ET LAS
la flexion passive limitée à 20°. De l'extension, :l n'est pas parlé.
Delrez, rejetant tout le mal sur la rotule absente (les absents ont toujours tort), pense dès ce moment à greffer au blessé une rotule empruntée à un cadavre. Dès le 16 janvier 1919, à peine quatre mois après la blessure, la réimplantation rotulienne est tentée. Les résultats furent « admirables », pour employer le qualificatif de Mauclaire qui intervint dans la discussion. Quatre semaines après, le blessé est debout et « marche ». Six semaines après, la flexion active atteint 30 à 35°. Quatre ans après, l’extension est totale avec un quadriceps léoèrement atrophié. Radiosraphiquement comme cliniquement, les deux rotules, la vivante et la « morte » paraissent identiques.
Cette observation paraît, à première vue, apporter une preuve irréfutable de la nécessité de la rotule au bon fonctionnement du genou (et Raymond Grégoire se servira de cette preuve, dans son intervention lors de la discussion de l'observation de Hepp que nous allons rapporter, pour déclarer que («marcher convenablement sans rotule est impossible »). Elle appelle certaines remarques restrictives.
Tout d’abord, ce n’est pas une rotule qui a été réimplantée, mais une rotule accompagnée de son surtout fibreux et de ses ailerons. Or, Delrez ne nous dit pas l’état des ailerons de son blessé. Nous avons déjà signalé plusieurs fois ou l'intérêt qui s'attache à leur intégrité. Alors que la balle, en raison de sa vitesse et de sa forme, ne crée dans les tissus mous que des dégâts relativement infimes et réparables, l'éclat d’obus