‹ Sur un Cas de Luxation de la Cinquième Vertèbre Cervicale Avec Section de la Moelle à Ce NiveauChapitre 5 sur 21 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Quelles sont les lésions qui caractérisent les luxations du rachis et en permettent la production, particulièrement au niveau de la région cervicale inférieure ? Un mot d’abord sur la conformation normale de cette région : le corps de chaque vertèbre est taillé obliquement d'arrière en avant et de haut en bas ; la face supérieure offre une courbure latérale, et la face inférieure présente, au contraire, une concavité antéro-postérieure ; les surfaces

articulaires de ce nom sont taillées très obliquement,

planes et regardent les supérieures en arrière et en dedans, les inférieures en avant et en dedans. Enfin, les pièces rachidiennes sont reliées entre elles par des articulations, des disques fibreux, des ligaments et des muscles; tous ces moyens d'union, dont quelques-uns sont très puissants, soudent pour ainsi dire entre elles les pièces vertébrales et en font un tout parfaitement homogène et très résistant. On peut donc se représenter la colonne vertébrale dans son ensemble comme une véritable lige, réunissant à la fois les qualités de flexibilité, d’élasticité et de résistance ; et l’on peut concevoir qu'un choc puisse se transmettre d’une extrémité à l’autre de cette tige, en se propageant, de pièce en pièce, jusqu'au point où, par suite de conditions anatomiques ou physiologiques spé ciales, il se produit disjonction ou fracture.

ERPÉTOR

Nous allons passer en revue les lésions qu'on trouve dans les luxations cervicales, en insistant sur celles. déjà notées dans notre observation.

Et d'abord, peut-il y avoir luxation sans fracture ? Longtemps on a cru impossible le déplacement sans fracture; c'était l'opinion déjà formulée par Hippocrate, admise plus lard par Duverney et Louis; et en effet, lorsqu'on fait attention à la solidité des articulations vertébrales, à la résistance des ligaments nombreux, dont la rupture est nécessaire pour qu'un déplacement puisse avoir lieu, au véritable engrenage des surfaces articulaires, on est disposé à douter de la possibilité des luxations traumatiques simples, et il semble tout d’abord qu'une fracture préalable en est la condition indispensable. Cependant cette théorie, déjà mise en doute par Fabrice de Hilden et Scultet, fut plus tard discutée et battue en brèche par plusieurs auteurs, Dupuytren en particulier : depuis, des faits nombreux el irrécusables ont montré que si la doctrine d'Hippocrate pouvait être considérée exacte pour les vertèbres dorsales et lombaires, elle était fausse pour la région cervicale, où les luxations pures se rencontrent souvent. La nôtre entre dans ce cas: il nous parail difficile, en effet, de décorer du nom de fractures les lésions osseuses minimes que nous avons trouvées ; el nous pouvons toujours affirmer que si fractures il y a eu, elles n’ont été que la conséquence de la luxation.

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