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Règles hygiéniques générales

Au XVIIT et au XIX° siècles les auteurs les plus autorisés qui devaient traiter de la macrobiotique, s’adressèrent également à l’hygiène. En elle ils pensaient trouver les plus sûrs moyens de nous protéger et de nous guérir des maladies et particulièrement des maux de la vieillesse. Ces principes hygiéniques qui devaient les guider dans leurs recherches, ils les déduisaient de leur conception générale de la vie, & car le premier pas à faire quand il s’agit des moyens de prolonger la vie, c’est de chercher à bien connaître la nature de cette vie et spécialement celle de la force vitale qui en est le principe et la source ». Or, la vie a la plus grande analogie avec la flamme : elle ne brûle qu’au prix d’un apport continuel de matériaux, ses déchets sont proportionnels à son activité et sous une immobilité apparente elle cache en réalité une succession ininterrompue d’écroulements et de restitutions, d’usures et de réparations. Toutefois, la vie n’est pas seulement une opération chimique, mais une opération chimico-animale.

Une des premières méthodes qui devait donc se présenter à l'esprit de ceux que hantait la macrobiotique, était de diminuer la consommation qui semble épuiser la force vi-

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tale. Pour cela on se basait sur la constatation clinique de la fatigue et des courbatures que produisent le travail et les efforts musculaires et sur quelques expériences.

Maupertuis considérant qu’on pouvait par le froid retarder l’éclosion d’un jeune poulet dans l’œuf, ou d’un insecte dans sa chrysalide, se demandait si on ne pouvait pas, chez l’homme, interrompre toute action vitale et prolonger sa durée pendant des siècles. Pour arrêter cette consommation intérieure, les moyens envisagés étaient soit de provoquer un véritable état d’asphyxie, soit de plonger l’animal en expérience dans un état de sommeil semblable à la mort.

Cette idée plut au grand Franklin lui-même. Ayant reçu du vin de Madère qui avait été mis en bouteilles en Virginie, il y trouva quelques mouches mortes en apparence; mais ces insectes eurent à peine resté 3 heures exposés au soleil ardent du mois de juillet, qu’ils. se ranimèrent et reprirent une vie qui avait été interrompue si longtemps. Ils éprouvèrent d’abord quelques convulsions, puis se dressant sur leurs pattes, se frottèrent les yeux avec celles de devant s’essuyèrent les ailes avec celles de derrière et bientôt s’envolèrent.

Franklin demande à ce sujet si la cessation absolue de la consommation intérieure et extérieure étant susceptible de suspendre ainsi l’existence tout en ménageant et en conservant le principe de vie, il ne serait pas possible d’appliquer le même procédé à l’homme. Si cela était praticable, ajoute-t-il en vrai patriote, je n’imaginerai pas de satisfaction plus douce que celle de me noyer avec quelques amis dans du vin de Madère et de ressusciter dans cinquante ans et plus aux rayons bienfaisants du soleil de ma patrie, afin de voir quels fruits le germe de la liberté y aura produits et quels changements le temps y aura apportés.

C’est dans le même sens qu’il faut entendre les conseils que Bacon, le père de la philosophie expérimentale, préconise dans son livre de Historia vitæ et mortis. Il recommande. en effet, aux gens qui désirent vivre longtemps, les nar-

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cotiques — dont l’opium et les préparations opiacées — qui ralentissent le fonctionnement de tous les organes et en diminuent l’usure; il recommande également les onctions huileuses qui empêchent la transpiration, signe de l’accroissement des combustions internes.

Jérôme Cardan a poussé ces théories jusqu’à leurs extrêmes limites quand il a fait l’éloge de la goutte qui, en nous immobilisant et en nous retenant dans le repos d’un fauteuil, prolonge notre existence, ou encore quand il a dit que la longue durée des arbres était due au seul fait de leur privation d'exercice.

Tandis qu’ainsi certains esprits déduisaient de faits mal observés des principes peu raisonnables et qui ne pouvaient être adoptés que par des gens pour lesquels ces théories étaient une excuse à leur tempérament et à leur paresse,il est un homme qui, harmonisant parfaitement les différents facteurs paraissant composer la force vitale, sut édifier une macrobiotique basée sur une hygiène rationnelle et propre à donner les meilleurs résultats, cet homme s’appelait Hufeland. Voici, résumé, son bréviaire d’une longévité exempte de maux.

Dans les premiers chapitres il a soin d’avertir que ne devient pas centenaire qui veut, mais ceux-là seuls qui ont reçu de leurs parents une complexion robuste, bien développée par une éducation sage et raisonnée. Ces chapitres ont la fraicheur d’une actualité médicale et ils pourraient tout entiers figurer dans les livres d’eugénniétique moderne. Les parents doivent être de bonne constitution, sans vices des organes internes, sans prédisposition aux diverses maladies, ne s’étant mariés qu’au moment où leur organisme a atteint son complet développement.

Ils ne doivent pas oublier que le moment de la génération est de la plus haute importance et que la nature n’y a pas attaché sans motif le plus haut degré d’exaltation dont nous soyons susceptibles. Il faut donc procréer dans la joie et seulement quand on y est invité par l’amour et le désir.

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