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guérison complète avec ankylose, chez les trois autres de la résection chargée d’arrêter, dans son évolution, l’arthrite vpurulente déclarée. L'auteur termine sor rapport qui visait les plaies du genou en général, en marquant ses préférences pour la résection précoce contre la méthode dont X. Delore et Kocher ont revendiqué la paternité dars une lettre à la Société de Chirurgie,
en date du 8 novembre 1918.
On conçoit combien il serait intéressant de retrouver après guerre les blessés qui ont été rotulectomisés et de vérifier les fonctions de leur genou. Ce travail a été fait en partie par Marty dans sa thèse déjà citée. Ses conclusions sont très défavorables à la méthode. Il rapporte 110 observations de patellectomie. Sur ces 110 cas, il y a une guérison seulement avec résultat fonctionnel « remarquable », 34 ankyloses, et le reste du lot constitue des résultats plus ou moins bons, avec réduction plus ou moins étendue des mouvements de flexion, avec diminution plus ou moins importante de la force d’extension. Plusieurs fois, l’auteur note que, malgré une certaine liberté des mouvements, le membre est inutilisable, ou que le genou soit ballant, ou qu'il ne présente pas un appui suffisamment solide et qu'il ait une tendance fâcheuse à se dérober sous le poids du corps. Aussi bon nombre de ces genoux mal assurés ont-ils dû être consolidés par des appareils orthopédiques, genouillères fixes ôu articulées, en matière dure, plastique ou souple. L'auteur nous apprend qu'au Centre d’appareillage de Toulouse, 21 sur 22
patellectomisés ont dû être munis d'appareils. Il est
certain qu'au regard de ces résultats déplorables, la résection précoce chère à Cotte présente de grands avantages. Elle apporte plus de sécurité dans la lutte contre l'infection première de l’article. Elle donne au blessé un membre solide : pas besoin d’appareillage, encombrant pour le blessé et dispendieux pour l'Etat responsable. Le membre, enraidi par la suppression de sa jointure, est d’ailleurs plus facilement utilisable qu'un membre ankylosé ou consolidé par une genouillère : la résection des surfaces articulaires donne au membre raide un raccourcissement favorable à la marche. Cette conclusion, nous dit Marty, serait celle de l’autorité militaire, bien placée pour tirer la leçon des
faits : elle paraît évidemment des mieux fondées.
De toutes ces tentatives de guerre, la patellectomie est sortie avec une bien mauvaise réputation. Elle est considérée plus comme une opération de nettoyage que comme un mode de traitement. C’est le type de ces interventions qu'on ne pratique que la « main forcée ». Elle a été chargée de maux dont elle n’est pas responsable.
En effet, les dégâts ne se limitent malheureusement pas à la rotule. Les tissus fibreux péri et pré-rotuliens sont arrachés, déchiquetés par le projectile : comment assurer leur réfection? et nous savons cependant que cette restauration est nécessaire au bon fonctionnement du genou et du quadriceps. L'articulation est souillée de produits hyperseptiques : débris de vêtements, parcelles de terre, parcelles d’humus, éclats d’obus inclus.