partie de la tumeur
Que l’on s’imagine un long canal cylindrique contourn é en différents sens, qui émet des canaux secondaires, des ampoules, qui souvent se dilate lui-même ou se rétrécit, on aura la meilleure idée de la forme en espace du territoire exclusivement cellulaire de notre tumeur, c’est ces canaux et ces ampoules qui sont enveloppés de tous les côtés par une épaisse couche de la formation fibreuse.
Sur les coupes, la formation cellulaire présente les aspects les plus variés, des cercles, des rosettes, des traînées cellulaires limitées toujours par les lignes courbes. L'examen des coupes en séries poussé aussi loin que possible montre la continuité ininterrompue de la formation cellulaire. Nulle part je n’ai pas pu découvrir des amas cellulaires isolés de même nature que la masse principale. Si on examine à un grossissement de 100 ou 150 la coupe transversale d'un des cylindres mentionnés plus haut, on constate que la paroi du cylindre est formée par une seule assise de cellules cylindriques, tandis que sa lumière contient de grosses cellules ovoïdes transparentes, se colorant mal par les procédés habituels.
Voyons maintenant quelle est la structure intime du stroma et du territoire cellulaire de notre tumeur.
Stroma. — La zone périphérique du stroma forme la véritable capsule d’une épaisseur de 0,2 min. environ, elle est unie au stroma fondamental par de fines fibrilles passant obliquement d’une partie à l’autre.
L'espace qui sépare la zone périphérique du stroma est virtuel et n’apparaîtréellement que si on exerce des petites pressions sur le couvre-objet. Cette zone est formée par des fibrilles serrées les unes contre les autres et plus ou moins parallèles. Leur finesse est telle que l'objectif à immersion (le 16 de Zeutz) les fait voir encore comme. de fines fibrilles délicates. ;
Par la dissociation on arrive à constater qu’elles se divisent, souventla branche mère est plus mince que les branches filles. Parmi toutes ces fibres parallèles sont logées perpendiculairement ou obliquement d’autres fibrilles encore plus minces et les hasards de dissociation encore mieux que les coupes dans différents sens montrent que ces dernières forment un réseau dont les mailles sont traversées par les fibrilles parallèles. ;, |
Le réseau, autant que j'ai pu m'en rendre compte, dans une certaine étendue, est formé par un seul élément fibrillaire. Il est difficile de savoir si le réseau est formé par la suture d’un grand nombre de fibrilles de différente direction ou sila formation des mailles closes est primitive. Cette dernière hypothèse nous paraît plus conforme aux idées actuelles sur la genèse des formations fibrillaires
morphologiquement indépendantes du corps cellulaire.
on
Nous avons dit plus haut que la tumeur a été fixée et durcie par la liqueur de Muller, c’est un procédé fâcheux pour l'étude chimique des tissus ; les réactions chromochimiques des substances albuminoïdes en général sont difficiles à obtenir dans ce cas. Pour avoir une idée approximative de la nature des fibrilles de la zône périphérique voici le procédé que nous avons employé: les coupes faites dans la parafine, collées sur les lames après avoir été hydratées, sont mises pour 2 heures dans un bain d’eau distillée chauffé à 40°. De ce bain je les ai plongées dans l’eau mélangée d’acide acétique (10 p. 100) pour une heure ; après ce laps de temps les coupes sont lavées et colorées par l’hématoxyline suivie d’une coloration par la saphranine. |
Toutes les fibrillés de la zone périphérique restent incolores, il en est de même pour les fibres du stroma général, la structure fibrillaire est à peine marquée par l'éclairage oblique. Si on examine les mêmes préparations sans aucune coloration consécutive après l’action de lacide acétique on ne découvre aucune structure fibrillaire; les mêmes préparations fortement deshydratées et séchées dans l’étuve à 30°, font voir.de nouveau la structure fibrillaire. Une coupe transversale de la moëlle épinière atteinte de maladie de Friedreich avec sclérose complète des cordons postérieurs, traitée de la même manière (avec durcissement préalable dans la liqueur de Muller) présente toutes ses fines fibrilles fortement colorées par la saphranine, tandis que la première reste incolore ou faiblement teintée en rose.
La saphranine peut être remplacée par l’éosine dans
ce procédé. M. Weigert a trouvé la coloration élective de la névroglie, mais il n’a pas encore divulgué sa méthode. | |
De ce qui précède je conclus que la nature des fibrilles de la zône périphérique n’est nullement névroglique mais franchement conjonctive.
Dans la zône périphérique on trouve des cellules éparces el jamais groupées en amas. Sur une étendue de 0,16 millimètres carrés pour 0,005 millimètres d’épaisseur on ne constate que 8 ou 4 cellules. D'après leur forme on peut les grouper dans quatre catégories : 4° petites cellules à protoplasma peu abondant, à noyau sphérique qui mesure 0,005 millimètres; 2° cellules à noyau allongé; 3 grosses cellules plates à noyau ovoïde, aplati lui-même ; et enfin 4° cellules encore plus grandes ayant 2 ou 3 prolongements épais et courts à noyau ovoïde contenant un nucléole.
1° Les cellules de la première catégorie sont des leucocytes, leur forme, leur dimension et leur noyau indiquent suffisamment leur nature.
A propos de l’étude du noyau des leucocytes je dois dire que malgré le traitement de toute la pièce par la liqueur de Muller j'ai pu constater des détails de structure quis’observent ordinairement et le plus facilement par les fixateurs spéciaux comme la liqueur de Flemming ou le sublimé. Gaule a proposé une quadruple coloration des préparations, après la fixation préalable de ia pièce par le sublimé. M. Loukijanoff, professeur de pathologie générale à Varsovie, secondé par sés élèves a étudié d’une façon approfondie la quadruple coloration par
Onanoff 3