FRANCESCO DI GIORGIO MARTINI
Francesco di Giorgio Martini est un peu moins oublié que les autres peintres siennois du XVe siècle, parce qu'il fut un ingénieur militaire remarquable. Il fut chargé par les ducs d'Urbin et la république de Sienne de divers travaux de fortification et d'attaque dans
Francesco ni Giorgio Martini ou Cecco di Giorgio, 23 septembre 1439- 17 août i5o2.
ŒUVRES. — Sienne. — Galerie de l'Institut provincial des Beaux-Arts, salle VI : n° i5, Suzanne au bain; n° 16, Joseph vendu par ses frères ; u" 17, Joseph fuyant la femme de Pharaon, panneaux endommagés (attribution incertaine); n° 20, Madone avec l'Enfant Jésus et un ange; n° 2 1 , Annonciation ; n° 23, Madone avec l'Enfant, saint Pierre et saint Paul; n° 20, Madone avec l'Enfant assis sur ses genoux et deux saints; salle VII : n° 8iVierge annoncée (attribution douteuse, omise par Berenson, proposée par Rossi et Franchi) ; salle X:n°4i, Nativité (1475), signé : Francise. Giorgii pinx.it, peint pour les Bénédictins hors la porte Tufi ; n° 44, Couronnement de la Vierge (1472), peint pour les Bénédictins de Monte Oliveto (v. Rossi et Franchi, pp. 217-218); n° 2q, Christ qu'on a crucifié attribution douteuse). — Eglise Saint-Dominique, sixième autel à droite : Nativité. — Palais Public, antisala del Concistorio, gradin d'autel : La prédication et les miracles de saint Bernardin (attribution douteuse, omise par Berenson, donnée par Rossi et Franchi) — Abbaye Saint-Eugène (Monistero), chapelle à droite de l'autel : Madone et deux anges (attribution douteuse, proposée par Berenson). — Archivio, couvertures de registres : Pie II faisant un de ses neveux cardinal (1460) ; Vierge protectrice de Sienne (1466), avec l'inscription : A l tempo de tremuoti.
Sovicille — Eglise Saint-Etienne, à Cerreto-Silva, sacristie: Madone avec Jésus et deux anges (signalée par Rossi et Franchi, d'après YInventario degli oggetti d'arte délia provincia di Siena).
Montalcino. - Palais Communal : Madone avec saint Paul, saint Pierre, Dieu le Père et des séraphins (id.).
Florence. — Offices : n° i3o4, gradin d'autel avec Trois histoires de saint
lesquels il s'acquit grande renommée. On lui attribue diverses inventions étonnantes et subtiles.
Mais ce point de vue est, pour nous, secondaire. Il ne le faut relever, pour Francesco comme pour Léonard de Vinci, que pour rappeler encore l'admirable universalité des talents des maîtres de ce temps. Cet homme de guerre fut peintre, architecte, sculpteur et, sans doute, orfèvre, comme l'avait été son père.
A dire vrai, on serait un peu embarrassé de juger ces aspects de son activité. On lui a attribué les plans d'un grand nombre d'édifices, mais les recherches historiques ont rarement confirmé ces traditions. Son œuvre architecturale connue se réduit à l'église de la Madonna del Calcinaïo, près de Cortone, qu'il construisit, en iq85, grâce à la recommandation de Luca Signorelli, avec qui il s'était lié, sans doute, à la Cour d'Urbin. Mais l'estime que lui accordaient ses contemporains est révélée par ce fait qu'en 1490, il fait partie d'un collège d'experts chargés de donner leur avis sur les plans pour la coupole du Dôme de Milan et est ensuite prié, avec Léonard de Vinci, par l'archevêque de Pavie, d'apprécier les plans de Bramante pour la cathédrale
Benoît : Saint Benoît recevant Totila, Saint Benoît faisant pénitence, Le Miracle du tamis brisé (attribuées par Bode et Berenson à Neroccio, affirmées être par Rossi et Franchi le gradin de la Nativité de saint Dominique).
