‹ Sur un cas de paludisme et son traitement (volume 2)Chapitre 11 sur 18 · AE, | EE · texte numérisé non relu

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On rencontre aussi des formes dyspneiques, angineuses des hémorragies, hemoptysies, purpura, epistaxis.

Cette dernière hémorragie est commune surtout chez les enfants du second âge, nés et élevés aux colonies et chez qui les accès frustes s’observent sous toutes leurs formes.

Elle est précédée d’une poussée fébrile qui peut n’être que subjective, mais qui se traduit, au minimum, par une turgescence du visage, des yeux, du nez, par de la céphalie gravative. Dans ces conditions, l’épitaxis est un phénoméne congestionnel et même critique; elle alterne avec des accès frustes que j’ai décrit précédemment et on lui retrouve dans ces cas, comme dans les cas de conjonctivite larvée, une certaine périodicité; elle cède aussi facilement au traitement quinique que l’accès dont elle est le masque.

L’épistazis ne survient pas seulement comme complication, mais elle est notée fréquemment comme constituant seule ou presque seule de détermination palustre. Dans ces conditions, elle revient à intervalles à peu près réguliers, tous les quatre ou cinq jours, comme si elle remplacait un accès de fièvre.

Gaide cite Le cas d’un tirailleur entré à l'hôpital pour anémie palustre. Jusqu'à sa sortie par réforme, il présenta tous les quinze jours environ une epistaxis abondante Sans aucun mouvement fébrile.

Sans entrer dans la description des autres formes de paludisme larvé, je citerai cependant la neurasthénie paludéenne. Dans cette forme, l’imprégnation première n'a pas été grave; les récidives ont eu lieu sous des formes

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atténuées; l'infection est invétérée, mais elle n’est pas profonde. Il s’établit une dépression extrême des forces avec fatigue cérébrale et dépression morale; les idées s’assombrissent, le caractère se modifie, et cependant, il n'existe pas à vrai dire de troubles mentaux, mais une sorte d’irritabilité maladive.

Si toute cette partie peut échapper à l’attention du médecin, étant donné la légèreté et la déviation symptomatologique, à plus forte raison l’infection palustre serat-elle méconnue quand elle sera restée latente dans l’orga-

nisme. x

Il arrive fréquemment de constater que des militaires et des colons, n’ayant présenté aucune manifestation avérée de paludisme pendant un long séjour hors d'Europe, sont pris à l’arrivée et parfois très longtemps après leur retour d’accès paroxistiques à formes graves.

Le parasite chez les impaludés peut s’enclore dans les organes internes. Le drame, ont dit Dutroulau et Manson, se passe dans la rate.

Cette latence est dite temporaire ou durable. Aux intervalles existant entre les reprises périodiques des accidents, au cours de la saison estivo-automnale, correspond la latence temporaire. Qu'elle se prolonge pendant les mois d'hiver, ce sera la latence durable. Ce silence de la maladie peut s’étendre à de très longues périodes si on ne fait rentrer dans l’histoire des cas palustres que les accidents

considérés comme typiques.

Un pas de plus dans la latence, la malaria sera non seulement enclose, mais réellement fermée, les facteurs de

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réveil semblent sans action et cependant il reste un état général et même des lésions progressives qui sont le résultat d’une intoxication persistante. Splenomegalie, anémie plus ou moins marquée. La conception qui tend à limiter la maladie à la présence et au développement dans la circulation générale des formes parasitaires actuellement cataloguées, est en contradiction avec la clinique. La maladie peut commencer et se prolonger au-delà de ce

parasitisme.

Comment expliquer ce réveil, cette reviviscence du paludisme dans l’organisme d’un sujet soustrait à toute nouvelle infection ? C’est par un mode spécial de reproduction de l’hématozoaire dans l’organisme humain.

Ce parasite a trois modes de reproduction :

4° Reproduction asexuée : Shizogonie;

2° Reproduction sexuée du macrogamite après fécondation : Sporogonie ;

3° Reproduction sexuée du macrogamite sans fécondation : Parthoginèse.

Reproduction asexuée ou schizogonie. — La jeune plasmodie qui vient d’infecter un globule est constituée par une masse de protoplasma de forme variable capable de se mouvoir par la formation de pseudopodes. Elle renferme un noyau pourvu d’un nucléole auquel on donne généralement le nom de karyosome. Ce parasite grandit, acquiert du pigment et, à un certain moment, divise son noyau, chaque noyau secondaire s’entoure de protoplasma et constitue un merozoïte. Au moment de l’accès de fièvre,

ces merozoïtes, mis en liberté dans le plasma sanguin, envahissent les globules rouges sains et le cycle évolutif recommence. On donne le nom de corps en rosace, de corps muniforme, à la masse formée par l’agglomération de merozoïites dans le globule rouge.

Reproduction sexuée ou Sporogonie, — À un moment donné de leur évolution, certaines plasmodies, qui ressemblent beaucoup à celles qui vont donner des rosaces, se différencient en éléments sexués ou gamites. Certains gamites sont mâles (microgamétocytes), et donnent naissance à un certain nombre de spermatozoïdes ou microgamites (flagelles). Les autres gamites sont femelles, ce sont les macrogamétocytes qui, par élimination de globules polaires, deviendront des macrogamites ou œufs prêts à être fécondés.

Ces éléments se rencontrent dans le sang de l’homme, mais leur évolution intérieure ne peut se faire que dans l'estomac du moustique du genre Anophèle.

Reproduction par: parthénogenèse. — Appelée aussi shizogonie regressive. Schaudinn le premier, en 1902, constata dans le sang d’une femme atteinte de récidive de fièvre tierce (et cela deux jours avant l’accès fébrile) la présence de macrogamites en voie de schizogonie. En un mot, il vit le gamite femelle qui semblait exclusivement destinée à se reproduire après fécondation par l’élément mâle, se reproduire par véritable parthénogenèse, c'està-dire sans fécondation préalable. Voici comment se fait cette parthénogenèse : le macrogamite se scinde pour ainsi dire en deux parties : 1° une partie stérile, à protoplasma

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