. L'on sait avec quelle ferveur impétueuse les Siennois se vouèrent à Marie ; son culte est mêlé à tous les jours glorieux ou mornes de leur République, et ce n'est pas un des traits les moins curieux de cette époque tourmentée que de voir avec quel zèle ils honoraient la mère de Dieu, au lendemain même des massacres et des sauvageries des partis en bataille. Neroccio est d'une gaucherie touchante : sa Vierge est une petite nonne à genoux, dans un paysage conventionnel, tenant sur un plateau, soutenu par des colonnes, une ville plus conventionnelle encore, mais dans laquelle l'artiste s'est efforcé puérilement de rappeler sa patrie par quelques silhouettes caractéristiques de monuments familiers. Elle tient dans sa droite, la petite Vierge enfant, une banderole qui profère : Hec. est. civita. mea, et lève les yeux d'un air confiant vers le Christ qui apparaît dans une gloire au milieu des nuages...

Cette manifestation de piété civique est bien jolie; mais ce n'est qu'une image curieuse. Les tableaux du Musée sont autrement importants. Ce sont tous des Madones, si j'en excepte le cassone et le fragment de V Annonciation sur fond d'or, classés parmi les inconnus dans la salle VII, que Berenson croit pouvoir attribuer à Neroccio, et qui, en tout cas, n'ont qu'un intérêt relatif. Ce sont encore des Madones que les Neroccio du Palais Seracini et ceux du Musée Staedel,à Francfort. C'est encore une Madone que le Neroccio, de Berlin; que celui de Bergame, dans le legs Morelli; que celui qui décore la sacristie supérieure de la confrérie de la Sainte- Trinité, à Sienne. Et toutes ces Madones sont d'une ordonnance presque identique, car les moyens du peintre sont restreints et son imagination médiocre. Il ne paraît pas avoir cru pouvoir consacrer son pinceau à autre chose qu'à cet unique tableau de sainteté. On ne trouve pas un

portrait dans son œuvre. On n'y trouve pas non plus un seul de ces sujets inspirés par l'Histoire sainte : Nativité, Adoration des Mages, etc., qui permettaient à l'école florentine contemporaine de si luxueuses évocations de la vie. La vie, Neroccio semble l'avoir ignorée ; par impuissance ou par goût, il se confina dans la représentation de la Madone, qui restait, à Sienne, ce qu'un artiste pouvait faire de plus excellent. A le comparer aux savants, complexes et raffinés maîtres toscans d'alors, le pieux et tendre Siennois paraît ainsi de talent pauvre et fâcheusement démodé; mais, après si longtemps, il ne nous importe plus que sa manière fût stagnante ou réactionnaire ; nous lui demandons seulement de nous émouvoir et de nous toucher.

Or, ses Madones monotones ne lassent point et leur contemplation doit être, pour tout cœur religieux, une fête infinie. On leur trouve, d'ailleurs, après quelque étude, une réelle variété. Non cette variété seulement formelle qui fait changer l'attitude, le geste, la parure, les saints qui l'entourent, parmi lesquels se retrouvent fréquemment saint Bernardin et sainte Catherine, ces deux dévotions populaires locales, mais une variété qui résulte de la diversité des expressions individuelles des figures. Ce ne fut, sans doute, pas le même modèle qui posa devant son pinceau ; il est même permis de se demander s'il en eut et s'il ne négligea pas totalement la réalité pour embellir et idéaliser, au gré des fantaisies de son âme, les visages de son rêve : ses Maries sont si essentiellement des Madones, et si peu des femmes...

Il serait fastidieux, assurément, de les décrire toutes. Attachonsnous à la plus belle, en laquelle nous retrouverons maint trait des autres. La Vierge est vue de face, à mi-corps, assise, légèrement tournée vers sa droite, dans un fauteuil (i) dont on voit, à senestre, le

(1) Je me sers de ces termes approximatifs faute de mieux. Notre chaise moderne est sans bras et avec dossier. Au moyen âge et au début de la Renaissance, on usa fréquemment, au contraire, de sièges sans dossier et avec bras. Ceux-ci, selon la mode, étaient déformes très variées. Le morceau qui s'en aperçoit ici est à peu près idendique à celui qu'on voit dans la Madone avec saint Bernardin et saint Jérôme (n<> 11).

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bras sculpté. Elle tient sur ses genoux, de la main droite soulevant l'épaule, le Bambino nu, qui s'agite (i) et lui saisit d'une de ses menottes, la douce main maternelle qu'elle approche de lui. Derrière elle, à senestre, s'aperçoit la tête souffrante et majestueuse d'un vieillard en lequel on croit reconnaître saint André. De l'autre côté, en attitude révérante, se tient un éphèbe aux cheveux blonds et longs, dont le manteau écarlate laisse voir la tunique en poils de chèvre. Dans sa main droite, il tient une banderole à demi déroulée qu'il semble lire (2). La même conception de saint Jean-Baptiste, adolescent et presque féminin, devait, plus tard, être pour Léonard de Vinci, l'occasion d'un chef-d'œuvre. Les quatre figures sont légèrement nimbées.

