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fémur, etc. Ces déplacements fort libres en certains sens sont au contraire très limités en d’autres; par exemple, tandis que l'angle ilio-crural antérieur est susceptible de grandes variations, dans la flexion et l'extension de la cuisse, l'angle ilio-crural latéral change beaucoup moins dans l’abduction et dans l’adduction ; tandis que les axes du fémur et du tibia peuvent s’accoler presque complètement, à la manière des deux branches d’un compas qu’on ferme, dans la flexion de la jambe sur la cuisse, à peine si, dans l’extension, ils peuvent arriver à se placer bout à bout. On devine ainsi quelle attitude feront perdre ou gagner à l’axe ilio-crural le plus de longueur et l’on constate que l'allongement extrême est réalisé par la plus grande ouverture des angles iliofémoraux jointe à l’extension forcée des segments du membre inférieur, que le raccourcissement extrême est obtenu par la fermeture des mêmes angles avec flexion forcée de la jambe sur la cuisse, du pied sur la jambe, des orteils sur le métatarse. Nous citerons comme exemple deux attitudes bien connues et dont nous avons dejà parlé, celle de l'homme au réveil et celle de l’homme qui se ramasse pour se réchauffer, |
Nous avons déterminé et décrit avec grand soin l’axe ilio-crural parce qu’en pratique il ést seul commode à mesurer, à cause de la facilité qu’on a à reconnaître sés points extrêmes chez lous les sujets et dans toutes les positions habituelles ou exceptionnelles des membres. Rien de plus simple en effet que de conduire une ligne de l’épine iliaque antérieure à la pointe du gros orteil, dans le décubitus dorsal, À la vérité, dans la position
assise et même dans la position ramassée la ligne constituée par les cinq segments est brisée, et forme une figure géométrique très irrégulière avec l'axe fictif, mais ce dernier, bien que croisant la cuisse et la jambe, reste toujours rectiligne, ce qui permet d'apprécier toujours ses changements de longueur et d'en découvrir toujours l’origine en connaissant la position respective des segments au niveau des brisures articulaires. On comprend sans peine le parti que tirera le chirurgien de ces données quand il voudra reconnaître et mesurer les allongements pathologiques.
L'appendice ilio-crural diffère en somme du membre inférieur proprement dit par l'addition du segment iliaque ; mais ces changements de longueur reconnaissant les mêmes causes et se mesurent par le même procédé, elc.; en conséquence ils peuvent être désignés par les mêmes épithètes : nous les appellerons doncallongement et raccourcissement physiologiques intrinsèques de l'axe ilio-crural pour les distinguer d’une autre variété, dont nous nous occupérons dans un instant.
Examinés jusqu'ici dans leur généralité, ils doivent : “être maintenant plus spécialement étudiés dans leurs sièges particuliers, c’est-à-dire au niveau de Larticula ‘tion coxo-fémorale.
La réunion de l'os iliaque au membre inférieur <’effectue de façon que tantôt les deux parties conservent une indépendance réciproque, peuvent se mouvoir isolément dans une certaine étendue et dans une direction donnée, que tantôt, au contraire, il existe entre elles une solidarité telle que la mobilisation de lune entraîne le
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déplacement de l’autre. Indépendance relative et solidarité éventuelle sont les deux conditions dans lesquelles il convient d'observer les connexions du membre inférieur avec le bassin. - k |
Etudions d’abord l'indépendance. Elle a pour cause la faculté que possèdent la tête du fémur et la cavité cotyloïde de glisser l’unè sur lautre et de se prêter alternativement un point d'appui fixe. L’os iliaque étant préalablement immobilisé, le fémur se porte librement dans la flexion, l'extension, l’abduction et l’adduction ;réciproquement le fémur étant fixé, l’illum peut s'incliner en avant, en arrière, s'élever ou s’abaisser latéralement. Il n'échappera. à personne que cette fixalion, nécessaire d’une des parties est un commencement de solidarité. Quoi qu'il en soit, l'indépendance n’est pas contestable; en effet, lorsque le membre inférieur détaché du sol est uniquement attaché par en haut, il représente un pendule articulé, flottant dans l'espace, déployant etrepliant ses segments, les portant en avant et en arrière, en dedans et en dehors sans que le bassin prenne la moindre part à ces déplacements.
