‹ sur un cas de Gangrène symétrique des doigts à évolution aiguë (Contribution À L'Étude De La Maladie De Raynaud)Chapitre 23 sur 25 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Nous voulons dire tout d’abord, au début de ce chapitre, combien, dans nombre de cas, il est décevant et n'apporte peu ou souvent pas d'amélioration, permettant d’arrêter le processus gangréneux à son origine.

Nous avons vu, en particulier, dans les huit cas que nous rapportons, que pas un, grâce à la thérapeutique instaurée, n’a avorté.

La gangrène confirmée s’est installée et a évolué sans rémission.

Nous éliminons tout de suite de cette question le traitement du mal auquel se surajoute le syndrome (infection, arthralgie, broncho-pneumonie ou congestion pulmonaire).

Il est certain que si la preuve est faite d’une spécificité déjà existante, on ne manquera pas d'instaurer un traitement. Notre malade n° VIII avait reçu sans succès onze injections de 1 centigramme de cyanure de

mercure.

Par contre, Isaac-Georges a pu constater dans un cas chronique une certaine amélioration.

Le médicament de choix, qui a donné de bons résultats dans des cas de simple syncope ou asphyxie locales, doit être employé ici: c’est l’acétylcholine.

Dès l’apparition de la cyanose aux extrémités, notre maître Pagniez fait faire un traitement très poussé, puisque les doses sont allées jusqu’à 60 centigrammes par jour et que la malade, en quatorze jours, a reçu 9 £r, 30.

Les mains avaient été enveloppées dans d’épaisses couches d’ouate.

La malade prenait, en outre, quotidiennement, &es doses de citrate de soude et de benzoate de benzyle.

Nous devons dire que malgré cette thérapeutique, le processus de gangrène s’est installé. Les phlyctènes, aussitôt apparues, ont été séchées par des applications quotidiennes d’air chaud.

Maurice Raynaud, dans le cas n° I, avait essayé des applications journalières d’air chaud, sans grand résultat, puisque la gangrène avait continué à évoluer.

Lorsque la gangrène a évolué, laissant derrière elle les séquelles que nous savons, le médecin doit savoir conseiller aux malades (Obs, de Nielsen et Obs. VII) la désarticulation, supprimant des extrémités qui ne sont plus que gêne pour l’accomplissement des mouvements de la vie quotidienne.

En conclusion, traitement excessivement décevant

des gangrènes symétriques des extrémités: sur les huit cas lus ou observés, huit échecs successifs; la rareté de l’affection peut seule consoler des déboires thérapeutiques éprouvés.

Pour nous résumer, nous pouvons dire qu’à côté du syndrome de Raynaud type, caractérisé essentiellement par des accès de syncope et d’asphyxie locales, survenant par poussées, celles-ci s’échelonnant sur un laps de temps souvent très long, il existe un syndrome voisin très différent cependant, de par:

— son mode d'apparition brutal;

— sa période très courte de syncope et d’asphyxie des extrémités;

— son évolution rapide vers la gangrène confirmée.

Tels sont les faits cliniques qui séparent les deux affections.

Leur évolution marque une gravité beaucoup plus nette que le syndrome décrit par Maurice Raynaud en

Si la mort n’est pas la terminaison fatale des accidents, des séquelles fonctionnelles très graves demeurent, compromettant beaucoup la valeur des extrémités lésées.

L'apparition de cette gangrène aiguë des extrémités

au cours d’une maladie infectieuse est la règle.

SHieE

Cette étiologie spéciale (surajoutée parfois à des troubles endocriniens ou à une spécificité ayant lésé l'aorte et probablement les autres artères) nous oblige à ajouter aux deux faits bien connus et toujours incriminés aujourd’hui dans la pathogénie du syndrome de Raynaud type:

— Je déséquilibre du système neuro-végétatif;

— les lésions vasculaires des artérioles des extrémités ;

— l’élément toxique invoqué par Dufour.

Tout ceci n’est encore qu’hypothèse: trop de faits disparates se heurtent et ne font que compliquer la question. Mais dans l’état actuel de nos connaissances, cette hypothèse est trop séduisante pour que nous ne nous laissions tenter par elle.

Notons enfin, dans toutes les observations rapportées, l’inefficacité du traitement.

Syndrome voisin, donc, de celui décrit par Maurice Raynaud, en différant par son allure clinique, son évolution, son pronostic, apparaissant toujours après une infection, souvent une affection broncho-pulmonaire.

Sa pathogénie n’est guère connue; nous n’avons pas pu ni voulu tirer ici des faits que nous relatons des conclusions définitives.

Notre seul but a été d'apporter une pierre nouvelle à l’édifice, en espérant que dans un avenir prochain le problème sera définitivement résolu.

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