‹ Sur un cas d'ostéose parathyroïdienne par adénome malinChapitre 13 sur 25 · SUITES OPÉRATOIRES ÉLOIGNÉES · texte numérisé non relu

SUITES OPÉRATOIRES ÉLOIGNÉES

Dans le cours du mois de février 1938, l’état de la malade s’améliora progressivement. Le 10 février, elle fait quelques pas ; elle sort de l’hôpital le 15 février.

Le 24 février, la marche est difficile, mais bien meilleure qu'avant l'opération. Il n'y a pas de douleurs ostéo-articulaires, pas de soif excessive et pas de constipation. L’appétit est très bon et la malade a déjà repris du poids. Pas d’albuminurie. Signe de Chvosteck très discret. La malade est au régime normal additionné de phosphate de chaux et de vitamine D.

Le 25 mars, la force musculaire est meilleure, la malade peut marcher et faire 500 mètres. Les radiographies ne montrent pas de recalcification importante. Pas d’albuminurie. Calcémie et Phosphorémie normales.

Au cours des mois suivants, la malade a repris progressivement une vie normale.

Le 9 juillet, elle déclare qu'elle est en parfait état; elle fait 5 kilomètres à pied sans fatigue excessive.

Le 29 septembre 1938, état général parfait. La malade a repris un travail de bureau régulier ; pendant les vacances, elle a fait jusqu’à 8 km. à pied. Le squelette n’est pas douloureux à la palpation, la cavité du maxillaire supérieur est partiellement comblée et recouverte de muqueuse nor-

male. La tuméfaction du tibia paraît avoir rétrocédé.

ire

Lorsque MM. Mouroneuer et Lièvre ont présenté cette observation, la première fois, à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, le 6 mai 1938, ils disaient : « la malade est actuellement en pleine convalescence»,etquand ils la présentèrent en février 1939" à la Société de Chirurgie : « aujourd’hui, nous pouvons prononcer le mot de guérison ». Ils formulaient toutefois deux réserves. D'une part, la possibilité d’assister à une reprise évolutive de l’hyperfonction nement parathyroïdien comme dans certains cas d'hyperplasie diffuse portant sur tout le système parathyroïdien. D'autre part, la possibilité de séquelles, particulièrement rénales et vasculaires de la période d’hypersécrétion parathyroïdienne et d’imprégnation calcique.

Pourtant l’avenir devait apporter un démenti à ces prévisions optimistes et ceci de façon assez particulière pour que, jugeant intéressant de rapporter la suite et la fin de cette observation, nous l’ayons présentée avec Mme Berrrann-Fonraixe, MM. Mouroxquer et Lièvre à la Société d’'Endocrinologie, le

26 mars 19/2.

Le 26 décembre 1939, entre à l'hôpital Lariboisière, Mme W... qui présente alors un syndrome clinique en tous points comparable à celui que. nous avions observé deux ans auparavant.

Dans une première étape, un an après l'intervention, était apparue au niveau de la cicatrice une petite tumeur qui avait grossi progressivement jusqu’à atteindre à son

entrée à l’hôpital le volume d’une amande. Puis en quel-

ques mois, se reconstitue un syndrome de polydipsie avec polyurie, d’anorexie avec constipation rebelle, d'amai- ‘grissement important (poids : 57 kgr.). Et enfin, en dernier lieu, réapparaît la diminution de la force musculaire des membres inférieurs ainsi que l’asthénie avec impotence fonctionnelle progressivement croissante. Ainsi la maladie reproduisait exactement la première histoire clinique jusque dans l'ordre de succession des divers symptômes, l'évolution paraissant seulement accélérée, l’état de la malade arrivant en moins d'un an au stade où il était lors de la première atteinte.

A l'examen, on est frappé par l’asthénie physique et psychique de cette malade aux réactions intellectuelles très ralenties, à la parole lente et difficile. On note au niveau du cou, à la partie supérieure de la cicatrice, une petite tumeur du volume d’une amande, allongée transversalement, ferme, mobile sur les plans profonds.

Troubles digestifs : L'haleine est fétide, la bouche sèche, la langue très saburrale, l’anorexie est complète, la constipation presque absolue, les vomissements fréquents, les côlons transverse et descendant sont spasmés, douloureux.

La soif est vive, la polyurie aux environs de 2 litres par jour ; il existe par moments des traces d’albumine dans les urines.

Troubles musculaires : On note une amyotrophie considérable des muscles des membres inférieurs avec grosse diminution de la force musculaire. Aux membres supérieurs, amyotrophie légère mais la force musculaire est à peu près conservée. Les réflexes tendineux et cutanés sont

normaux.

Quant aux lésions osseuses, elles sont comparables à celles

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