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La grossesse dépend d’une mère saine; cette dernière devra renoncer aux plaisirs et aux écarts de régime capables de nuire à son fruit; et chacun devra la considérer comme l'atelier dans lequel se forme un homme et en conséquence lentourer de tous les ménagements et de toutes les attentions qu'elle mérite. Il est préférable que l’enfant vienne au monde au printemps car il subit l’influence vivifiante de la saison, et que l'été exalte en lui la puissance de la force vitale. Sa nourriture devra être bonne, constituée uniquement avec le lait de sa mère (beaucoup essayent d’élever les enfants avec des fécules et des gruaux, mais sous l’influence d’un tel régime ils deviennent languissants, maigrissent et sont tourmentés continuellement par les aigreurs, des vents et des obstructions dans le bas-ventre). On diminuera la réceptivité aux maladies en habituant l’enfant d’abord au froid et à la chaleur, puis à quelques petits dérangements et à de légères fatigues. De la sorte on retire
un double avantage : celui de diminuer la consommation
en émoussant la sensibilité et celui de développer les forces médicatrices naturelles qui écartent les maladies tandis que les remèdes altèrent souvent la force vitale. La meilleure facon d’alimenter la force vitale est encore la jouissance d’un air pur, respiré dans un lieu couvert de gazon, planté d'arbres et un peu éloigné de toute habitation, Tous les jours on lavera l’enfant de la tête aux pieds avec de l’eau froide, car ce soin est indispensable pour entretenir la peau propre et fortifier le système nerveux. (On se servira de l’eau fraichement tirée d’une fontaine, car elle renferme alors un substance spiritueuse ou oxygène qui augmente ses propriétés fortifiantes,) L'enfant sera haigné deux fois par semaine dans de l’eau tiède, c’est-à-dire à la température du lait qu’on vient de traire,
Puis, durant une période qui va de deux ans jusqu’à douze ou quatorze ans, on ne modifiera que le régime qui comportera une alimentation variée, mais presque uniquement végétale et on y ajoutera l’exercice. C’est ce dernier qui,
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pratiqué en plein air sous forme de jeux, préviendra les difformités si fréquentes, distribuera uniformément les forces et les humeurs et lui inspirera le goût de l’activité. On ne mettra les enfants à l’étude que passé cet âge, et encore on commencera par l’histoire naturelle, la botanique, la zoologie, ayant soin d’éloigner d’eux le théâtre, le roman, les poésies, la mythologie, qui traitent de sujets érotiques et propres à enflammer l’imagination.
Possesseur d’une santé solide, l’adolescent exercera alors les facultés de son âme. Il s’initiera à la divine macrobiotique qui est, hélas ! encore trop méconnue dans les Ecoles et les Universités, et il apprendra, grâce à elle, à jeter les fondements d’une vie très longue et exempte de maladies. Grâce à elle, il pourra même négliger la médecine et les médecins qui souvent emploient pour guérir des agents qui abrègent l’existence. Il trouvera également en cette science plusieurs solutions satisfaisantes aux problèmes de la morale et de la métaphysique.
De tout cet enseignement se dégagent les conseils principaux suivants : L'activité pendant la jeunesse étant un gage de longue vie comme nous le montre le grand âge de personnes qui ont été matelots, soldats ou journaliers, il convient que le jeune homme s’accoutume aux lourdes peines et aux dures fatigues afin de donner à son corps un plus haut degré de solidité. Cette activité, il ne la manifestera qu'aux travaux corporels et, résistant aux aiguillons de Pamour, il suivra l’exemple des Germains vigoureux qui ne pensaient au commerce des femmes qu’à l’âge de 24 ou 25 ans. Il importe même, pour vivre longtemps, de ne goûter aux plaisirs de l’amour qu’au moment du mariage légitime, car des relations illégitimes nous exposent aux maux vénériens, nous conduit aux excès par l’attrait du changement et de la nouveauté et nous fait perdre le goût du vrai mariage, seul fondement de la famille.
Il regardera le sommeil comme l’agent du ralentissement des mouvements vitaux, l’éliminateur des substances nuisi-
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bles ou inutiles et le réparateur des pertes de la journée; il faudra donc lui consacrer ses nuits à lui tout seul, dans une chambre bien aérée, sur un matelas un peu dur, huit heures durant. Il aura le dégoût de la grande ville au sein de laquelle fourmillent les plaisirs de corruption. Il aimera la vie champêtre et aura le goût des jardins, sachant que là est placée la vraie source de la santé, de la jeunesse et du bonheur. Son corps sollicité par les exercices en plein air, se livrera aux travaux de la terre, aux promenades en compagnie et aux excursions en montagne.
