‹ Sur un cas de patellectomieChapitre 24 sur 46 · HOTTES · texte numérisé non relu

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cipital. Mais si le fragment inférieur est trop petit, ils enlèvent délibérément toute la rotule, même si le fragment supérieur reste important.

Leurs conclusions sont que l’excision totale donne d’excelients résultats fonctionnels et qu'elle abrège, d’un mois environ, le temps d’hospitalisation que

nécessite le traitement par les méthodes classiques.

Brooke (de Chichester) est un partisan beaucoup plus déterminé de la rotulectomie. Il la propose comme méthode de choix dans le traitement de toutes les frac. tures du sésamoïde, même dans les fractures transversales fermées à deux fragments. Il en obtient des résultats tellement étonnants qu’on ne peut se défendre d'une certaine incrédulité. Noûs allons analyser, avec quelques détails, ce travail important.

Brooke n’opère pas ses blessés le jour même de l’accident. Il fait au préalable un nettoyage soigneux et répété des téguments avec les antiseptiques usuels. Il ne fait là qu'’appliquer les idées de Lucas-Championnière (lequel revient à plusieurs reprises, au cours des discussions qui se sont engagées à la Société de Chirurgie, autour de 1900, sur le traitement chirurgical de la rotule par cerclage ou suture), sur la nécessité absolue de cette antisepsie préopératoire de la peau.

Brooke commence par poser sur le membre une bande d'Esmarch chargée d'assurer l’hémostase. Il fait une incision verticale des téguments sur le milieu de la rotule, qui lui donne un jour suffisant sur la lésion osseuse. [Il enlève jes caillots. Il dissèque ensuite

RTS

au scalpel les fragments rotuliens. Il répare, s’il y a lieu, mais toujours avec beaucoup de soins, par des points séparés à la soie, la déchirure des ailerons. Pour combler la brèche tendineuse, il emploie deux méthodes dont le choix lui est fixé par l’état du surtout fibreux. Si l'écart est peu important entre les tendons, il se contente de les rapprocher et de les réunir par des points séparés à la soie. Si la brèche est grande, il la comble avec un lambeau de fascia lata prélevé sur l’autre cuisse. La plaie est fermée par première intention.

Brooke attache une très grande importance au pansement terminal. Rejetant l'emploi de toute attelle qu'il accuse de mal répartir les pressions et de retarder la mise en œuvre du traitement mécanique postopératoire, il fait un bandage très $erré avec gaze et coton. Ce bandage, assure-t-1l, épouse avec exactitude les contours osseux, comble les dépressions et suffit à maintenir la jambe en extension. Grâce à cette adaptation parfaite du pansement à la jointure, Brooke se flatte d'éviter la formation de poches sanguines auxquelles :il attribue la part la plus grande dans l’installation d’une infection articulaire postopératoire et la constitution d’adhérences tardives très gênantes pour le fonctionnement du genou.

Le rétablissement du blessé est rapide et tient du miracle. Dès le deuxième jour l’opéré doit se lever de son lit sans aide. I] maintient sa jambe en extension en tirant sur les deux chefs d’une bande passée sous le pied et exécute le mouvement d’abaisser son

membre à terre et de le replacer sur le lit. Du cin-

quième au septième jour, le blessé marche, la jambe en extension, en s'appuyant sur des chaises disposées parallèlement. À partir du septième jour il fait des mouvements actifs du genou, autant que son pansement contentif le lui permet. Le dixième jour, les points de suture de la peau sont enlevés et le pansement est remplacé par une bande caoutchoutée, genre bande d’Esmarch. Cette bande est laissée en place jour et nuit pendant deux semaines, puis, pendant deux autres semaines encore, le jour seulement. Après quoi le genou est laissé libre. Le blessé reprend son travail suivant son genre d'occupation, de trois à six semaines après l'opération.

Tous les mouvements de l'articulation reviennent intégraux, le quadriceps n’est pas diminué de volume, il garde toute s4 force. Mieux même, et c'est ici qu'on ne peut se défendre d’une certaine incrédulité, il en gagnerait. Brooke nous dit que certains de ses opérés ont constaté eux-mêmes cette augmentation de force de leur membre. Et pour la mettre en évidence, il utilise tout un système de leviers dont la longue description est moins claire que ne le serait un simple schéma. Nous pouvons leur substituer, plus simplement, un dynamomètre appliqué à la cheville du patient. Brooke a étudié tout d’abord la force comparée des deux quadriceps chez des sujets indemnes et il a constaté que cette force était égale de l’un à l’autre. Ce fait établi, il compare la puissance des deux quadriceps de ses opérés et, pour donner plus de valeur à ses essais, il les fait contrôler par un

deuxième expérimentateur qui en ignore les résultats.

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