‹ Sur Quelques Théories MacrobiotiquesChapitre 6 sur 19 · RE RS · texte numérisé non relu

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pour quelque temps, la faculté d'entendre, celle de se mouvoir et une sorte de vivacité à des moutons et à des chevaux qui étaient sourds et paralysés depuis longtemps. On essaya même de donner du courage à des animaux naturellement timide en leur injectant dans les veines le sang d’un animal farouche et cruel,

Enhardi par le succès. on ne tarda pas d’essayer le remède à l’homme. Un maître bordelais, Oré, rapporte dans son livre « Etudes historiques, physiologiques et cliniques sur la transfusion du sang », l’expérience qui fut tentée à Paris, en l’hôtel de Montmor, quai des Augustins, par Denys et Emmeret : « C’était un porteur de chaise âgé de 45 ans, qui pour une somme assez modique, accepta d’endurer l’opération. On lui retira 10 onces de sang et on lui injecta du sang d’un agneau dont on avait ouvert l’artère crurale. Cet homme, dont le naturel était assez gai, fut de très belle humeur pendant l’opération. Après, il s’en va boire en ville une partie de l’argent qu’on lui avait donné; dans la soirée, ayant l’occasion d’exercer son métier, il porta des chaises, et le lendemain il pria que l’on n’en prit point d’autre si l’on voulait renouveler l’expérience. »

L'observation du Pape Innocent VIIL qui vieux et gravement malade, se fit transfuser du sang de trois jeunes hommes, est historique. Malheureusement en cette circonstance, la chose tourna mal et, dit ironiquement le chroniqueur, tout le monde fut très malade, sauf le médecin qui avait pratiqué la transfusion. Puis il se produisit encore de tels accidents, — quelques-uns même mortels — dans la pratique de cette méthode, que le Parlement de Paris, promulgua un arrêt contre ceux qui en faisaient usage.

Cependant, en conclusion, Hufeland fait remarquer « qu’on ne devait pas la proscrire sans réserve; car, outre que le sang étranger qu’elle introduirait dans nos veines ne tarderait pas à se convertir en notre propre sang, et qu’elle pourrait, de cette manière, contribuer à rajeunir et à prolonger la vie, il y a des maladies, surtout parmi celles qui

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affectent l’âme et le système nerveux, dans lesquelles l’impression extraordinaire et subite causée par le nouveau sang sur les organes les plus nobles, ne manqueraïit certainement pas d’opérer une révolution salutaire. »

Pour montrer combien ces conceptions étaient vivaces et profondément enracinées dans les esprits, il suffit de citer l'exemple de Boerhaave, du grand Hermann Boerhaave, qui professait à Leyde en 1703, et dont les leçons avaient un succès tel que tous les Etats d'Europe lui fournissaient des disciples. Son école était caractérisée par l’explication des phénomènes physiologiques et morbides au moyen du naturalisme hippocratique uni aux théories mécano-physiques. Il n’en conseillait pas moins à un vieux bourgmestre d’Amsterdam qui lui demandait un médicament pour adoucir des années trop pleines de maux, de coucher entre ses deux jeunes filles non encore nubiles. Et il assure par ce moyen avoir augmenté sensiblement la force et la vivacité du vieillard.

Toutes ces pratiques relatées plus haut, maintenant presque perdues, ont duré de longs siècles, toujours transmises, comme un héritage précieux de générations en générations. Elles connurent des heures de règne et des personnes illustres et puissantes les revêtirent de leur autorité morale. Elles constituaient un enseignement, une science. On l’appelait la Gérocomique.

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