PAIT H.AN
tique de la cité. Il semble toutefois qu'il en ait eu à souffrir, au début. Milanesi a mis au jour une lettre du 7 septembre 1483, d'une belle allure civique, que Francesco fut forcé d'écrire à la république pour se disculper d'une accusation calomnieuse. Mais, sauf cet incident, il ne connut que des honneurs.
On peut croire, sans grande certitude toujours, que son tableau de l'église Saint-Dominique est de la dernière partie de sa vie. On l'a longtemps attribué à Luca Signorelli qui vint, amené peut-être par l'amitié de Francesco, travailler à Sienne pour Pandolfo Petrucci, le tyran auquel se donna cette remuante démocratie quand elle fut épuisée par ses luttes. Une certaine fermeté dans le dessin, des tons de rouge sombre, divers détails rappellent, en effet, dans ce grand tableau, le puissant maître de Cortone.
C'est une Nativité. La Pieta qui, sur le même autel, se trouve au-dessus, la prédelle au-dessous, sont l'œuvre de deux autres peintres, peut-être Matteo et Fungaï. Un arc de triomphe, en ruines, d'un élégant style antique, forme un abri, au milieu d'un paysage accidenté, pour l'àne et le bœuf. Devant, saint Joseph en patriarche, assis sur des débris, et la Vierge à genoux qui prie en regardant l'Enfant nu sur la terre. A senestre, derrière Marie, deux bergers, un peu contorsionnés, en attitudes curieuses; à dextre, deux anges décoratifs, comme des jeunes filles, blondes et sveltes, du type affectionné par Francesco. Ils rappellent les anges de la Nativité de 1475, mais alanguis et aristocratisés par un reflet de la grâce sentimentale des peintres de Toscane et d'Ombrie.
En somme, je ne pense pas que Francesco di Giorgio, comme peintre, puisse être traité avec indifférence. M. Pantaleoni, l'un de ses biographes, en parle sans indulgence ; il conclut que si Francesco n'a point illustré sa patrie comme artiste, il l'a servie en bon citoyen, et eut comme ingénieur l'honneur d'avoir commencé la réforme des fortifications. J'espère que ceux de mes lecteurs qui, sur la foi des indications qui précèdent, voudront bien étudier les œuvres signalées, trouveront à Cecco d'autres titres à leur sympathie.
Ne quittons point la brochure de M. Pantaleoni, qui est épuisée
et difficile à rencontrer, sans en extraire quelques dates intéressantes pour les amateurs de biographies précises. Naissance, en septembre 1439; on a retrouvé l'acte de baptême, du 22 septembre 1439; mariages, en 1467, avec dame Cristofana di Cristofano de Campagnatico; en 1468, avec Agnese di Antonio di Benedetto Landi de Sienne. Condamné, en 1472, à 25 francs d'amende pour avoir pénétré la nuit, avec armes et échelles, dans le fort Saint-Léonard de Lecceto. Expertise, en 1476, avec Sano di Pietro, des travaux de Neroccio pour Bernardino Nini. Mort en i5o2 (et non en 1504. comme l'indique Lafenestre), en janvier sans doute, car on a retrouvé des documents du 9 février et du 5 mars de cette année, impliquant sa mort. Il avait eu de sa seconde femme sept enfants, trois garçons et quatre filles. Les remarquables travaux de MM. Donati, Rocchi, Rossi et Franchi, publiés à l'occasion de la célébration du quatrième centenaire de la mort de Francesco, fourniront aux chercheurs divers autres documents que je ne puis mentionner pour ne pas trop allonger ces notes sommaires.