‹ Sur un cas de hématomes spontanésChapitre 6 sur 8 · PEN RE · texte numérisé non relu

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leurs cellules sur les propriétés contractiles des muscles (Fr. Franck). De là des modifications du tonus vasculaire général, modifications qui se révéleront surtout au niveau des petits vaisseaux, Comme si le grand sympathique-avait été sectionné. Ce tonus dû à l’action des nerfs vaso-constricteurs disparaissant, il se fait une vaso-dilatation. Cette vaso-dilatation résulte-t-elle seulement de la paralysie des nerfs vaso-constricteurs ou est-elle aussi due à l’intervention des nerfs vaso-dilatateurs ? Nous ne saurions nous prononcer. En tout cas cette dernière ne nous paraît pas absolument nécessaire. Ainsi que le dit M. le Professeur M. Duval (Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratique, t. XXXVIIE, p. 481) « en définitive, ce sont toujours les vaso-cons. « tricteurs qui règlent l’état des vaisseaux soit par « leur état de tonus normal, soit par un degré plus « prononcé et réflexe de contraction, soit par une « paralysie momentanée. Ce dernier état est la con- « séquence de l’action exercée sur eux par les nerfs « dits vaso-dilatateurs dont l'intervention est en « rapport avec certains phénomènes fonctionnels « passagers. Ces dilatations sont donc comme un « rouage surajouté pour perfectionner le phénomè- « ne vaso-constricteur essentiel, constant, en vue « de parer rapidement à certaines nécessités fonc. « tionnelles telles que la sécrétion ou l'érection qui « exigent un afflux de sang considérable. »

Et d’après cette théorie de paralysie vaso-motrics

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M. Lerat cherche à établir les relations existantes entre les crises fulgurantes et les hémorragies.

« Suivant toutes les probabilités, dit Charcot, dans ses leçons sur les maladies du système nerveux, ces douleurs dépendent de l’irritation que subissent dant leur trajet intra-spinal ceux des tubes nerveux émanant des racines postérieures qui sous le nom de faisceaux radiculaires internes (masses fibreuses internes ou racines postérieures) dans la nomenclature de Kôlliker, traversent dans une certaine étendue l'aire des cordons postérieurs de la substance grise ». Et M. Lerat d’en conclure : « Ceci étant admis, il y a tout lieu de croire que les hé morragies survenant dans les organes voisins du siège des douleurs tabétiques, ne sont autre chose que le fait d'acte reflexe ayant pour point de départ probable, la participation des fibres sensitifs fournis aux faisceaux radiculaires internes par les racines postérieures à l’irritation permanente des cordons postérieurs ».

M. le Professeur Rauzier dans une revue très documentée des hématémèses tabétiques incline également vers cette hypothèse « de troubles vaso-moteurs congestifs, sans lésions nécessaires des vaisseaux ; ces troubles vaso-moteurs seraient consécutifs à la crise douloureusé qui pReess toujours l'hématémèse ».

Mais à côté de ces hypothèses « classiques », nous croyons utile d'en placer une autre, développée récemment par M. Barré dans sa thèse sur les « ar-

thropathies tabétiques. » Comme la même hypothèse de troubles vaso-moteurs a été admise pour expliquer les arthropathies tabétiques nous pensons que la nouvelle hypothèse de M. Barré peut être attribuée également aux hémorragies tabétiques. |

Pour conserver à cette nouvelle théorie toute son importance et sa valeur, nous ne saurions mieux faire que de citer les passages de la thèse qui nous intéressent tout particulièrement.

Après avoir noté le fait que l’épanchement articulaire des arthropathies est « toujours héimatique et jamais purement séro-fibrineux ou séreux, » et attiré l'attention sur « un fait qui n’a pas été noté encore: la présence d’hémcrragies multiples dans le tissu spongieux des extrémités osseuses », M. Barré passe à l'examen des vaisseaux sanguins. « Dans la moelle osseuse les vaisseaux sont de faible calibre et rares ; parfois on note, de ci de là, des hémorragies importantes et des corpuscules de pigment hématique. »

Dans les vaisseaux articulaires et nourriciers « les lésions portent sur les artères et sur les veines, elles intéressent à un certain degré les vaisseaux principaux de la région (vaisseaux poplités par exemple au genou) mais plus souvent les branches de calibre moyen qui en partent et, en particulier les vaisseaux nourriciers des os. Les vaisseaux articulaires proprement dits sont intéressés d’une façon inégale ; quelques-uns peuvent rester perméables quand leurs voisins sont très lésés, d’autres enfin

