‹ Sur un cas de patellectomieChapitre 8 sur 46 · LAURE · texte numérisé non relu

LAURE

mécanique, nous dirions volontiers que la patelle est une came. À quel point cette came est-elle utile et quelle est l'importance des services qu’elle peut rendre à l'articulation ? Loin de nous la prétention de vouloir résoudre le problème compliqué de la mécanique du genou. Ce problème dépasse de beaucoup notre compétence. Après un examen attentif, sur un cadavre, du fonctionnement de l'articulation que nous avions découverte sur un côté, nous croyons pouvoir proposer les solutions mathématiques suivantes qui ne visent que le jeu de la rotule.

Nous posons comme principe que nous pouvons négliger le rôle des ménisques dans la mécanique du genou. Tibia et fémur prennent point d'appui l’un sur l’autre par un point et non par une surface. Mouchet et Tavernier ont dit au 35° Congrès de Chirurgie que « les ménisques ne font pas l'office de talonnette sur une jambe trop courte, ils sont plutôt comparables, comme disait Farabœuf, aux ronds des pâtissiers qui portent des paniers sur leur tête. Cette comparaison imagée n'est pourtant pas entièrement juste car la couronne du boulanger supporte tout le poids de la charge, tandis que l'appui du condyle fémoral se fait directement sur la partie centrale du plateau tibial. et que les ménisques ne supportent, dans les conditions normales, qu’une très faible partie de cette pression. Leur section triangulaire les fait, en effet, fuir constamment sous la pression, comme un pépin d’orange pressé entre la pulpe des doigts. Les connexions qui les unissent au tibia sont solides mais trop lâches pour les maintenir en place sous l’appui ».

LAURE SRE

Dans le mouvement de rotation du tibia autour du fémur, le plateau tibial reste tangent aux condyles et le point de contact fémoro-tibial est à l'extrémité des rayons condyliens que nous savons être de plus en plus grands de l'arrière à l’avant. Cette forme irrégulière des condyles donne toute sa complexité au mouvement du genou. Mais, plus simplement, le point de contact peut encore être considéré, dans une position donnée, comme le point d’appui d’un levier À B, dont la force, force du quadriceps que nous représentons par Q, est appliquée en B, c’est-à-dire sur la tubérosité antérieure du tibia. Nous allons étudier successivement cette force Q dans trois positions d’équilibre.

1° Prenons une position d'équilibre en flexion, par exemple la jambe à 90° sur la cuisse. Remplaçons la force Q par deux composantes, l’une Q,, perpendiculaire au levier À B, qui sera vraiment la force active, et l’autre Q: dirigée suivant le bras de levier. Nous pouvons poser : Q, — Q sinus *, * représentant l’angle fait par la direction de la force Q, c’est-à-dire par le ligament rotulien, avec le bras de levier À B. Nous voyons que la force Q, dépend tout d’abord de la force Q que nous savons soumise à l’influx nerveux, et, de ce fait, variable au gré du sujet, mais qu'elle dépend aussi de l’angle *. Plus cet angle se rapprochera de 90°, c’est-à-dire plus la direction de la force Q se rapprochera de celle de la force Q,, plus le sinus z se rapprochera de | et, par conséquent, meilleure sera l'application de la force du quadriceps. Nous

voyons facilement que le rôle de la rotule est précisé-

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