Paris. — Louvre : n° 1640, cassone, Enlèvement d'Europe, classé parmi les anonymes de l'école italienne, xve siècle (attribution très douteuse, proposée par Berenson).
Francfort — Institut Staedel : n° 5a, Madone entre sainte Catherine et saint Sébastien berenson l'attribue à Nereccio).
Londres. — National Gallery : n° 1682, Vierge et enfants. — Collection Butler : Nativité, Vierge, avec saint Antoine, saint Jérôme et des anges (d'après Berenson).
Liverpool. — Musée : n° 20, Prédication de saint Bernardin (attribution douteuse, Pesellino? Benvenuto di Giovanni ? ).
Richmond. — Collection Cook : Nativité, Portrait de femme (d'après Berenson).
Crowe et Cavalcaselle indiquent encore, à Manchester, le n° 43, attribué à
de Pavie. En 1491, son projet de façade pour le Dôme de Florence fut classé troisième.
Quant à sa sculpture, elle est plus rare encore. Des documents de 148g permettent de le donner avec certitude comme l'auteur des deux délicieux anges de bronze qui, sur le maître autel de la cathédrale de Sienne, encadrent le tabernacle, œuvre de Vecchietta. Et s'il n'y avait point de documents, la grâce un peu sèche de jeune garçon, la sveltesse de l'allure, la coiffure en cheveux bouclés et comme houppés sur le front, le tortillement des plis des tuniques eussent révélé une grande parenté avec les anges que nous voyons en ses peintures. Ajoutons-y le charmant bas-relief qui se trouve au-dessus de la porte, extérieurement, de l'église Fontegiusta, à Sienne, qu'on attribue aussi à Neroccio ; et c'est tout.
Les peintures sont un peu plus nombreuses : une vingtaine en tout, et peu considérables, si l'on tient compte que Francesco a vécu soixante-trois ans. Il faut supposer, ou que son œuvre a disparu ou n'est pas identifiée, ou que ses multiples ouvrages de construction, de guerre et de diplomatie ne lui ont guère permis de peindre davantage.
Filippo Lippi, et à Munich, le n° 538, attribué à Masaccio. Ils indiquent enfin deux numéros de la collection Ramboux, à Cologne, qui est depuis longtemps dispersée.
BIBLIOGRAPHIE. — Ettore Romagnoli. Biografie degli artisti sanesi, étude manuscrite conservée à la Bibliothèque de Sienne, à laquelle elle fut donnée en i835; v. pour Francesco di Giorgio, vol. IV, pp. 685-941.
Carlo Promis. - Trattato d'archittetura civile e militare di Francesco di Giorgio Martini, architetto senese del seco/o XV, ora per la prima volta pubblicato per cura del cavalier Cesare Salu^^o cou dissertation! e note per servire alla storia militare italiana. Torino, tip. Chirio e Mina, M. DCCCXLI.
Antonio Pantanei.li. — Di Francesco di Giorgio Martini, pi/tore, scuttore, e archuetto senese del secolo XV e dell' artc de' suoi tempi in Siena. Siena, Gati, MDCCCLXX.
E Rocchi. — L'opéra e i tempi di Francesco Giorgio Martini. Siena, Eazzeri.igoo.
Bullettino Senese di Storia Patria, anno IX, fasc. Il, publié en août 1902, à 1 occasion du quatrième centenaire de la mort de Francesco di Giorgio, avec des illustrations, et contenant : — Donati. Francesco di Giorgio Martini in Siena ; — E. Rocchi Francesco di Giorgio Martini nelle tradiponi dell' ingegneria militare italiana; - P. Rossi et A Franchi, Le pitture di Francesco di Giorgio Martini ; — Bargagli-Pëtrucci; Francesco di Giorgio Martini operaïo dci bottini di Siena.
