‹ Sur un cas de communication congénitale inter-aortico-pulmonaire avec artère pulmonaireChapitre 18 sur 20 · OBSERVATIONS RÉSUMÉES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS RÉSUMÉES

Observation d’Elliotson

Jeune femme entrée à l’hôpital pour des œdèmes des membres inférieurs. Elle présente en outre une cyanose qui remonterait à l’enfance. A l’auscultation du cœur, rien à signaler, à part un certain éréthisme. Elle décède dans la nuit.

A l’autopsie, communication inter-aortico-pulmonaire siégeant «au point où les deux vaisseaux sont en contact », ouverture arrondie admettant le doigt.

Observation de Wilks

Enfant de quatre mois, émacié et dyspnéique. A l’auscultation, souffle systolique de la base, intense, se prolongeant dans toute la poitrine.

A six mois, apparition d’un anasarque; mort à huit mois.

A l’autopsie, cœur de dimensions à peu près normales, mais hypertrophie du ventricule droit et de l’artère pulmonaire, tandis que l’aorte est diminuée de volume. A l’ouverture, on constate, à mi-chemin entre les sigmoïdes et la naissance du tronc brachio-céphalique, la présence d’un orifice circulaire admettant une plume d’oie. Aucune trace de maladie ou d'inflammation dans aucune partie de l’organe.

Observation de Fraentzel

Femme de chambre de vingt-cinq ans, entrée à l’hôpital pour œdèmes des membres inférieurs. Rien à signaler dans ses antécédents, mais elle souffrait de palpitations depuis son enfance.

A son entrée, femme petite, un peu cyanosée, dyspnéique,

Se VE

prostrée, présentant de l’œdème de la face et des extrémités, difformité thoracique. La pointe bat dans le sixième espace; souffle systolique de la pointe. Au niveau du deuxième espace, à droite et à gauche du sternum, deuxième bruit normal, souffle diastolique.

Les jours suivants, apparition d’un épanchement pleural ; mort en quelques jours.

A l’autopsie, cœur volumineux, large surtout à la base, plaques laiteuses sur les ventricules, adhérence de la mitrale à la cloison interventriculaire. Dans l’aorte, un quart de pouce au-dessus de la base des sigmoïdes, ouverture arrondie de 12 millimètres de diamètre mettant en communication aorte et artère pulmonaire. D’autre part, l’aorte fournit une branche pénétrant dans le poumon droit et qui n’est autre que la branche droite de l’artère pulmonaire.

Observation de Baginsky

Enfant de quatre ans. Dans le premier mois après la naissance, soigné par B.. pour une bronchite. Il constate alors des battements cardiaques désordonnés et irréguliers, des bruits systoliques et diastoliques. Dans la suite, nombreux catarrhes bronchiques et accidents de décompensation; à part cela, enfant normal, assez vigoureux malgré un thorax en carène.

A quatre ans, néphrite scarlatineuse suivie, quelques mois après, de mort dans des accidents convulsifs.

A l’autopsie, cœur de 250 grammes comme un cœur d’adulte, assez grosse hypertrophie de la paroi du ventricule droit, ventricule gauche dilaté mais à paroi insignifiante, orifices auriculo-ventriculaires normaux mais muscles papillaires très développés, trou de Botal oblitéré, présence d’une communication inter-aortico-pulmonaire d’aspect triangulaire et de 1 centimètre de largeur. Elle s’ouvre dans le pulmonaire, juste au niveau du bord libre des sigmoïdes et, dans l'aorte, à 1/2 centimètre au-dessus du bord libre des valvules.

Baginsky n’a retrouvé aucun cas semblable dans Ja littérature.

Leo

Observation de Rickards

Homme de trente ans, fondeur de cuivre, père de quatre enfants, entré à l’hôpital en septembre 1877 pour des œdèmes et de la dyspnée. Avait fait à treize ans un séjour d’un mois à l'hôpital pour rhumatisme, qui avait représenté sa seule interruption de travail. S’est plaint depuis son enfance de sensations thoraciques pénibles à l'effort. En avril 1877, apparition de dyspnée qui va en augmentant. Début septembre, apparition des œdèmes.

