‹ Sur un cas de patellectomieChapitre 26 sur 46 · OÙ · texte numérisé non relu

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l’opéré et l’indemne, sont, en moyenne, de deux à quatre livres.

À supposer que les expériences soient exactes dans l’ensemble et qu’il soit démontré que l’action du quadriceps du membre opéré soit plus efficace que celle du muscle opposé, à quoi faudrait-il rapporter ce surcroît d'action ? Î] est invraisemblable que le muscle ait gagné en puissance du fait de l'opération. Il faudrait donc supposer que l’excision de la patelle lui aurait procuré une meilleure application de sa force. Bref, la rotule serait, non point utile, mais gênante. N'est-ce point là manier le paradoxe ? Nous le croyons.

Aussi préférerions-nous, au lieu des mensurations dynamemétriques dont l’imprécision ressort des chiffres mêmes de leur auteur, des résultats d’épreuves fonctionnelles : épreuve du saut, de la marche sur la pointe des pieds, du passage de la position accroupie à la station debout, de la simple ascension d’escaliers, de la montée sur une chaise d’un seul pied, sans élan et sans appui, le choix de ces épreuves dépendant des possibilités du sujet. Ces épreuves, Brooke ne les a pas faites, ou ne les signale pas. Tout au plus nous dit-il, dans deux observations concernant des netioyeurs de vitres, que ces ouvriers ont repris leur travail et grimpent à leurs échelles aussi facilement qu'auparavant.

Jusqu'à ce que vérification en soit faite par d’autres expérimentateurs, et peut-être dans d’autres conditions et avec d’autres moyens, l'augmentation

de la puissance d'action du quadriceps du côté opéré

Eds re Nil

restera douteuse pour nous. Et cependant nous voudrions rapprocher des observations de Brooke, deux constatations que nous avons relatées, sans y ajouter de commentaires, dans les cas d'absence congénitale de la rotule tirés de la thèse Cadilhac.

Deux cliniciens, Vuth et Otto Heine, rapportent, dans deux revues différentes, avoir constaté, chacun de son côté, une augmentation considérable de la tubérosité antérieure du tibia. Vuth dit que cette apophyse fait chez son sujet une assez forte saillie et pourrait être prise pour la rotule: à un examen très superficiel. Le malade d'Otto Heine a une tubérosité très saillante, apparaissant comme une exostose triangulaire. Les deux arotulés, grâce à cette augmentation de volume de leur tubérosité tibiale, ont reporté en avant le point d'application du ligament rotulien, allongé, du même coup, leur levier AB (se reporter à nos figures) et augmenté, en conséquence, la puissance d'action de leurs quadriceps. Tous deux sont sportifs, tous deux sont très musclés. L'influence du sport sur le développement des os et sur l’augmentation de volume des apophyses servant aux insertions des muscles, surtout pendant l’enfance où les os sont plus malléables, n’est plus à démontrer. La privation de rotule chez les sujets des deux médecins allemands a-t-elle conféré à leurs quadriceps, conformément aux assertions de Brooke, une puissance plus grande, et a-t-elle été la cause indirecte de l’augmentation de volume de leurs tubérosités tibiales antérieures ? Ou faut-il ne voir, dans ces apophyses anormalement volumineuses, qu'une anomalie squelettique supplémen-

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