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tations ; ces lésions cérébrales sont nombreuses, inmportantes et variées :
1° Nodosités corticales, paraissant être de petits infarctus miliaires relevant de l’oblitération posthémorragique de vaisseaux corticaux. On peut rapprocher de ces infractus les foyers de ramollissement qui ont été signalés comme accidents tardifs chez les commotionnés, et dont Claude, Lhermitte et M'° Loyez puis Jumentie, également Joltrain, ont publié des observations.
Ces hémorragies histologiques entraînent en effet l’anémie des petits territoires, situés plus loin, ce qui explique les lésions de ramollissement observées;
2° Un état vacuolaire portant à la fois sur la couche de Bechterew et sur celle des cellules motrices, paraissant avoir comme point de départ les modifications du régime vasculaire déterminées par des oblitérations multiples ;
3° Une disposition spéciale des cellules motrices disposées en colonnes radiées, séparées par des espaces privés d'éléments nobles. Il semble que cette columnisation des cellules motrices soit en rapport avec la destruction d’un certain nombre de vaisseaux. Plus généralisée, cette lésion entraîne l’atrophie et la disparition diffuse des éléments nobles ;
4° Des altérations du tissu, en de nombreux points, des traîinées de sclérose névroglique, partant de l'écorce pour pénétrer dans la zône des cellules motrices qu’elles découpent en segments irréguliers ;
5° Des cicatrices linéaires, par première intention, du trajet d’éclats microscopiques de la table interne
que l’on retrouve, parfois logés plus profondément dans la substance blanche sous-jacente.
Pour être exact, ilnous faut signaler ici l'hypothèse — mais ce n’est qu'une hypothèse — émise par Bonomo pour expliquer, dans l'observation d'amyotrophie diffuse qu'il a observée, la lésion qu'il suppose avoir été produite. Bonomo pense qu'il s'agit, dans ces cas, d’une lésion de l'artère spinale antérieure. Ce tronc qui naît de la fusion des deux artères spinales antérieures, branches de la vertébrale, se glisse dans le sillon longitudinal antérieur de la moelle jusqu'au cône terminal, en envoyant perpendiculairement des rameaux qui se dirigent vers la commissure et qui se partagent en deux branches, à droite et à gauche, lesquelles se rendent aux cornes antérieures. Ces petites artères, les corno-commissurales, reçoivent le sang aussi par les aïtères latérales, d’après la conformation du cercle artériel médullaire.
Ainsi s’explique-t-on que par l’occlusion de cette artère, toutes les colonnes antérieures de la moelle tombent dans un état d’anémie qui ne sera ni complète, ni définitive, étant donné le sérols collatéral du système artériel médullaire.
Dans le cas de Bonomo la non participation des muscles du cou serait très vraisemblablement dûe au large cercle collatéral dans cette région ; l’altération de Ja parole trouverait son explication naturelle dans ce fait que l'artère spinale antérieure envoie un petit rameau au muscle hypoglosse.
« De cette facon, on s'explique l’état des réflexes,
SAS O] Vus
car dans chaque centre médullaire, les conditions des deux neurones moteurs primaire et secondaire, doivent être comparables à celle de la sclérose latérale amyotrophique, où, lorsque la lésion manque, les réflexes sont exagérés par le fait de la lésion de la voie pyramidale, et lorsque la lésion est complète, avec profonde atteinte de la cellule motrice, les réflexes évidemment font défaut.
« Ces conditions sont réalisées dans ce cas, car le faisceau pyramidal, qui n’est pas lésé en tant que faisceau, étant au dehors du territoire artériel des artères commissurales, souffre dans ses terminaisons au fur et à mesure qu'il les envoie aux centres médullaires, et que par conséquent, ces terminaisons entrent dans un territoire anémié. »
Cette explication, si elle était vérifiée, pourrait nous renseigner sur l’origine de ces cas de mort soudaine, sans traumatisme apparent, qui ont été vérifiés largement sur tous les points, et qui sont vraisemblablement dûs à la lésion des artères nourricières du bulbe.
On comprendrait également que l’extrème rareté du syndrôme polyomyélitique relaté plus haut et : comparable à celui de notre observation ne soit qu'apparente, car chez ces individus, le même traumastisme qui a blessé l’artère spinale antérieure, lèse, dans la plus grande majorité des cas, les autres artères voisines du bulbe, d’où mort instantanée. |
En résumé, il ressort de toutes ces études et de ces expérimentations qu’à l'heure actuelle, nous ne
connaissons rien de précis sur l’anatomié pathologique de ces amyotrophies port-commotionnelles.
C’est dans l’atrophie des cornes antérieures de la substance grise, c'est dans la dégénérescence granuleuse des grandes cellules motrices des cornes que l'esprit aurait pu trouver une explication pour expliquer ces phénomènes d'amyotrophie.
Or, ces cellules radiculaires ont toujours paru peu lésées. Retenonspourtantcette chromatolyseobservée généralement, retenons cette fusion des granulations chromophiles signalée par Lhermitte. Avec cette réserve cependant que les résultats de certaines de ces expérimentations au moyen de contusions répétées ne sauraient être même de loin, assimilées aux phénomènes de l'explosion.
Ce nest que l’autopsie qui nous permettra de connaître la nature exacte de ces lésions commotionnelles, qu'à l'heure actuelle nous ne faisons que soupçonner. Il est d'autant plus regrettable, que pour notre malade l’autopsie ne nous ait pas été
possible.
PATHOGENIE
Après avoir vu quelles pouvaient être les lésions déterminées par ces commotions, demandons-nous
maintenant par quel mécanisme ces lésions se pro-.
duisent-elles.
Divers mécanismes ont été invoqués pour expli-
quer la pathogénie des lésions commotionnelles, \
Théorie de la décompression.
On a très justement comparé les accidents qui se:
produisent dans la commotion par éclatement d’obus à distance, à ceux que l’on a observés depuis longtemps déjà dans la maladie des caissons, lorsque la décompression se fait trop rapidement.
Cette comparaison, pour Pierre Marie, est tout à fait justufiée. La déflagration de l’explosif détermine une dépression atmosphérique brusque, aimsi que
l'examen d’un baromètre anéroïde dans le voisinage
d’une explosion, a permis au docteur Arnoux de le constater. Comme l’ont montré de nombreuses nécropsies,