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de 10 cms., marche, court, porte de lourdes charges, monte des escaliers sans difficulté.
Qu'on nous permette de rappeler deux observations plus récentes que nous avons recueillies dans les Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie de Marseille, toutes deux de janvier 1932.
Huard présente un jeune Annamite qui s’est cassé la rotule par contraction musculaire en montant un escalier. Le blessé continue à assurer son service. Quand il est vu à l'hôpital, trois mois après l’accident, le cal fibreux atteint 6 cms. La flexion du genou est normale, l'extension se fait correctement par l’intermédiaire « de deux brides fibreuses qu’on voyait se tendre de chaque côté de la rotule ». À noter cependant que, si le blessé chausse un soulier un peu lourd, son talon ne décolle du plan du lit qu'avec difficulté. La marche à une allure moyenne et en terrain plat est normale, mais elle devient difficile dès que le terrain est accidenté ou qu’il s’agit de monter ou de descendre les escaliers. L’accroupissement est également assez difficile et l’amyotrophie quadricipitale nette (5 cms).
Cottalorda présente un sujet qui, vinet ans plus tôt, à la suite d’une chute, s’est fait une fracture de la rotule à quatre fragments. Malgré l’écartement considérable de ces fragments, « le résultat fonctionnel reste parfait, et les mouvements du genou ont gardé toute leur amplitude ». « Ce blessé est venu consulter pour des phénomènes de blocage du genou en extension. Ce blocage semble dû au fraoment externe dont la mobilisation est d’ailleurs douloureuse ». Cottalorda se propose d'enlever le seul fragment gênant si les phé-
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nomènes persistent, et compte pouvoir le faire « sans nuire au fonctionnement du genou ».
Pour résumer ce chapitre, nous avons vu qu’on reconnaît à la rotule des rôles variés. On lui attribue un rôle d’organe protecteur : c'est évidemment là une fonction très occasionnelle. Elle sert de coussinet de frottement au tendon du quadriceps : ce rôle est médiocre. Elle surélève le point d'application du muscle extenseur : nous nous sommes expliqué sur l'intérêt relatif de cette fonction et sur le degré du déficit qu'entraîne la suppression du sésamoïde. Son rôle le plus utile est peut-être de servir de guide au tendon. Nous allons montrer qu’en fait, la rotule n’est pas nécessaire au bon fonctionnement du genou. Une anomalie congénitale, l’agénésie de la patelle, nous en donnera des preuves convaincantes.
Cadilhac, dans une thèse présentée à Montpelllier en 1907, en raporte 84 cas. Nous n’en retiendrons que quelques-uns, les plus significatifs, où la malformation qui nous intéresse est isolée et ne s'accompagne pas de difformités qui compromettent gravement le fonctionnement du, membre.
Il nous rapporte une observation publiée dans le London Medical Record, qui concerne un adulte chez qui on a constaté l’absence unilatérale de rotule avec une rotule rudimentaire du côté opposé. Le fonctionnement du genou est excellent et le sujet est devenu officier.
De Wolff, un cas publié dans le Münschen Medicinische Wochenschrifit. I] s’agit de trois membres de
la même famille, la mère, son fils et sa fille, qui ont