‹ Sur Un Cas De Prothèse Maxillo-FacialeChapitre 11 sur 15 · I. — Examen de la face · texte numérisé non relu

I. — Examen de la face

L'hémi-face gauche révèle tout le fracas causé par l'éclat d'obus. Le maxillaire supérieur correspondant est bien cicatrisé, mais le malaire reséqué n'offre plus de relief. Il existe une grosse déformation au maxillaire inférieur où l'angle gauche n'a plus de sommet. La région offre un aplatissement marqué dans le sens sagittal. La bouche est déviée légèrement vers le côté droit, attirée par la tonicité des muscles intacts de l’hémi-face droite. Les téguments de la région mentonnière et mylo-hyoïdienne laissent voir des cicatrices chéloïdiennes. La lèvre inférieure est pendante.

Le palper confirme cet examen et montre, de plus, qu’à gauche, le fragment de branche horizontale est relié à ce qui reste de la branche montante par un cal fibreux très dense.

Il. — Eramen endo-buccal

a) En bouche fermée,

On se rend compte, en écartant les lèvres, de la position des fragments : le grand fragment droit, à peine incliné en dehors, s'oppose presque normalement aux deux dents

restantes du maxillaire supérieur. La déviation ést beau-

coup plus marquée pour le petit fragment gauche qui s'incline nettement dans le vestibule. Au palper on sent, en outre, la pseudarthrose de l’arc antérieur.

b) En bouche ouverte,

On constate une intégrité relative du côté palatin droit où existent éncore la dent de douze ans et la deuxième prémolaire,

La voûte palatine gauche est effondrée depuis la région de l’incisive centrale jusqu'au niveau de la dent de sagesse. Il y a une perte presque complète du rebord alvéolaire et de la voûte palatine comblée par une plastique prise au dépens de la muqueuse juguale. Nous constatons ainsi une atrésie palatine résultant et des résections multiples et de l’autoplastie ; mais outre cette origine on peut dire que la perte de substance du maxillaire inférieur suf-

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&rait pour détrminer une atrésie. Les récents travaux de MM: Bozo, Ponroy et Sieneux l’ont montré : « L’Atrésie palatine est une diminution de l’axe transversal de la voûte (l’arcade alvéolaire comprise), s’accompagnant presque toujours d’une augmentation de l’axe antéro-postérieur et de l’axe vertical (voûte ogivale).

L'arcade dentaire supérieure n'étant plus maintenue par J’inférieure, a tendance à s’abaisser et à se rétrécir (HERPIN). La langue est, de plus, bridée par du tissu fibreux, cicatrieiel, qui la relie à la joue gauche et au plancher de la bouche : une grosse gêne fonctionnelle en résulte.

Au maxillaire inférieur, absence totale de dents sur les deux fragments : le grand fragment droit est constitué par la branche horizontale et une petite partie de Farc antérieur. Une bride fibreuse très serrée joint ce grand fragment à la branche montante.

A gauche, il ne reste plus qu’un petit fragment de la branche horizontale, reliée, elle aussi, à la branche montante par un cal fibreux très serré.

Au centre, au milieu des moignons droit et gauche, la perte de substance osseuse, comblée par un tissu fibreux eicatriciel, s’étend de ia région canine inférieure droite à la région de la première prémolaire gauche.

Nous examinons ensuite le blessé au cours des mouvements de la mâchoire, et nous constatons alors que les mouvements amènent une disjonction partielle des fragments, disjonction permise surtout par la pseudarthrose lâche antérieure.

En position d’occlusion, il y a écartement des fragments : le petit fragment gauche s’écarte et est dévié dans le vestibule ; le grand fragment droit bute à peu près normalement sur l’hémi-maxillaire droit et rencontre les deux dents restantes.

Au contraire, à l'ouverture complète de la bouche, les deux fragments sont rapprochés l'un de l’autre au maximum et à peu près redressés dans un plan vertical. Le blessé ferme ensuite doucement la bouche et au cours de cette manœuvre les deux fragments s’écartent lentement l’un de l’autre ; puis à partir d’une position intermédiaire (c’estä-dire entre l’occlusion absolue et la béance complète), on constate que le fragment gauche, plus petit, plus mobile, monte plus vite que le fragment droit vers le maxillaire supériéur, et finalement, dépassant la ligne d’occlusion, il

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bascule légèrement en dehors dans le vestibule. Le grand, fragment monte plus lentement et est arrêté normalment dans sa course par l’hémi-maxillaire droit.

Ainsi, en bouche fermée, les deux fragments sont assez éloignés l’un de l’autre : le moignon gauche éversé vestibulairement ne permet plus de crètes osseuses parallèles.

On peut, en outre, vérifier la mobilité de cette mandibule par le palper digital : en occlusion complète, ou plutôt en bouche fermée, le doigt se loge assez facilement dans l’intervalle fibreux et écarte légèrement les fragments ; au contraire, en bouche ouverte, le doigt se trouve légèrement comprimé. Mais malgré cette pseudarthrose favorisant l’instabilité des moignons, leur jeu est relativement faible.

Comme troubles fonctionnels, la mastication est difficile en raison de la malocclusion à laquelle s'ajoute comme autre inconvénient le manque complet de dents.

La phonation est très imparfaite, l’élocution difficile troubles causés par la déformation des lèvres et par la langue peu mobile dans ce maxillaire atrésié. Or, l’on connaît le rôle important que jouent les lèvres et la langue dans la formation des syllabes.

L’écoulement de Ia salive et sa projection pendant le parler sont favorisés par la lèvre inférieure non soutenue. Cette lèvre déprimée, l’aplatissement de la région mandibulaire gauche, ajoutent encore à la déformation du visage et au manque d'esthétique.

Pour remédier à ces troubles fonctionnels et esthétiques, nous avons voulu faire un apareil de prothèse, appareil ne suivant aucunement Îles procédés classiques pour sa fabrication.

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