La Vierge porte le long manteau traditionnel, descendant du sommet de la tète sur les épaules et sur le corps, et laissant voir la robe lâche, retenue à la taille par une chaînette d'or. Le manteau est de velours bleu, un bleu très sombre, nocturne, presque noir; la robe est de pourpre, bordée d'un galon d'or et la manche serrant et qui, attachée sous le poignet, laisse voir, par des crevés, des bouillons de satin blanc (3). La main est mince et longue, aux doigts fusjelés, d'une aristocratie extrême : une main de reine, la reine du ciel (4). Mais comment dire la beauté du visage, sa jeunesse, sa douceur et son mystère? A force de candeur, les Madones siennoises ont parfois l'air niais ; celle-ci est merveilleusement intelligente. Indulgente et bonne, mais perspicace; comme elle vous pénètre de ses yeux, si clairs sous les paupières mi-closes, de ses yeux ambigus qui semblent pour les terrestres douleurs, à la fois méprisants et compatissants.

Et comment dire encore la couleur, l'incomparable magnificence

(1) Cf. le Bambino dans le tableau de Berlin. Le mouvement des jambes notamment est presque pareil. Mêmes chairs grassouillettes, mêmes plis de graisse, même écartement, au pied droit, de l'orteil et des autres doigts.

(2) On peut y déchiffrer les lettres S A, et peut-être un G ou un O.

(3) Même mode dans la Madone de Berlin et dans celles de Sienne (nos 1 1 et i3).

(4) Mêmes qualités d'aristocratie des mains dans presque tous les autres tableaux attribués à Neroccio.

de la couleur? Saphirs sombres du manteau et grenats de la robe allument, autour des chairs pâles, un éclat sans égal. Du sang sur de l'or, du vin dans de l'or rappelleraient ces tons chauds et vermeils. Il semble que le tableau en soit tout incendié; et, dans la salle basse, il apparaît comme éclairé par les feux rouges d'un couchant; les faces des saints d'un ton fauve brun, un peu cuit, la Vierge, plus claire, surgissent dans un crépuscule doré ; de la lumière irradie du cadre; et l'on dirait que le fond d'or, patiné et sauré, sur lequel se détachent les personnages, est l'atmosphère naturelle d'un ciel embrasé.

Le fait de cette couleur me paraît être une des raisons qui pourraient faire douter, malgré tant de similitudes, de l'attribution à Neroccio. Car jamais, dans ses autres œuvres, il n'usa de ces colorations rougeâtres et mordorées, ardentes et profondes dont des équivalents ne peuvent se rencontrer que chez certains Vénitiens. La Madone avec saint Jean-Baptiste et une sainte (n° 22) est cependant très belle encore, à ce point de vue. La Madone avec saint Jérôme et saint Bernardin (n° 11), avec sa Vierge si délicate et amenuisée, au regard en dessous, est dans une harmonie, toute différente, de gris et de bleus clairs.

La Madone (n° i3), avec samt Bernardin et sainte Catherine et l'Enfant debout tenant un chardonneret, se rapproche davantage, par ses tons chauds et savoureux, du n° 26 : le Bambino très blond et la chair d'un rose jauni, comme doré, la Vierge en sa robe rouge cardinal et son manteau d'un bleu très sombre, la sainte entourée d'un voile gris perle aux plis sévères, le tout sur un fond vert d'eau. Quant à l'œuvre, inutile que je la décrive, puisque M. A. Danse a bien voulu la graver à l'eau-forte; on y remarquera, ce qui se constaterait aussi dans d'autres œuvres de Neroccio et qui est assez exceptionnel en ce temps, une préoccupation d'éclairage, c'est-à-dire de marquer que le sujet reçoit la lumière d'une source donnée.

Le talent de Neroccio fut mis à contribution pour l'exécution du pavement de la cathédrale, entreprise colossale à laquelle furent employés tous les artistes du XVe siècle. Il dessina une sybille hellespontique, qui est une figure bien drapée, mais rude et sans expression.

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Dès qu'il quittait ses Madones, ce peintre délicieux était sans verve et sans charme.

Milanesi nous apprend que Neroccio épousa en premières noces Elisabetta di Antonio Gigalini, morte en 1483, efën secondes noces, en 1493, Lucrezia di Antonio Paltoni. Il eut de celle-ci plusieurs fils, parmi lesquels Antonio qui fut peintre comme son père, mais dont aucune œuvre n'est identifiée avec certitude.

SODOMA. — Saint Sébastien.

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