POURQUOI FAIT-ON L'OLÉOTHORAX
L’oléothorax a pour objet d’éviter ou d’arrêter une symphyse extra-pleurale qui, réduisant rapidement la poche, compromet le résultat éloigné de l'opération. C’est pourquoi l’oléothorax extra-pleural sera presque toujours un oléothorax de blocage. Il n’est pas créé pour être substitué aux insufflations, mais parce qu’on a la main forcée. C’est une indication de nécessité.
Les progrès de la symphyse et le siège de la lésion décideront si le blocage doit être fait, et à quel moment. On a depuis longtemps insisté sur la nécessité de créer, au moment de l’acte opératoire, une poche qui dépasse très largement les limites de la lésion et qui constitue en quelque sorte un collapsus de réserve. Plus tard, il sera nécessaire de surveiller attentivement la réduction progressive de cette poche, par la comparaison de clichés en série et par la comparaison, avant et après insufflation, de petits clichés, pris en décubitus dorsal sur une même plaque et en inspiration. Au début, la symphyse peut progresser d’un espace intercostal et demi en un mois.
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CRÉATION DE L'OLÉOTHORAX
Nous ne décrirons pas la technique de l’oléothorax extra-pleural qui a fait l’objet d’une étude de MM. Olivier Monop et Garcia BENGOCHEA. Rappelons que SCHMIDT introduit une aiguille dans chaque pôle de la cavité, pour évacuer l'air pendant qu’on introduit l'huile.
Le rythme des injections est le suivant : toutes les deux ou trois semaines, tous les deux ou trois mois et ensuite tous les six mois.
On utilise, suivant les conseils de GRAF, du lipiodol léger à 10 %, 5 %. MM. LARDENNOIS, Olivier Moon et Garcia BENGOCHEA ont abaissé ensuite la concentration d’iode jusqu’à 2 % et même à 0,50 % pour diminuer les risques que pourrait entraîner l’absorption d’iode. La réaction d’un sujet au lipiodol reste imprévisible. Dans beaucoup de cas, le lipiodol est bien supporté.
Mais pour éviter tout danger d'absorption de l’iode par le poumon, ces auteurs ont préféré utiliser l’huile goménolée à 5 %. On sait que BERNOU lui attribue une action antiseptique spécifique contre les bacilles de Koch.
L’inconvénient de l’huile goménolée est qu’elle se résorbe certainement plus rapidement que le lipiodol, au début de la création de l’oléothorax. Aussi, dans un cas, on a observé une absorption de 50 cc. en 30 jours. Pour obvier à cet inconvénient, il est possible d’injecter 20 cc. de lipiodol à 40 % et de continuer le blocage à l’huile goménolée à 5 %.
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Le lipiodol à 0,50 % utilisé comme seule huile de blocage a une radio-opacité analogue à celle de l'huile goménolée.
La paraffine liquide est considérée par SCHMIDT comme le meilleur agent de blocage de la poche, après l’air. Mais il mélange pour la rendre radioopaque du lipiodol à 20 % dans la proportion d’un pour dix. Ce mélange, après SCHMIDT, est bien supporté et ne donne pas de réaction.
Cependant, l'inconvénient de la paraffine est qu’elle ne s’oxyde pas dans l’organisme. CaRDis a signalé l'existence de paraffinomes. LIVIERATOS a signalé également des paraffinomes de la plèvre et du poumon, et la migration à distance de la paraffine.
Rappelons que PINKERTON a observé expérimentalement que les réactions du tissu pulmonaire sont différentes suivant que l'huile introduite dans le poumon est d’origine végétale ou minérale. Les huiles végétales provoquent des réactions nulles ou minimes.
JOANNIDES conclut d’une étude expérimentale de l’oléothorax que les huiles de paraffine ne doivent pas être employées.
Certains auteurs attribuent les accidents de la paraffine à ses impuretés.