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Son nettoyage est souvent tardif : en général plus de six heures après la blessure. Et quand il est précoce, est-il toujours suffisant? S'il y a des ankyloses, des limitations de la flexion, des craquements articulaires, des douleurs persistantes dans la jointure, ce sont les lésions de la synoviale qu'il faut incriminer et non la rotule absente. C’est l'évidence même. Aussi, quand Raymond Grégoire nous dit : « que les résultats fonctionnels (obtenus par sa méthode abstentionniste ou tout au moins conservatrice) ne pouvaient être plus mauvais que ceux que peut donner l’ablation de la poulie de réflexion du quadriceps crural », nous disons, avec tout le respect que nous devons à ce Maître, qu'il fait là une erreur, et les résultats consignés dans nos obser-
vations le montreront,
Cette erreur nous la retrouvons à la base d'une observation qui provoqua l'enthousiasme de la Société de Chirurgie à qui elle fut présentée par Raymond Grégoire précisément. Delrez, de Liége, opère à la fin de la guerre, le 29 septembre 1918, un soldat qui avait eu la rotule « fracassée » par un éclat d’obus. Le projectile est resté inclus dans l’articulation. L’opération est pratiquée dans des conditions défavorables : 48 heures après la blessure. La synoviale, en état marqué de réaction : rougeur, tuméfaction, « exsudation trouble », n’en est pas moins refermée par première intention. En janvier, quatre mois après l’intervention, les résultats fonctionnels restent médiocres : la
marche est défectueuse, la flexion active presque nulle,