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L'essentiel est à Sienne. Il y a, à la National Gallery, une curieuse Vierge debout tenant le Bambino par la main. Je n'ai pu voir les autres peintures que M. Berenson nous apprend être en Angleterre. Celle qu'il lui donne au Louvre est classée parmi les anonymes de l'école italienne du XVe siècle. C'est une de ces intéressantes décorations de coffre de mariage que nous légua ce temps raffiné.
Celle de Florence est un bijou. Même dans cette salle toscane, où elle a de si redoutables voisinages, elle se remarque et séduit par sa fraîcheur, son coloris clair, son sentiment puéril et élégant, l'ingénuité des figures, le souci des architectures. Les trois scènes de la Vie de saint Benoît formant une prédelle, dépendent vraisemblablement de quelque tableau disparu. Elles ont été aussi attribuées à Neroccio ; ces deux maîtres sont si proches qu'il est malaisé de se prononcer; toutefois, le soin apporté au décor architectural et à la perspective, et surtout le type de certains blondins, nous portent à croire plus vraisemblable l'attribution à Francesco di Giorgio, qui a pour elle la tradition.
Ses premières œuvres sont les couvertures de registres, qui sont conservés dans les archives de Sienne, au Palais du Gouvernement. Car, c'est une chose charmante, — et inconcevable pour la barbarie de nos administrations modernes, — la municipalité de Sienne faisait autrefois relier les documents officiels, chaque année, en de volumineux registres, dont les couvertures, en bois, étaient peintes par un artiste local. Rien n'est plus savoureux que ce détail; rien ne montre mieux la distinction de cette république aux passions sauvages que cette recherche d'art dans la conservation des paperasseries publiques. Toute l'histoire de l'art siennois est là, en raccourci, dans cette suite délicieuse, si expressive en sa variété, car chacun donnait libre cours à sa fantaisie, sans suivre nulle formule monotone ou traditionnelle. Dans la série, deux sont données comme étant de Francesco di Giorgio (i). La première représente Pie II ; la seconde montre, au-dessus
(1) MM. Lisini, Heywood et Berenson ne sont point absolument d'accord sur les couvertures de registres qu'il faut attribuer à Francesco. Je suis l'opinion qui me paraît le plus plausible, mais je confesse volontiers qu'elle ne repose que sur des impressions fragiles et des conjectures discutables.
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de Sienne, une douce Vierge protectrice entourée d'anges. Francesco était alors bien jeune ; il faut supposer qu'il s'était adonné de bonne heure à la peinture et qu'il avait déjà quelque protection efficace dans la république pour qu'on lui confiât un travail: de cette nature. Peutêtre reçut-il des leçons du Vecchietta, qui était alors occupé au tabernacle destiné au maître autel de la cathédrale, que son élève devait compléter vingt-trois ans plus tard.
La menue Vierge de bénédiction est charmante (i). Elle est clémente et bienveillante, un peu grave, entourée de six anges auréolés, tenant leurs bras croisés sur la poitrine, ayant tous de jolis airs de têtes de fillettes câlines, aux longues robes fastueuses et flottantes, au milieu d'un envol de chérubins joufflus qui font palpiter le ciel d'où tombent des rayons sur la ville, la ville ceinte de murs crénelés, ayant à ses portes des verdures, des constructions et les tentes d'un campement, la ville dans son cadre de montagnes, la ville hérissée de tours, guerrière et somptueuse, et qu'on reconnaît bien pour Sienne à la silhouette familière de la cathédrale rayée de marbres blancs et noirs...
Cinq ans plus tard, Francesco peint, pour l'hôpital de Santa Maria délia Scala, un Couronnement delà Vierge. Ce grand tableau (3 mètres sur 2) est maintenant au Musée de Sienne (2). Il contraste singulièrement, autant par son caractère que par ses dimensions, avec l'œuvrette dont nous venons de parler. Le charme de celle-ci est intime et religieux ; la vaste composition est pompeuse et presque mondaine. La Vierge est une jeune femme tout à fait aimable qui s'est parée, comme pour une cérémonie nuptiale princière, d'une robe de satin blanc broché d'ananas d'or, qui s'agenouille avec coquetterie près d'un beau Christ assis dans la gloire ; tout autour d'eux, à côté d'eux, en dessous d'eux, étagés sans qu'on comprenne bien comment, une
(1) Voir notre couverture : Al tempo de tremuoti lAu temps des tremblements de terre).
