DIAGNOSTIC
On conçoit qu'en l'absence d’anamnestiques aussi importants, le diagnostic de grossesse ectopique puisse être difficile après la mort du foetus, alors qu'il est le plus souvent si aisé à l’aide de tout le faisceau de faits que l'on trouve réuni vers le cinquième mois d'une pareille gestation. Pareille difficulté, l’on s’en souvient; se-rencontrait au début, où la présence d’une tumeur juxta utérine pouvait faire penser à un fibrome ou une salpingite, tandis que l’expulsion de débris de caduque, accompagnée de douleurs, et se produisant à intervalles parfois réguliers, pouvait faire croire à une simple dysménorrhée membraneuse ou à un avortement utérin.
On rencontre aussi quelques incertitudes si, à une époque quelconque de la gestation, on porte le diagnostic de grossesse ectopique, dont les signes physiques peuvent être confondus avec ceux que fournit l'examen d’un utérus gravide en rétro ou en latéro-flexion, d’un utérus porteur d’une grossesse angulaire (dont l’évolution naturelle, rappelons-le, est presque toujours favorable), voire même d’un utérus double dont une des moitiés seule est gravide.
* Il découle de l’énoncé de ces difficultés que l’un des points
essentiels de l’examen sera la recherche attentive d’un corps utérin que la tumeur foetale aura pu refouler dans des directions variés ou même englober de ses adhérences au point que l’on ne peut plus l’en isoler. $
Si on ne le trouve pas, il ne nous semble pas que ce soit une raison suffisante pour s’abstenir. En effet, si l’on met en parallèle tous les risques que nous avons énumérés et que court une femme porteuse d’une grossesse ectopique que son foetus soit vivant ou mort, et ceux d'une laparotomie, qui peut se borner à n'être qu'exploratrice, on n'hésitera pas à intervenir ‘aussitôt qu'une présomption vraiment sérieuse de gestation ecto- ‘pique aura pu résulter d'examens attentifs et répétés.