Les “angles ilio-fémoraux varient, l'axe ilio-crural s’allonge ou se raccourcit, mais uniquement par les inclinaisons diverses de sa portion crurale, la portion illaque restant immobile.
De même lorsqu'une cause quelconque immobilise le membre inférieur : résistance du sol dans la station, du plan horizontal dans le décubitus, du siège dans la position assise; on voit l'os iliaque, s’incliner en avant ou se relever en arrière, l'angle ilio-crural antérieur se fermer
et s'ouvrir, et enfin l’axe ilio-crural diminuer ou s’accroître sans que sa partie crurale subisse de changement dans sa longueur.
Passons maintenant à la solidarité de l'os iliaque avec le fémur.
La tète du fémur glisse, il est vrai sur la surface concave du cotyle dans tous les sens, mais non d’une manière indéfinie ; arrivé à un degré, le mouvement est brusquement arrêté, soit par la tension de la capsule fibreuse ou du ligament rond, soit par la distension ou la contraction des muscles péri-articulaires, d’où la limétation passive ou volontaire de la flexion, de l'extension, de l’abduction et de l’adduction. A partir de ce point, Ja solidarité se montre inévitablement. On peut exagérer le déplacement du membre, changer en apparence les angles ilio-fémoraux, croire qu'on rapproche les points extrêmes de l’axe 1lo-crural, et qu'on en provoque, en conséquence l'allongement et le raccourcissement, il n'en est rien, on n’a qu'à fixer son regard sur l’épine iliaque antéro-supérieure pour se convaincre que le’ bassin suit rigoureusement les migrations du fémur.
Un exemple suffira : si dans le décubitus dorsal ou: -dans la station unilatérale sur le membre gauche, on porte le membre droit dans l’abduction, on-arrive sans peine, à lui faire faire avec l’axe général du corps un axe de 45°, mais si on veut l’écarter davantage, jusqu’à l’angle droit, je suppose, l’illum se mobilise de manière à produire le complément de l’abduction. Or, si on mesure l'angle ilio-crural latéral, dans Pattitude naturelle à 4°, dans l'attitude forcée à 90°, on les trouvera parfaitement
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égaux, ce qui prouve que lexagération du mouvement n’a point modifié la Tlongueur du membre. Les changements qui se produisent dans les mouvements forcés : sont purement apparents. Cecinous conduit à examiner une autre forme de la solidarité très commune, mais assez mal étudiée, qui donne naissance à des changements de situation décrits sous le nom d’allongement et deraccourcissement apparents et extrinsèques.
La disposition anatomique de l’articulation coxo-fémorale est telle que les deux surfaces enarthrodiales, tout en glissant l’une sur l'autre, restent toujours en contact intime et ne peuvent ni se rapprocher davantage ni s’'abandonner un seul instant. La conséquence de cette contiguïté constante est aisée à prévoir : tout.mouvement du fémur ayant pour tendance d’enfoncer sa tête dans lé cotyle ou de l’en extraire, se transmettra à l'os des îles : réciproquement, tout mouvement de ce dernier tendant à augmenter ou à diminuer son adhérence avec la tête du fémur repoussera ou attirera celui-ci et, par par son intermédiaire, le membre tout entier.
Ces tendances à la disjonction ou à la pénétration s’exercent continuellement dans le jeu physiologique de l’appendice ilio-crural. Ainsi, le poids du membre infé— rieur qui le sollicite à se détacher du trone, la contrac+ tion des muscles pelvi-rachidiens quiélèvent l’osiliaque, les mouvements de rotation du bassin qui l’éloignent du fémur dans le sens antérieur ou le sens postérieur, ten dent à reproduire sa disjonction. Au contraire, les sur. faces osseuses sont fortement pressées l’une contre l’autre quand le poids du corps et du bassin reposent sur le
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fémur. Quand les muscles pelvi-rachidiens abaissent l'os
illaqueen le portant en avant ou en arrière à la rencontre
du fémur, quand les muscles pelvi-fémoraux élévateurs
ou rotateurs se contractent, quand un mouvement des . segments inférieurs du membre, extension de la jambe, ‘extension du pied, élèvent le fémur.