A son entrée, pâleur, œdème des membres inférieurs, dyspnée marquée, battements artériels. Le cœur est augmenté de volume dans toutes ses dimensions. On entend dans toute la poitrine, même en arrière, un double souffle intense, les deux ‘bruits semblent se prolonger l’un dans l’autre. Leur siège maximum est dans le troisième espace intercostal dans la région sternale. Le souffle le plus intense est le systolique qui se propage vers les carotides; le diastolique n’a pas de propagation nette. La palpation montre un double frémissement synchrone des souffles.

Pendant son séjour, l’œdème augmente ainsi que la pâleur et la dyspnée, apparition d’hémoptysies. La mort survient malgré un traitement énergique.

A l’autopsie, en dehors des signes périphériques d’asystolie, le cœur est énorme, hypertrophié et surtout dilaté; valvules auriculo-ventriculaires saines. L’aorte dilatée ne présente que deux sigmoïdes; au-dessus de la plus grande, présence d’un orifice circulaire admettant le petit doigt et communiquant avec l’artère pulmonaire. Dans la cloison interventriculaire, jute au-dessous de la même sigmoïde, présence d’un autre orifice circulaire de même taille aboutissant dans le ventricule droit. L’artère pulmonaire est saine mais dilatée; ses sigmoïdes sont normales. L’orifice de communication s'ouvre juste au-dessus de l’une d’elles.

Observation de Girard

Homme de trente-huit ans, entré à l’hôpital de Zurich en plein syndrome d'insuffisance cardiaque. Avait présenté dans

l'enfance quelques accès de cyanose à l'effort. A toujours fait un métier pénible.

A trente-deux ans, séjour à l’hôpital pour dyspnée intense et hématurie. Pouls normal; à la palpation de la région précordiale, léger frémissement systolique; à l’auscultation, souffle systolique de la pointe, même souffle aux foyers tricuspide et pulmonaire. Quitte le service au bout de trois mois.

A trente-cinq ans, nouveau séjour pour gastrite, même Symptomatologie cardiaque.

A trente-sept ans, dyspnée d'effort, orthopnée, cyanose de la face, fièvre, œdème malléolaire. A l’auscultation du cœur, bruit de galop. Mort en asphyxie.

A l’autopsie, cœur de 670 grammes; hypertrophie du ventricule droit, oreillette droite dilatée, cloison interventriculaire épaissie sans ouverture, tricuspide normale, présence, dans les cavités droites, d’un thrombus gros comme une noisette. Cloison inter-auriculaire ouverte, artère pulmonaire plus large que l’aorte. A 11 millimètres du bord libre des sigmoïdes aortiques, présence d’une ouverture ronde, de 10 millimètres de diamètre, conduisant directement dans l’artère pulmonaire.

Observation de Cazin

Femme de vingt-sept ans, femme de chambre, entrée à l'hôpital pour un refroidissement. Bien portante jusqu’à vingt ans; depuis, elle ressent quelques palpitations l’éveillant parfois la nuit. Mais elle n’a jamais cessé d’être femme de chambre.

La pointe est dans le cinquième espace, frémissement cataire continu dans le deuxième espace intercostal gauche, souffle continu de la base à renforcement diastolique, se propageant dans tout le tiers supérieur de la région précordiale. On porte le diagnostic de communication inter-aortico-pulmonaire. Il n’y a pas de vérification anatomique.

Observation de Fischer

Fillette âgée de quatre mois dont le cœur présentait un orifice aortico-pulmonaire situé immédiatement au-dessus des

ON

sigmoides. Il y avait sur les sigmoïdes aortiques et pulmonaires des végétations assez importantes.

Observation de Girard, Castelain et M'*° Noel

Homme de trente ans, qui succomba en quelques jours à une endocardite infectieuse aiguë due au streptocoque hémolytique.

L’autopsie montra une communication entre l’infundibulum de l’artère pulmonaire et l’aorte dans la région sigmoïdienne.

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