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montrent les dégâts fonctionnels que peut causer un état réactionnel de la synoviale qui s’est traduit, dans le cas du premier blessé, par une douleur très vive et persistante.
Enfin, les Mémoires de la Société de Chirurgie nous rapportent, à la date du 25 juillet 1917, deux cas de rotulectomie présentée en tant que telle var Mauclaire Le premier cas est de Stern: il est peu brillant. .Il s’agit d'un blessé du genou à qui la rotule doit être enlevée par arthrotomie en U. Cinq mois après la blessure, si la flexion peut aller jusqu’à l’angle droit, l’extension est impossible et le talon ne peut être détaché du plan du lit. Le cas de Mornard est meilleur, puisque le malade marche, fléchit la jambe et garde une extension active notable, sans plus de précision. X. De. lors et Kocher, Pierre Mocquot et Raoul Monot nous ont présenté des résultats bien supérieurs et mieux établis. Aussi Mauclaire, le rapporteur, paraît-il peu enthousiaste. Il rappelle, à cette occasion, deux cas qu'il a observés lui-même. Dans le premier, (« malgré une solidité apparente du membre, le genou a des flexions brusques ». Le deuxième blessé « garde une jambe ballante ». On ne peut guère trouver rapport plus désenchanté.
Que conclure de toutes ces observations de guerre? Elles sont trop incomplètes pour nous permettre de porter un jugement sur la patellectomie. Mauclaire
disait lui-même : « J’ai vu rapporter d'assez nombreux
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cas de patellectomie. Les résultats fonctionnels, au point de vue de la marche et de la solidité articulaire, sont tantôt bons, tantôt assez mauvais, mais sans détails précis au point de vue de la solidité réelle de l’articulation ».
Les chirurgiens du front pouvaient-ils faire mieux ? Evidemment non. Qu'on réfléchisse aux conditions dans lesquelles toutes ces opérations ont été pratiquées : c’est à l’avant, à quelques kilomètres des lignes, bien souvent dans des ambulances mobiles. Seuls sont gardés les blessés qui ne peuvent être emmenés à l'arrière, soit que leurs blessures demandent des soins immédiats, soit que la gravité de leur état ne permette pas de les transporter plus loin. Et dès qu'ils sont en voie de guérison, ils doivent être évacués pour laisser la place aux trop nombreux arrivants. Le chirurgien ne peut, dans ces conditions, suivre les résultats éloignés de son opération.
Ce qui lui importe d’ailleurs, c’est le résultat immédiat, la victoire sur l'infection et, s’il la remporte, il est sausfait et déclare son blessé guéri. Cette préoccupation se suffisait à elle-même. Pour s’en convaincre, 1l r'est que de relire les discussions qui se sont élevées précisément au sujet des plaies du genou. Au début de la guerre, suivant une circulaire du Médecin Généal Delorme, les blessés « étaient empaquetés aussi «septiquement que possible et aussi désinfectés qu'on le pouvait et expédiés à l'arrière ». X. Delore et Kocher, déjà cités, demandent dès 1915 « que cette chirurgie articulaire soit pratiquée à l'avant » et ajoute
même que « c'est à l'avant qu'elle doit être prati-
SP à NE
quée ; tandis que Léon Bérard et Barjavel insistent au contreire, à la même époque, pour que « les blessés du genou soient évacués aussi directernent que possible sur une formation chirurgicale stabl: où le même chirurgien c{sistera aux diverses étapes de la lésion articulaire, et pourra, dès le r{but, adopter une thérapeutique rationnelle et conduira ainsi lui-même, sous une surveillance étroite de chaque jour, son malade jusqu à la guérison ». X. Delore et Kocher devaient fina lement avoir gain de cause et, dès 1916. Pierre Delbet, dans une discussion qui dévie sur la circulaire très critiquée du Médecin Général Delorme, déclare « qu'elle (la circulaire) a pu donner au Commandement l’idée que les chirurgiens n'étaient pas utiles à l'avant, tandis qu’en réalité il faut les rapprocher autant que possible du lieu de combat ». Soigner le genou, éviter l’athrite purulente et ses suites mortelles fréquentes : telle était la consigne du chirurgien de l’avant et il faut bien dire que la rotulectomie n’était qu un élément accessoire de ses traitements.
Dans quelles conditions la pratique-t-1l? Nous avons vu lanton l'utiliser une fois au cours d’une réinter. vention dans un but de drainage de l'articulation infectée. Encore cette intention n'est-elle pas clairement indiquée par son auteur. Mais, dans tous les autres cas, la rotule n’a été enlevée que parce qu’elle a été réduite en plusieurs fragments par le projectile qui l’a frappée. X. Delore et Kocher enlèvent une rotule pulvérisée « en quinze ou vingt fragments ». C’est dire que le chirurgien enlève les rotules irréparables par les procé-
dés habituels déjà classiques à cette époque : la suture
nie —
et le cerclage. 11 semble que l'indication s'impose et
c'était, nous l’avons rappelé, l’avis de Chaput.
Ce n'était pas celui de Raymond Grégoire: « la rotulectomie, dit-il, n’est pas indispensable pour guérir une plaie avec fracture de cet os ». Il présente à la Société de Chirurgie, le 17 octobre 1917, neuf cas de fractures comminutives ouvertes de la rotule, qu'il a traités par l’arthrotomie avec esquillotomie, voire par la seule ponction du genou, et ses blessés sortent, après un séjour d’un mois environ à l’ambulance, « guéris » et présentant une mobilité de l’article plus ou moins étendue, qui est notée soigneusement. Et l’auteur d'ajouter : « quant aux résultats fonctionnels, il est à peu près impossible aux chirurgiens de l'avant de les connaître, inais j imagine qu'ils ne peuvent être plus mauvais que ceux que peut donner l’ablation de la
poulie de réflexion du quadriceps crural ».
L'opinion des chirurgiens de l'arrière, Cotte nous l’a donnée dans un rapport fait à la Société de Chirurgie, le 7 mars 1917. Elle n’est guère favorable à la rotulectomie, Cotte a vu six cas de plaies du genou avec lésions de la rotule. Dans deux de ces cas, « l’intervention faite à l’avant avait consisté en une ablation complète de la rotule avec nettoyage de l'articulation. Les suites furent simples. Guérison avec ankylose complète, en trois mois dans un cas, en six mois dans l’autre ». La simple esquillotomie faite dans les quatre autres cas n'a d’ailleurs pas eu des effets plus merveil-
leux, puisqu'elle fut suivie chez l’un des blessés de la