(2) Il semble toutefois résulter de l'étude de MM. Franchi et Rossi que le tableau du Musée de Sienne, venant de l'hôpital depuis 1817, fut peint en 1472 pour les moines de Monte Oliveto Maggiore. Francesco aurait peint l'année précédente, pour l'hôpital délia Scalla, un autre Couronnement de la Vierge, aujourd'hui disparu.
assemblée de saints et de saintes, plus d'une trentaine, aux figures très diverses, modelées avec vigueur, presque avec sécheresse. On devine ici le sculpteur. Quant à la couleur, elle ne rappelle en rien la Vierge du registre; elle est âpre et violente, des rouges vifs, des bleus ciel, des blancs durs, le tout sans grande harmonie. Néanmoins, qu'on ne se hâte pas de se détourner ; certains visages d'anges et de saintes aux cheveux blonds ont l'élégance nerveuse et rêveuse des meilleurs Florentins. Apparaît déjà, à plusieurs reprises, le type houppé particulier à Francesco.
Quelques années plus tard (1475), les moines de Monte Oliveto, hors la porte Tufi, lui demandèrent une Nativité. Francesco leur peignit un grand tableau dont l'ordonnance et l'exécution ne sont point inférieures, ni supérieures non plus, à la plupart des tableaux analogues de l'époque. La Vierge est banale, d'un type plutôt florentin que siennois, mais les deux anges debout derrière elle, l'un sévère et viril, l'autre gracieux et féminin s'appuyant sur l'épaule du premier en un geste gracieux de confiance abandonnée, sont vraiment remarquables. Ce tableau est maintenant, non loin du précédent, dans la grande salle du Musée de Sienne. J'avoue ne les estimer qu'à demi, n'y retrouvant point l'attrait habituel aux productions locales.
La douceur et la piété sont plus sensibles dans les autres œuvres, de plus petite dimension, que conserve le Musée. L'une est une Madone avec deux saints, venant, comme le Couronnement de la Vierge, de l'hôpital de Santa Maria délia Scala et qui, sans doute, fut exécutée vers le même temps. Une autre Madone, dont on ignore la provenance et l'époque, s'apparente aux plus exquises Madones de Neroccio. — Fond de plein air, un ciel de printemps, avec fleuve qui fuit dans un pays montagneux. La Vierge, d'une grâce irréelle, avec de grands yeux pensifs dans une face candide d'un ovale très allongé, au menton pointu, à la bouche très petite, a les cheveux cachés sous un voile de gaze, et son manteau très sombre, presque noir, l'encadre de telle sorte que la chair de sa figure, de son cou frêle, de sa poitrine décolletée, paraît blanche, presque fantômale. L'ange aussi est d'une beauté pâle et pure sous ses cheveux blonds, qui, au-dessus du front,
forment une houppe légère, comme une flamme. L'Enfant divin est des trois personnages le moins idéalisé : court, dodu, avec une grosse tête, d'expression grave, il n'est cependant pas déplaisant et ne détruit point la séduction extrême de l'ensemble.
La petite Annonciation est un bijou. Voici comment elle s'avère : Marie est assise, sous le portique élégant d'un petit palais, dont les arcades sont soutenues par de minces colonnes de marbre rose, au chapiteau de bronze doré. A travers ces colonnes et à dextre, on entrevoit un paysage, des arbres et des rochers surplombant à la manière ombrienne. La Vierge blonde, d'expression innocente et placide, lisait quand l'Ange annonciateur est apparu. Elle tient encore son livre dans la main gauche, qu'elle écarte dans une attitude de surprise et d'attention. Sur le pavement dallé de marbres blancs, bruns et noirs, qui précède le portique, Gabriel est debout, mais si svelte, si immatériel, que ses pieds nus semblent à peine s'appuyer sur le sol.
