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LA PATELLECTOMIE : SES ECHECS, SES SUCCES

Si la patellectomie devient d’actualité à la suite des travaux anglais, ce n'est pas d'aujourd'hui qu’elle à été envisagée comme une opération utile et parfois même nécessaire. Dès 1883, Chaput, dans sa thèse, entrevoit la possibilité d'enlever le fragment supérieur dans son cas n° 4, cas des cals fibreux longs de 2 à 5 cms limitant la flexion, et recommande la patellectomie totale, comme étant la seule opération curative possible, dans son cas n° 2 de rotule trop volumineuse faisant attelle en avant du genou et rendant la flexion impossible ou très limitée. Chaput est déjà persuadé « que l’ablation de la rotule ne doit pas gêner les mouvements du genou ». À cette idée théorique, il tenie de donner une base expérimentale et pratique quatre rotulectomies sur quatre chiens différents. L'un de ces chiens fait une arthrite purulente et doit être abattu. Deux autres guérissent « avec un résultat fonctionnel parfait ». Le quatrième, ajoute plaisamment Chaput, marche dès le troisième jour et s'échappe le quatrième. Et dans le même travail, nous lisons que la patellectomie a été pratiquée pendant les guerres du premier Empire, plus de cinquante ans avant l'ère Pastorienne,

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par Percy et Larrey, sur des soldats blessés au genou par coup de feu, et « les blessés ont guéri et marché

ensuite facilement ».

Les chirurgiens de la guerre 1914-1918 n'allaient pas avoir la main aussi heureuse que leurs illustres devanciers. La patellectomie a été fréquemment pratiquée pendant cette guerre, mais elle ne l’a été qu'accessoirement, peut-on dire, au cours du traitement des blessures du genou par armes à feu. Les plaies du genou ont posé aux chirurgiens ‘un des plus graves problèmes à résoudre, et Tanton peut écrire en 1916 « qu’elles ont été, au début de la guerre, la terreur des chirurgiens ». Les théories s'affrontent : drainage à minima, large drainage par incision en U, résection précoce du genou, abstention expectative. C’est dans les observations de plaies du genou qu'il nous faut rechercher les cas de patellectomie.

Dès 1915, X. Delore et Kocher écrivent « s'être trouvés deux fois, pour la rotule, en présence de fractures comminutives à 15 ou 20 fragments dont quelques-uns complètement libres. La résection de la rotule, suivie, dans certains cas, de fermeture complète de la synoviale, nous a donné un résultat parfait avec retour rapide des mouvements de la jointure. Cette résection de la rotule ne sera du reste indiquée que lors des très gros éclatements ». Et en tirant leurs conclusions, les mêmes auteurs nous disent : « dans un deuxième cas (de plaie au genou), la rotule fut enlevée tout entière ainsi que quatre éclats contenus dans Îla synoviale. Cette dernière fut refermée au moyen de

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