‹ sur un cas de Gangrène symétrique des doigts à évolution aiguë (Contribution À L'Étude De La Maladie De Raynaud)Chapitre 16 sur 25 · KK · texte numérisé non relu

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Le 16 février, alors que s’esquissait un début de défervescence, apparaît une légère cyanose de tous les doigts et de l’extrémité du nez. Le lendemain, cette cyanose s’est beaucoup accentuée aux doigts et une plaque violacée occupe la pointe du nez. Les orteils conservent et conserveront toujours leur coloration normale.

Très rapidement, les phénomènes s’accentuent au niveau des doigts. Bientôt la cyanose avec refroidissement très marqué y est totale, des plaques violacées siègent même sur le dos de la main. La douleur endurée par la malade est très vive. Cependant, il n’y a aucune modification perceptible au niveau des pouls et l’appareil de Pachon montre que la circulation est normale avec un indice oscillométrique de 2,5, alors qu'il est de 3 aux membres inférieurs.

Dès l’apparition de ces accidents, nous pensons à un syndrome de Raynaud aigu, et on met en œuvre un traitement par l’acétylcholine qui reste sans aucune action, bien que nous ayons poussé les doses jusqu’à 0,60 et que la malade aït reçu en 14 jours 5 gr. 30. Un essai de traitement spécifique par le cyanure intraveineux n’a pas plus d’effet (11 injections de 0,01).

Malgré ces efforts thérapeutiques complétés par la prise de benzoate de benzyle, de citrate de soude, etc., malgré le maintien permanent des mains dans d’épaisses couches d’ouate, bientôt un processus de gangrène s’installe au niveau des doigts dont l’extrémité devient

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violette, puis tout à fait noire, la limitation se fixant, suivant jes doigts, à la phalangette ou au milieu de la phalangine.

Bien qu’au début les doigts, en même temps que cyanosés, fussent gonflés, il n’y a eu que peu de tendance à la gangrène humide. Les quelques phlyctènes apparues ont été facilement séchées par des applications quotidiennes d’air chaud.

Pendant qu’aux doigts le processus s’aggravait rapidement, le placard livide et froid de l’extrémité du nez régressait pour disparaître en laissant seulement une croûtelle qui est tombée d’elle-même, sans être suivie de cicatrice.

L'évolution ultérieure des lésions locales a été celle de toute gangrène. Peu à peu l’extrémité sphacélée, devenue complètement d’un noir bleu, s’est réduite en épaisseur. L’extrémité du doigt s’est effilée et quand la malade est sortie de l’hôpital le 18 mai, un sillon d’élimination marquait profondément à chaque doigt le point futur de cicatrisation. C’est un peu avant ce stade que les douleurs avaient disparu, et la malade pouvait frapper ses extrémités digitales les unes contre les au-

tres en produisant un bruit macabre de castagnettes,

La malade a été revue au mois de février de l’année suivante. Les extrémités digitales de l’auriculaire et de l’annulaire de la main gauche étaient tombées.

Nous croyons savoir qu’une intervention chirurgicale ultérieure, en amputant les parties mortifiées et

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en régularisant les moignons, a conservé aux deux mains une valeur fonctionnelle appréciable.

En résumé, chez une femme de 47 ans, syphilitique avec aortite, mais sans aucun signe de syphilis nerveuse, au cours d’une broncho-pneumonie compliquée de pyélo-néphrite avec grosse azotémie, est apparu un processus aigu vasculaire frappant symétriquement les doigts et le nez et aboutissant rapidement au sphacèle de toutes les extrémités digitales.

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