Les impulsions accidentelles venues du dehors agissent de la même manière, telles : les tractions chirurgicales, les chutes sur les pieds et les genoux, etc.
Gette disposition éonstante de l’ilium et du membre inférieur à s’écarter et à se rapprocher ne se réalise qu’à l'état pathologique; à l’état normal, elle reste latente et
- pourrait passer ‘inaperçue, car elle est incessamment combattue et neutralisée par la solidité et la résistance passive et active du tissu fibreux et musculaire.
La contiguïté des parties étant invariablement assurée par les dispositions anatomiques et physiologiques, le seul effet visible que peuvent produire les tendances dis- Jonctives et conjonctives est la propagation du mouvement de l’os iliaque au membre inférieur vers l’illum, d’où la simultanéité du déplacement des deux parties. L’impulsion peut partir tantôt de l’un tantôt de l’autre. L'osiliaque s’ébranle-t-il le premier, le fémur est attiré en haut et en arrière, repoussé en bas et en avant ;'si c’est le fémur qui se mobilise tout d’abord, 1l élève ou abaisse, entraîne ou repousse l'os des îles. Dans les deux cas, la solidarité est évidente et inévitable.
Nous reviendrons plus tard sur la mobilisation secon-
daire du bassin qui s’observe dans la marche, en un mot lorsque le membre inférieur prend un point d'appui
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sur le sol et nous n’examinerons pour le moment que Icas où le mouvement part d’eñ haut, du bassin,-le membre inférieur étant flottant où du moins susceptible de glisser sur un plan horizontal, comme dans le décubitus. dorsal ou la position assise. HER
Indiquons d’abord ce qui se passe dans le décubitus dorsal, Lorsque l'os iliaque remonte vers le thorax, il attire à lui tout le membre inférieur, celui-ci paraît plus court, le contraire a lieu si l'os des îles s’écarte de la dernière côte, alors le membre inférieur semble plus long. En réalité, les dimensions de l'axe ilio-crural ne varient pas comme on peut s’en assurer par la mensuration. On peut négliger en effet les très légers changements produits dans l'angle ilio-fémoral par suite de l’adduction et de Pabduction fort minime qui accompagnent l’ascen— sion ou l’abaissement de l'os iliaque sur le fémur.
Donc, le raccourcissement et l allongement sont apparents et rien de plus.
On les observe également dans la station a Lorsqu'on veut, par exemple, détacher un membre du sol, on n’a qu’à élever los iliaque du côté correspondant, aussitôt ce membre monte, devient flottant et semble plus court. Si on désire lui rendre sa longueur, on laisse simplement l'os iliaque s'abaisser ; si enfin il est nécessaire d'augmenter sa dimension longitudinale dans l’action, par exemple de descendre un escalier, il faudra confier soit à la contraction musculaire du côté Opposé au poids du corps le soin d’abaisser le côté correspondant du bassin.
Mêmes variations possibles dans la position assise.
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Toutefois, l'élévation de los iliaque est seule possible, mais non son abaissement, puisque lPischion serait arrêté sur-le-champ par la résistance du support. En revanche, un autre mouvement du bassin, à savoir sa rotation, projetant en avant ou portant en arrière un des os iliaques poussera ou relirera le fémur et fera paraître la cuisse correspondante plus longue ou plus courte.
