‹ Sur Un Cas D'ÉpithéliomaChapitre 3 sur 13 · DESCRIPTION DE LA TUMEUR DE LA BASE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LA TUMEUR DE LA BASE DU CERVEAU

Comme nous avons dit plus haut que la tumeur pénétrait dans la masse cérébrale, nous ne nous occuperons que de sa partie extra-cérébrale.

À la périphérie, cette partie présentait une mince paroi fibreuse que l’on pouvait détacher dans certains endroits assez facilement, à cette première paroi succédait une autre qui faisait le corps avec la tumeur et sur la coupe, à l'œil nu, on voyait les tractus fasciculés partis de cette seconde capsule pénétrer à l’intérieur en contournant des petits globes d'apparence glandulaire. Une mince tranche examinée à la loupe avait l'aspect de la glande parotide.

La tumeur m'a été remise étant déjà fixée par la liqueur de Müller, je lai divisée en plusieurs -petits morceaux, quelques-uns ont été montés dans la celloïdine, les autres dans la paraphine.

À propos de ce dernier procédé, étant moins souvent employé que le premier, je crois utile de donner quelques détails, ne m'’arrêtant que sur les particularités les moins connues. La pièce étant déshydratée par les alcools de plus en plus forts, il s’agit de choisir une essence qui alière le moins les tissus ; après l'emploi d'un grand nombre d'essence je me suis arrêté au xylol ; avant de mettre les pièces dans le xylol, surtout si elles mesurent

plus d’un centimètre cube, je les plonge pour six heures

Re dans un mélange de xylol et d'huile d’aniline incolore, parties égales, puis on les met dans le xylol pur (de 2 à 5 heures) deshydraté par le sulfate de cuivre calciné. On a l'habitude après le bain de xylol de faire subir aux pièces un bain de térébenthine, procédé sûrement mauvais qui altère les éléments délicats d’une façon ficheuse. L'emploi de la térébenthine a pour but d’enlever le xylol qui rend la paraphine cassante. Sorties du xylol je mets les pièces dans la paraphine liquide fondant à 45°, après un séjour dans une étuve chauffée à 46, pendant une heure la pièce est transportée dans une paraphine fondant à 50° et maintenue 1 heure à la température de 93°.

Il est important de n’employer dans l'inclusion définitive que la quantité de paraphine strictement nécessaire pour former le bloc, le refroidissement de la paraphine étant très lent, elle se cristallisera à l’intérieur de la pièce qui sera perdue. Pour avoir l’homogénéité parfaite de la paraphine de l’inelusion il faut recevoir la pièce avec la paraphine dans de petites boîtes à parois minces de fer-blanc plongées dans de la glace pilée avec du sel de cuisine, Encore quelques mots sur la manière de coller les coupes paraphinées sur les lames, il ne faut pas songer à manier ces coupes d’une grande minceur (0,002 ou 0,003 millimètres) comme on le fait avec les coupes ordinaires.

Tous les procédés, sauf celui à l’eau distillée, doivent être rejetés. La bande des coupes est divisée en longueur voulue et distribuée sur les lames de façon à ne pas perdre la filiation des coupes, avec une pipette on fait

A OS arriver de l’eau distillée, 10-20 gouttes pour une lame ordinaire, l’eau s’introduit seule entre les coupes et le verre, il faut surveiller qu’il n’y ait pas de traînées blanches et des points qui seraient dus à la présence des bulles d’air sous les coupes qui nagent sur l’eau,

On décante l'excès d’eau et on les laisse dans une chambre chaude et. bien sèche 24 heures. Les coupes préparées ainsi peuvent être conservées des semaines entières, bien entendu à l'abri de la poussière. Si la pièce .a été colorée en masse on dissout la paraphine par le xylol et on monté les coupes au baume.

Si on se propose de colorer les coupes sur les lames il faut, après avoir enlevé la paraphine, hydrater les coupes, enlever le xylol par lhuile d’aniline, cette dernière par l'alcool et enfin laver les coupes par l’eau ; préparées ainsi elles peuvent subir différentes méthodes de coloration. Plus loin j'indiquerai, chaque fois que besoin y sera, les colorations que j'employais. |

Reprenons la description de notre tumeur. Les préparations examinées à un faible grossissement nous montrent des formations bien distinctes : 1° Une fibreuse conte. nant des cellules éparses et des vaisseaux qui de la périphérie entre dans l'épaisseur de la tumeur, se subdivise et se réunit à des prolongements de même nalure venus des autres points de la périphérie et elle forme des alvéoles qui sont occupées par une autre. formation exclusivement cellulaire et d'aspect lobulaire.

L'examen des coupes en séries nous permet de nous rendre compte de la forme générale de cette deuxième

Page 1