Il lève la main droite ouverte pour réclamer le silence, et dans la gauche tient un rameau d'olivier, très noir, comme en fer forgé. Avec la révélation inouïe, il apporte la Paix et le Pardon sur la terre. Il porte une robe flottante, de couleur mauve imprécise, ceinturée à la taille et sur les hanches. Ses ailes sont d'un gris bleuté comme si les plumes en étaient faites de l'azur céleste. Il est blond comme la récolte de juillet. Ses cheveux frisés tombent sur ses épaules et sur son front, se dressent en toupets clairs, pareils à des flammes. Il est, comme la Vierge, naïf et ingénu. Mais comme nous sommes loin de l'action de grâces de Memmi ! (L'annonciation des Offices.) Pour exprimer des sentiments analogues, le peintre, infiniment plus expert, n'a plus eu recours à la splendeur, mais à la bizarrerie. Plus d'un siècle s'espace entre ces deux interprétations d'un même sujet. La première reste d'une incomparable perfection ; mais la seconde vaut, par sa recherche un peu mièvre, l'harmonie délicate des mauves, des roses, des tons précieux...
Au Monistero, cette ancienne abbaye de Saint- Eugène, située aux portes de Sienne, et devenue aujourd'hui propriété particulière, on conserve sur l'autel d'une chapelle, à droite du chœur, une Madone
délicieuse que l'on attribue, sur place, à l'Angelico. L'attribution est évidemment inadmissible, mais j'aurais été disposé à reconnaître dans cette œuvre si douce, si traditionnellement siennoise, dans la façon dont les petits anges adorateurs poussent leur menton pointu, la main de Sano di Pietro. Des critiques autorisés et qui ont, sans doute, pu mieux que moi examiner le tableau, le donnent à Francesco di Giorgio et c'est pourquoi je note ici la joie qu'il me valut.
Il est impossible de dater ces divers tableaux (i). L'art en est plus libre, plus ingénieux, moins sec que celui du grand Couronnement et de la Nativité. On peut donc les supposer postérieurs à ceux-ci. Mais cela reste fort incertain, car, à partir de 1477, nous voyons Francesco commencer son existence d'aventures, de voyages et d'honneurs. Nous le trouvons successivement à la cour d'Urbin où le duc le prend en grande estime, à Gubbio, à Cortone, à Milan, à Naples et dans divers autres endroits, dirigeant des travaux publics de nature variée : édifications d'églises, constructions de ponts et d'aqueducs, fortifications militaires. Il semble avoir eu, dans sa ville et dans l'Italie du XVe siècle, une situation considérable. Les fureteurs d'archives ont retrouvé les lettres par lesquelles les princes du temps demandaient cérémonieusement à la république de Sienne de bien vouloir leur envoyer le maître Francesco, de consentir à le leur laisser encore, d'agréer leurs remerciements et l'expression de leur satisfaction de ses services. A l'une d'elles, émanant du duc de Calabre, la république répond qu'elle a autorisé Francesco à s'en aller, mais que celui-ci ne veut pas partir.
Comment, par quels prodiges d'habileté, put-il maintenir toute sa vie cette faveur officielle dans une ville aussi turbulente que Sienne, aussi déchirée par le conflit impétueux des factions politiques? Ce furent sans doute ses pérégrinations lointaines et constantes qui le sauvèrent, en l'éloignant d'une intervention trop directe dans la poli-
(1) MM. Franchi et Rossi pensent qu'ils se rapportent tous aux débuts de la carrière de Francesco qui aurait cessé de faire de la peinture dès qu'il fut appelé, en diverses parties d'Italie, pour ses travaux militaires et diplomatiques. L'hypothèse parait vraisemblable.
Francesco di Giorgio Martini. — Annonciation.