Il apportera le plus grand soin à son régime qu’il composera surtout de végétaux, de légumes, de fruits, de céréales et de lait (la viande étant irritante, stimulante et augmentant par conséquent l’irritabilité physique et morale, ce qui est une cause de consommation anormale). Il boira de préférence aux boissons fermentées de l’eau de fontaine. 11 mangera des mets en petite quantité et surtout le soir. Il soignera sa peau, ses cheveux et ses ongles par l’usage des bains.
Mais mieux encore, il se préoccupera de son âme qu’il soustraira à l'influence néfaste des passions et dans laquelle il entretiendra le calme, la quiétude et la joie en vivant chaque jour comme le dernier, en se confiant à une volonté meilleure appelée Providence et en cultivant la philanthropie et l’amitié. Il aimera les arts qui, par la vue et l’ouïe, plaisent à l’imagination et à l’intelligence et contribuent le plus activement du monde à prolonger notre vie en exaltant la force vitale.
En résumé, l’homme destiné à devenir centenaire, présentera le portrait suivant : « Taille moyenne et même un peu ramassée, visage pas trop haut en couleurs, ses cheveux plus blonds que noirs. Sa tête est de grosseur moyenne ; il a des veines bien marquées sur les membres; ses épaules sont plutôt arrondies qu’applaties; col pas trop long, ni son ventre saillant; ses mains sont grandes, son pied plus large que long et son mollet presque rond. Il a
une poitrine large et voûtée; sa voix forte et il peut retenir longtemps son haleine. Son pouls est lent, son estomac est excellent, son appétit est bon et la digestion facile. La table lui procure une sorte de volupté. Il mange lentement, mais il ne boit pas. Il est en général ouvert, affable, communicatif, accessible à la joie, à l’amour et à l’espérance, maïs inaccessible à la colère, à la haine et à l’envie. Il est optimiste et aime la Nature. »
De nos jours ces mesures d'hygiène d’ordre général ont été adoptées par beaucoup de savants et formulées à nouveau dans ces dernières années. Le Professeur Lacassagne, de Lyon, les énumère dans un livre pittoresquement intitulé : « la Verte vieillesse, » Pour lui, ils n’ont pas la simple valeur thérapeutique de drogues quelconques ou de médicaments anodins, ce sont les spécifiques de la vieillesse.
C’est aussi l’avis d’un grand praticien de Londres, le Docteur Weber, dont la voix mérite d’autant plus d’être entendue, que c’est sur lui-même qu'il a pu vérifier l'efficacité de ses conseils. Agé de 83 ans, M. Weber a soigné beaucoup d’autres vieillards de sa clientèle, Ses règles sont les suivantes : & Il faut conserver tous les organes en état de vigueur, [Il faut reconnaître et combattre les tendances morbides, soit celles qui sont héréditaires, soit celles qui ont été acquises pendant la vie. Il faut être modéré dans la consommation des aliments et des boissons ainsi que dans l’accomplissement d’autres jouissances corporelles. L'air doit être pur dans l’habitation et au dehors d’elle. Il faut exécuter des mouvements corporels tous les jours et par n'importe quel temps. Dans beaucoup de cas il faut aussi pratiquer la gymnastique des mouvements respiratoires ainsi que les promenades à pied et les ascensions. Il faut se coucher et se lever de bonne heure, Le sommeil ne doit pas durer plus de 6 ou 7 heures. Il faut prendre tout les jours un bain ou bien se frictionner le corps. L’eau employée pour cela peut être froide ou chaude, Le travail régulier et les occupations intellectuelles sont indispensables, Il faut
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aussi s’éduquer pour la joie de vivre, pour la tranquillité de . l’âme et pour une conception de la vie pleine d’espérance. D’un autre côté, il faut combattre les passions et les sensations nerveuses, d'angoisse. Il faut enfin une volonté ferme qui obligera l’individu à conserver sa santé et à éviter les liqueurs alcooliques et les autres stimulants ainsi que les narcotiques et les substances analgésiques. »
Les préceptes d’une sage hygiène pouvaient satisfaire à la rigueur quelques esprits en quête d’une règle de conduite, d’une loi morale en harmonie parfaite avec les exigences de leur nature humaine. Certains, en effet, en déduisent toute une morale et une secte appelée méthodiste considéra toutes ces pratiques comme des articles de religion.
Le fondateur se nommait Westley, homme original et très remarquable. L’observance rigoureuse et fidèle de toutes les prescriptions édictées dans ce nouveau catéchisme, le conduisit lui-même à l’âge de quatre-vingt-huit ans.