Les changements que nous venons d'étudier sont naturels et physiologiques ; ils se rapprochent done par là de ceux que nous àvons étudiés sous le titre d’allongement et de raccourcissement physiologiques intrinsèques, mais ils en diffèrent sous deux rapports. En premier lieu, parce qu'ils ne font en réalité que de placer lappendice ilio-crural sans modifier sa longueur, en second lieu, parce que la cause du déplacement réside en dehors de cet appendice, la mobilisation initiale du bassin provenant soit de la pesanteur, soit de la contraction des muscles pelvi-rachidiens. Pour ces motifs, nous les appellerons allongement el raccourcissement physiologiques apparents et extrinsèques. Ces déplacements jouent, comme nous le verrons, un grand rôle en séméiologie et surtout en thérapeutique, ce sont les seuls que les chirurgiens ont signalés, négligeantles modifications de longueur apparente intrinsèques : ils les ont appelé allongement et raccoureissement apparents par opposition aux changements réels dans la longueur du membre inférieur.
Nous conserverons ces termes parce qu’ils sont consacrés par l'usage, mais nous convenons qu'ils. seraient avantageusement remplacés par ceux d’élévation et
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d’abaissement, de projection en avant ou de retrait en arrière de l'os iliaque, indiquant à la fois l’origine du déplacement et le rôle passif du membre inférieur.
Quoi qu'ilen soit de l'appellation, il faut savoir les mesurer. La chose n’est point malaisée. Puisque ces changements dépendent exclusivement des déplacements de l'os iliaque, il suffit de constater la situation normale ou accidentellement prise par ce dernier, ou pour rendre l'examen plus facile, de reconnaître la position de l’un des points fixes de Fos coxal, soit par exemple du plus accessible d'entre eux, c’est-à-dire de lépine iliaque antéro-supérieure. Mais ceci demande quelque développement.
Chaque déplacement a un point de départ, un minimum et un maximum ; ces degrés sont naturellement subordonnés à la-position de los iliaque et à la mobilisation que cet os peut subir. Quand il occupera une certaine situation, dite moyenne, le membre inférieur ne sera ni abaissé, ni élevé, ni projeté en avant ni retiré en arrière, en d’autres termes ne présentera ni allongement, ni raccourcissement apparent, mais la moindre migration de l’os des îles, dans une direction capable de mettre en jeu la solidarité déjà connue, fera naître aussitôt ces apparences au minimum quand la migration iliaque sera minime, ou maximum quand elle atteindra à des limites extrêmes.
Le problème se réduit donc à déterminer la situation moyenne de l’os iliaque. Or, sans entrer dans la discussion du procédé usité en mécanique pour fixer la situation susdite d’un point jouissant d’une mobilité restreinte,
nous admettons comme situation moyenne ou normale de los des îles celle dans laquelle il n’est ni plus haut, ni plus bas, ni plus en avant, ni plus en arrière que son congénère; en d’autres termes, celle dans laquelle les deux moitiés du bassin sont dans une position tout à fait symétrique.
En pratique cette symétrie et par conséquent l'état opposé ou asymétrie, ne sont pas difficiles à constater ; il suftit en effet de prendre sur chaque os iliaque un point similaire, soit par exemple l’épine iliaque antérosupérieure, et de comparer attentivement la situation relative et respective de ces deux apophyses. Il y aura nécessairement symétrie quand elles seront toutes deux dans un plan coupant le corps perpendiculairement à son grand axe et à égale distance d'un autre plan horizontal ou perpendiculaire à l’horizon et tangent à la face postérieure du corps tout entière, ou, si lon préfère une autre donnée plus pratique peut-être, quand la ligne qui les réunit ne présentera d’obliquité en aucun sens, ni de haut en bas, n1 de droite à gauche, ni d'avant en arrière. Or, à l’état normal car, nous ne cessons de le répéter, pour dire d’une position qu’elle est anormale, il faut déterminer en quoi consiste la position dite normale, à l’état normal, disons-nous, quelle que soit l'attitude du sujet, quand les deux moitiés du bassin sont dans une situation absolument semblable par rapport à l’axe général du corps, les deux os iliaques sont au même niveau dans le sens vertical et dans le sens antéro-postérieur et les points semblables de chacun sont symétriquement placés, de sorte que pour reconnaître