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sont très diminués de calibre »..... « Les lésions sont en effet assez souvent limitées à un court ségment du vaisseau, ou au moins, beaucoup plus marquées en un point... L’artère peut avoir le même calibre au-dessus et au-dessous du point oblitéré ; c’est là un fait important à connaître car si l’on se contentait de prélever un fragment de vaisseau on risque de passer à côté de la lésion. Faisons encore remarquer que parfois quand une artère nourricière nous paraissait souple et perméable, nous avons trouvé qu'à son point de départ, sur la paroi du gros tronc dont elle émanait. il existait une oblitération plus ou moins complète de sa lumière. »

« Les principaux types d’altération que nous avons rencontrés sont pour les artères : l'endartérite oblitérante pour les artères de moyen calibre : l’anévrisme localisé pour certaines artères d’un calibre plus élevé ; les lésions de péri et endartérite pour les artérioles. Pour les veines : la phlébite (endo et périphlébite) oblitérante » et M. Barré ajoute : « On ne s’étonnera pas de l’abondance des lésions vasculaires des membres chez ces malades syphilitiques, el nous sommes portés à penser, d’après ce que nous avons observé, que ces lésions vasculaires sont très nombreuses et qu’elles sont autant de lésions d’artérite que de lésions de phlébite qu’on néglige le plus souvent. »

Si les lésions des vaisseaux sont fréquentes et nombreuses, les lésions des nerfs sont, par contre, peu importantes et M. Barré cite la phrase suivante

de M. Bouglé dans sa thèse : « On est frappé de « celte conservation relative d'un nerf qui va se « distribuer à une articulation dont tous les tissus « ont été, depuis de longues années, le siège d’une : « désorganisation et d’une mauvaise nutrition ex-

« cessive. » De même les examens multiples des racines et de la moelle n’ont pas démontré la présence d’autres troubles en dehors de celles qu'on observe ordinairement dans le tabès. Et se basant sur ces faits, M. Barré expose la « théorie vasculaire », ainsi que suit :

« Les examens anatomiques que nous avons faits, nous ont, dès maintenant, permis d'enregistrer un fait très important dont il n’est pas illégitime de tirer quelques déductions. Ce fait c’est l'existence de troubles vasculaires importants intéressant l'artère nourricière de l’os malade à son origine ou sur son trajet et à des degrés divers, les vaisseaux articulaires et aussi les vaisseaux veineux profonds (qui souvent sont totalement oblitérés). Ces lésions vasculaires portent fortement le cachet histologique de la syphilis.. L’œdème qu'on observe peut ressembler tout à fait à celui de la phlébite, car le godet s'y imprime souvent avec difficulté... La rupture d’un vaisseau intra-articulaire provoquée par une fracture profonde ou par l'éclatement de vaisseaux sous l’influence d'hypertension passagère ou sous l'influence d’un traumatisme explique l’épanchement sanguin fréquent. » Et de tout cela M. Barré conclut : « Les lésions vasculaires sont très importan-

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tes et constantes. Les artères et les veines sont intéressées et frappées de lésions oblitérantes sur de pelits segments. Les lésions portent nettement le ca: chet syphiliique.…. L'arthropathie tabétique appartient au chapitre de l’artérite et de la phlébite syphilitique des membres. »

Nous ferons remarquer que déjà, en 1892, M. le Professeur P.Marie, dans ses « Leçons sur les maladies de la moelle », parlant des troules cardio-vasculaires qu'on observe chez les tabétiques dit : « Quantà moi, j'aurai une grande tendance à considérer le tabès et les affections cardio-vasculaires comme n’étant pas dans un rapport.absolu de cause à effet ; je crois que l'explication de la fréquence des lésions cardio-vasculaires dans le tabès :se trouvera bien plus aisément dans ce fait que les tabétiques sont, pour l’immense majorité des syphilitiques. Or, la syphilis est une des plus importantes parmi les causes des lésions cardio-vasculaires, surtout des lésions aortiques. Il n’est donc pas surprenant que chez les tabétiques elle produise simultanément des lésions du cœur et des vaisseaux et des lésions médullaires, de même qu’elle pourrait s'accompagner de manifestations sur la peau et sur les muqueuses. »

Sans avoir de preuves suffisantes pour pouvoir confirmer la « théorie vasculaire », nous avouons que nous aurions plutôt penché vers cette théorie pour l'explication de notre cas d’hématômes spontanés que nous publions. En effet, notre malade est une syphilitique, comme le démontre la réaction de

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